Emmanuel Macron au plus mal : Le verdict vient de tomber
La photographie n’a pas bougé en février. Le sondage Macron mauvais président reste un marqueur lourd. Avec 77 % des Français qui estiment qu’Emmanuel Macron n’est pas un bon chef de l’État. Dans le même temps, son Premier ministre Sébastien Lecornu conserve une image un peu moins dégradée.
Les chiffres viennent du baromètre Odoxa réalisé pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, publié le 23 février et relayé le 24 février 2026. Derrière ces pourcentages, il y a un signal politique très clair : l’exécutif continue de gouverner dans un climat de défiance durable. Et à un peu plus d’un an de l’ouverture officieuse de la présidentielle, ce type d’indicateur nourrit déjà les lectures, les stratégies et les rivalités.
Un chiffre stable, mais un malaise qui s’installe
En février, 23 % des personnes interrogées considèrent qu’Emmanuel Macron est un « bon président de la République ». Le reste, donc, bascule côté jugement négatif, ce qui explique le fameux 77 % mis en avant par Public Sénat. Cette stabilité est importante à comprendre. Après un léger mieux le mois précédent. Dans une actualité marquée par des tensions avec les États-Unis évoquées par Public Sénat. Le président ne parvient pas à enclencher une dynamique plus favorable pour sa popularité.
Le baromètre souligne aussi une tendance de fond. Depuis la dissolution de juin 2024, la popularité présidentielle reste sous les 30 % de bonnes opinions. Avec un point bas autour d’octobre, où elle était tombée à 20 %. Autrement dit, le rebond existe, mais il demeure limité et fragile.
Sondage Macron mauvais président : ce que mesure vraiment le baromètre
Un sondage ne dit pas tout, mais il raconte quelque chose. Ici, il ne s’agit pas d’intentions de vote. On parle d’une appréciation globale, plus « émotionnelle » parfois. Sur la fonction et sur la manière d’exercer le pouvoir. Ce type de baromètre agrège des perceptions très différentes. Une partie des répondants juge l’action concrète (inflation ressentie, services publics, sécurité, fiscalité), d’autres évaluent le style présidentiel, la capacité à rassembler, ou la cohérence du cap.
D’où une conséquence classique : la popularité évolue rarement de façon spectaculaire sans événement majeur. Les crises, les séquences internationales, ou des annonces très structurantes peuvent faire bouger les lignes, mais le plus souvent, la tendance reflète une impression générale qui s’accumule avec le temps.
Lecornu un cran au-dessus : un avantage relatif, pas un plébiscite
Le même baromètre met en avant une différence nette : Sébastien Lecornu obtient 34 % de bonnes opinions, soit un point de plus sur un mois. Public Sénat explique que la situation semble « davantage sous contrôle » pour Matignon, notamment après la fin d’un long feuilleton budgétaire.
Pour autant, 34 % ne signifie pas popularité confortable. Cela place simplement le Premier ministre dans une zone moins critique que celle du président, avec une capacité à éviter l’enlisement total. Autre élément relevé par Public Sénat : Lecornu se situe légèrement au-dessus de son niveau au moment de son arrivée à Matignon. Appelé à succéder à François Bayrou en septembre, il recueillait alors 32 % d’opinions favorables.
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Le « palmarès » des personnalités : Bardella en tête, Darmanin remonte
Le baromètre ne s’arrête pas au duo Élysée–Matignon. Selon Public Sénat, Jordan Bardella reste en tête du classement des personnalités avec 35 % de bonnes opinions, malgré un léger recul sur un mois (-2). Juste derrière, Marine Le Pen se maintient à 33 % (-1). Le contexte est particulier : Public Sénat rappelle qu’elle résiste malgré la tenue de son procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national.
Plus bas, un mouvement attire l’attention : Gérald Darmanin et Édouard Philippe se retrouvent à égalité à 28 %, avec une progression pour le premier (+3) et un recul pour le second (-2).
Mélenchon en tête des rejets : un indicateur qui pèse sur la séquence
Dans la partie « impopularité », Public Sénat souligne un chiffre très élevé : Jean-Luc Mélenchon reste la personnalité la plus rejeté, avec 71 % de mauvaises opinions. Le baromètre replace cette donnée dans un contexte plus tendu pour La France insoumise, évoquant notamment une affaire judiciaire autour de proches du député Raphaël Arnault, liée au meurtre de Quentin Deranque. Dans cette séquence, l’impopularité de Mélenchon progresse encore de deux points.
Emmanuel Macron apparaît aussi très rejeté dans le tableau, avec un niveau de mauvaises opinions mentionné par Public Sénat. Cela confirme une réalité paradoxale : un président peut conserver un socle, mais être simultanément « cristallisant » pour une majorité.
Pourquoi ces baromètres comptent autant, même sans élection immédiate
À ce stade du quinquennat, chaque donnée de sondage de popularité sert de matière première. Les oppositions y lisent une confirmation de leur récit, la majorité cherche des zones de résistance, et les personnalités « présidentiables » scrutent les courbes comme un début de hiérarchie.
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Le plus intéressant, souvent, n’est pas le chiffre brut, mais l’écart. Quand un Premier ministre fait mieux que le président, cela raconte une répartition des rôles perçue par l’opinion : le chef du gouvernement peut apparaître plus « gestionnaire », moins exposé symboliquement, parfois plus audible sur le quotidien. À l’inverse, le président concentre une responsabilité globale. Même des décisions prises ailleurs, ou des crises importées, finissent fréquemment par lui être attribuées, parce que la fonction incarne la direction du pays.
Ce que dit la méthodologie (et ce qu’elle ne permet pas d’affirmer)
Public Sénat détaille la méthode : l’enquête a été réalisée les 18 et 19 février 2026, sur Internet, auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif des 18 ans et plus. La représentativité est assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession), après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Le média rappelle aussi un point essentiel : chaque sondage comporte une marge d’erreur. À titre d’exemple, avec environ 1 000 répondants et un score observé de 20 %, l’incertitude peut être de l’ordre de 2,5 points, ce qui signifie que le « vrai » niveau peut se situer dans une fourchette autour du chiffre affiché. Ces précisions imposent une lecture prudente. Une variation de 1 point d’un mois à l’autre ne signifie pas forcément un basculement réel, alors qu’une tendance installée sur plusieurs mois, elle, devient beaucoup plus parlante.
Une défiance général envers Emmanuel Macron
Une présidence sous plafond, une scène politique déjà en mouvement. Au fond, ce baromètre confirme une situation plus qu’il ne la révèle. Emmanuel Macron reste durablement minoritaire en image, et le label « mauvais président » s’installe comme un jugement largement partagé, même si le président a déjà connu pire à l’automne.
Pendant ce temps, Sébastien Lecornu conserve une petite longueur d’avance relative, sans que cela ne ressemble à un état de grâce. Et autour, la compétition d’influence continue : Bardella et Le Pen restent hauts dans le tableau, Darmanin remonte, Philippe recule, et Mélenchon demeure un point de rejet majeur. Dans un pays où la défiance est devenue un paysage, ces courbes ne disent pas seulement qui monte ou qui baisse. Elles racontent surtout une fatigue démocratique qui structure, mois après mois, la lecture de toute l’actualité politique.
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