Elle conteste une note de son fils et frappe sa professeure d’EPS au visage devant chez elle

Une mauvaise note. C’est tout ce qu’il a fallu pour qu’une mère d’élève bascule dans la violence physique. Samedi matin, dans le Var, une professeure d’EPS a été frappée au visage devant son propre domicile. Le récit de cette agression glaçante révèle une escalade que personne n’a su arrêter à temps.
Au lycée Maurice-Janetti, une évaluation qui vire au bras de fer
Tout commence par un désaccord banal. Au lycée Maurice-Janetti de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, une professeure d’éducation physique rend une évaluation. La note déplaît. Les parents de l’élève concerné protestent, et l’établissement organise une réunion de conciliation.
Ce genre de médiation, les enseignants en connaissent le rituel. On discute, on contextualise, on tente d’apaiser. Sauf que cette fois, la mère de l’élève ne se satisfait pas de l’échange. Selon un représentant du personnel cité par ici Provence, la femme quitte la réunion sans avoir obtenu ce qu’elle voulait.
La suite dépasse tout ce qu’on peut imaginer dans un conflit lié à la vie scolaire. Car au lieu d’en rester là, cette mère décide de passer à l’acte. Pas au lycée. Pas dans un cadre officiel. Directement chez l’enseignante, un samedi matin, dans l’intimité de sa vie privée.
Ce basculement entre la sphère professionnelle et la sphère personnelle, c’est précisément ce qui a choqué la communauté éducative. Les professeurs acceptent les tensions avec les familles. Mais quand la violence franchit la porte du domicile, la ligne rouge est pulvérisée.
Bloquée sur la route, frappée au visage après avoir baissé sa vitre
Le scénario, raconté par un syndicaliste du lycée, est d’une brutalité calculée. Samedi matin, la mère d’élève se rend au domicile de la professeure. Elle ne sonne pas à la porte. Elle attend dans sa voiture.
Quand l’enseignante prend le volant, la femme lui bloque la route avec son véhicule. Impossible d’avancer, impossible de reculer. La professeure, pensant sans doute pouvoir désamorcer la situation, baisse sa vitre pour lui parler.
C’est à ce moment précis que la mère la frappe au visage. Un coup porté alors que la victime était assise dans son véhicule, sans possibilité de se défendre ni de fuir. Le piège était méthodique.
Selon Var Matin, la professeure d’EPS avait l’intention de porter plainte dans la foulée. L’agression n’a rien d’un geste impulsif attrapé au vol : la mère a fait le déplacement, repéré le domicile, attendu sa cible et organisé le blocage. Cette préméditation apparente rappelle d’autres dérives violentes qui sidèrent l’opinion.

Rassemblement prévu le 22 juin : la maire et les syndicats montent au créneau
Les réactions politiques n’ont pas tardé. Vesselina Garello, maire de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, a publiquement condamné l’agression. Son message est sans ambiguïté : « Rien, absolument rien, ne peut justifier qu’un enseignant soit menacé, poursuivi ou agressé dans l’exercice de ses fonctions ou dans sa vie privée. »
Ces mots résonnent d’autant plus fort que l’attaque a eu lieu en dehors du lycée. Frapper une enseignante chez elle, c’est envoyer un signal terrifiant à toute la profession : même à la maison, vous n’êtes pas en sécurité.
Un rassemblement de soutien est prévu en fin d’après-midi le lundi 22 juin 2026 devant le lycée Maurice-Janetti. Les syndicats enseignants se mobilisent et les collègues de la victime appellent à une démonstration de solidarité massive.
Le message est clair : contester une note fait partie du dialogue éducatif. Traquer une professeure jusqu’à son domicile et la frapper au visage, c’est un délit. Et la profession refuse que ce type de violence devienne banal.
Une enseignante frappée chez elle pour une note d’EPS : voilà où en est le rapport entre certains parents et l’école en 2026. La vraie question, c’est combien d’autres professeurs vivent dans la peur sans que personne n’en parle.