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Port-Leucate : une fillette de 13 ans retrouvée séquestrée, dénutrie et non scolarisée depuis 2 ans

Publié par Cassandre le 06 Juin 2026 à 13:30
Façade d'immeuble résidentiel dans une station balnéaire méditerranéenne

Un disque dur rendu par erreur. Des images glaçantes d’enfants. Et au bout du fil, une fillette de 13 ans, enfermée dans un cagibi de Port-Leucate, incapable de prononcer un seul mot de français. Derrière cette découverte, une enquête hors norme menée par la gendarmerie révèle un système de traite d’enfants entre l’Asie du Sud-Est et le sud de la France, orchestré par deux hommes pendant plus d’une décennie.

Un disque dur échangé par erreur à Saint-Laurent-de-la-Salanque déclenche tout

En février 2023, un client récupère un disque dur après réparation dans une société d’informatique de Saint-Laurent-de-la-Salanque. En l’activant, il tombe sur des vidéos insoutenables : deux petites filles asiatiques, nues, filmées par un homme tenant des propos obscènes. Des gros plans sur des somnifères. Des conversations explicites avec une femme. Le client rapporte immédiatement le support à la société, qui réalise l’erreur d’attribution et alerte la gendarmerie.

Le véritable propriétaire est identifié : Guy C., 59 ans, résident d’un immeuble de Port-Leucate. Les enquêteurs le surveillent, mais ce n’est qu’en novembre 2024 que l’intervention se concrétise. Le déclencheur ? Un autre habitant de la même résidence est repéré par la Team Moore, une équipe de bénévoles qui traque les prédateurs sur internet à l’aide de faux profils d’enfants générés par intelligence artificielle. Cet homme avait envoyé une vidéo pédopornographique à l’un de ces profils virtuels. Deux suspects dans le même immeuble : les gendarmes de Montpellier et de Narbonne décident de frapper simultanément.

Dans l’appartement de Port-Leucate, une enfant dénutrie venue des Philippines

En perquisitionnant chez Guy C., les enquêteurs découvrent l’impensable. Une adolescente de 13 ans, originaire des Philippines, vit dans une chambre minuscule, dénutrie, sans aucun suivi médical ni scolarisation. L’homme brandit des documents : il l’a reconnue officiellement en 2018 via un notaire local et l’ambassade de France, obtenant un passeport qui lui a permis de la ramener dans l’Aude en toute légalité deux ans plus tôt. Il perçoit même des aides de la CAF en tant que parent isolé.

L’analyse de ses supports numériques révèle ce que l’avocat général qualifie de dossier qui « donne la chair de poule » : vidéos de l’enfant endormie, en sous-vêtements, avec des gros plans sur son intimité. Le psychiatre mandaté décrit un homme « envahi par le sexuel », pour qui l’enfant n’est qu’un « simple jouet ». Guy C. est mis en examen pour viols incestueux aggravés. Mais surtout, il dénonce un complice : un autre homme, rencontré lors de voyages en Asie du Sud-Est.

Documents d'identité étrangers éparpillés sur une table sombre

Cinq enfants déclarés entre la Thaïlande et les Philippines : la piste d’un « harem »

L’enquête du pôle criminel de Narbonne met au jour un système glaçant. Jérémy M., 40 ans, domicilié à Aubagne, a déclaré la paternité de cinq enfants entre 2012 et 2020 — trois en Thaïlande, deux aux Philippines. Il en a ramené certains en Europe avant de les abandonner : une fillette de huit mois confiée à l’aide sociale, une autre de cinq ans récupérée par sa mère et placée en famille d’accueil en Allemagne.

Selon Guy C., Jérémy M. se présentait comme pilote de ligne, avocat ou médecin auprès des mères, leur faisant miroiter un passeport européen pour leurs enfants. Son objectif réel, selon les enquêteurs : « se constituer un harem d’enfants ». L’homme a été arrêté à son retour de Thaïlande via Barcelone et incarcéré à Narbonne. Son avocat, Me Mathieu Montfort, affirme qu’il « conteste l’intégralité des faits » et que « l’instruction démontrera que tous les enfants sont bien les siens ».

Un disque dur égaré, des bénévoles obstinés, et une fillette enfin arrachée à l’horreur. L’enquête se poursuit pour retrouver d’autres enfants potentiellement reconnus par ces deux hommes lors de quinze années de voyages en Asie. Combien d’entre eux restent encore introuvables ?

Homme barbu tête baissée dans un couloir sombre

Un disque dur ramené par erreur à un client. Des images glaçantes sur l’écran. Et derrière la porte d’un appartement de Port-Leucate, une fillette de 13 ans, dénutrie, incapable de prononcer un mot de français. Cette affaire, instruite au pôle criminel de Narbonne, révèle un système de traite d’enfants depuis l’Asie du Sud-Est, orchestré via de fausses reconnaissances de paternité. Voici comment deux hommes ont exploité une faille administrative terrifiante.

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Un disque dur échangé par erreur déclenche l’enquête à Narbonne

Tout commence en février 2023, à Saint-Laurent-de-la-Salanque. Un client récupère un disque dur après réparation chez une société d’informatique locale. Sauf que ce n’est pas le sien. En l’activant, il tombe sur des vidéos de deux petites filles asiatiques, nues, filmées par un homme tenant des propos obscènes. Des gros plans sur des médicaments soporifiques. Des conversations explicites avec une femme. Le client rapporte immédiatement le support, et la société prévient la gendarmerie.

Le véritable propriétaire est identifié : Guy C., 59 ans, résident d’un immeuble de Port-Leucate. Les gendarmes sont alertés, mais il faudra attendre près de deux ans avant que l’intervention ne soit déclenchée. C’est un second signalement, venu cette fois de la Team Moore — une équipe de bénévoles qui traque les pédophiles en ligne —, qui va tout accélérer. Un autre habitant de la même résidence a envoyé une vidéo pédopornographique à l’un de leurs faux profils d’enfants.

Derrière la porte : une enfant fantôme venue des Philippines

En novembre 2024, les gendarmes de la section de recherche de Montpellier perquisitionnent simultanément chez les deux voisins. Chez Guy C., ils découvrent l’impensable. Une jeune fille de 13 ans, enfermée dans une chambre aux allures de cagibi. Elle n’est pas scolarisée. Pas suivie médicalement. Arrivée des Philippines deux ans plus tôt, elle ne parle toujours pas français.

L’homme brandit des documents : une reconnaissance de paternité signée en 2018 devant un notaire local, validée par l’ambassade de France. Il n’est pas le père biologique, n’a aucun lien marital avec la mère, mais ce papier lui a suffi pour obtenir un passeport et emmener l’enfant dans l’Aude. Légalement. Pire encore : il percevait des aides sociales de la CAF en tant que parent isolé. L’analyse de ses supports numériques révèle une sexualité omniprésente, des vidéos de l’enfant endormie en sous-vêtements, des gros plans insoutenables. Le psychiatre le décrit comme « envahi par le sexuel », l’enfant n’étant pour lui « qu’un simple jouet ».

Porte fermée d'un appartement dans une résidence balnéaire

Cinq enfants reconnus en 8 ans : le système glaçant de Jérémy M.

L’enquête prend alors une ampleur que personne n’avait anticipée. Guy C. dénonce un complice : Jérémy M., 40 ans, d’Aubagne, rencontré lors de voyages en Asie du Sud-Est. Entre 2012 et 2020, ce dernier a déclaré la paternité de cinq enfants — trois en Thaïlande, deux aux Philippines. Il en a ramené certains en Europe avant de les abandonner : une fillette de huit mois confiée à l’aide sociale, une autre de cinq ans récupérée par sa mère puis placée en Allemagne.

Guy C. le décrit comme un manipulateur se faisant passer pour pilote de ligne ou médecin, promettant aux mères un passeport européen pour leurs enfants. Son objectif réel, selon les enquêteurs : « se constituer un harem d’enfants ». Arrêté à son retour de Thaïlande via Barcelone, Jérémy M. conteste l’intégralité des faits. Guy C. est mis en examen pour viols incestueux aggravés. L’instruction se poursuit au tribunal de Narbonne.

Une faille administrative béante, des reconnaissances de paternité signées à l’étranger, et des enfants qui traversent des continents sans que personne ne vérifie s’ils vont à l’école ou chez le médecin. Cette affaire pose une question vertigineuse : combien d’autres enfants fantômes vivent aujourd’hui derrière des portes closes en France ? Si ce récit vous a marqué, parlez-en — parce que le silence, c’est exactement ce sur quoi ces hommes comptaient.

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