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Il ouvre le feu sur une synagogue en plein Yom Kippour : un policier grièvement blessé, le tireur abattu

Publié par Cassandre le 23 Sep 2026 à 17:02
Policier en faction de nuit près d'un lieu de culte

C’était un dimanche soir comme un autre à Belleville, en Ontario, jusqu’à ce que les coups de feu éclatent. À l’intérieur de la synagogue Sons of Jacob, une vingtaine de fidèles célébraient Yom Kippour, le jour le plus sacré du calendrier juif.

Dehors, un homme armé d’un fusil venait de faire feu sur deux policiers postés en sécurité. Ce que les enquêteurs découvrent depuis sur l’identité du tireur donne à cette attaque une tout autre dimension.

Une fusillade en pleine cérémonie du Grand Pardon

Il est environ 19 heures, dimanche, quand Sean Ward, 29 ans, arrive au volant de son pick-up devant la synagogue. Selon la CBC, l’homme ouvre immédiatement le feu au fusil de chasse sur les deux agents chargés de la sécurité du bâtiment, situé à environ 180 kilomètres de Toronto.

Le constable Jeff Smith est touché. Les deux policiers ripostent et blessent Ward, qui succombera à ses blessures le lendemain. Une trentaine de coups de feu ont été échangés en quelques secondes à peine, un épisode aussi bref que violent, comme le sont trop souvent les faits divers qui basculent en un instant.

La vice-cheffe de la police de Belleville, Sheri Meeks, décrit une scène impressionnante : des dizaines d’impacts de balles dans la rue, des maisons touchées, des véhicules aux vitres explosées. Aucun des fidèles présents à l’intérieur n’a été blessé, malgré des tirs qui ont traversé les fenêtres du bâtiment, un peu à la manière de ces interventions qui dérapent en quelques secondes.

Le profil trouble d’un ancien soldat

Sean Ward n’était pas un inconnu de l’armée. Il avait rejoint les Forces armées canadiennes en 2017, servi comme fantassin, avant de quitter l’institution en 2022 avec le grade de caporal. Rien, à ce stade, n’a été rendu public sur les motivations exactes de son passage à l’acte.

Mais un détail intrigue particulièrement les enquêteurs : le choix du jour et du lieu. Yom Kippour, jour de jeûne et de recueillement pour les pratiquants juifs, tombait précisément ce dimanche. Les autorités n’excluent pas que l’attaque ait ciblé délibérément le lieu de culte en raison de cette date symbolique, même si le mobile n’est pas encore confirmé.

Kristy Denette, porte-parole de l’unité spéciale d’enquête de l’Ontario, a confirmé le déroulé des faits aux journalistes : l’homme est arrivé en camionnette, a tiré au fusil sur un premier policier, qui a riposté, avant qu’un second agent n’intervienne à son tour et n’ouvre également le feu.

Un échange de tirs d’une violence rare pour cette petite ville canadienne, dont la presse rapporte peu ce genre d’épisodes, contrairement aux polémiques que suscitent parfois des débats comme celui autour du port de signes religieux en France.

Façade de synagogue avec impacts de balles visibles

Une communauté qui savait le danger possible

Selon le témoignage de Norm Weddum, dirigeant de la synagogue Sons of Jacob, la panique a été immédiate. « Je me suis dit : quelqu’un tire ici », raconte-t-il à la CBC. Les fidèles se sont réfugiés dans l’auditorium, portes fermées, tous couchés au sol pendant que les tirs se poursuivaient dehors.

Weddum précise un détail essentiel : sa communauté demande systématiquement un renfort de sécurité lors des grandes fêtes juives, justement par crainte de ce type de menace. « Dieu merci, cette personne était là », dit-il en évoquant le policier posté à l’entrée. Sans cette présence, le bilan aurait pu être bien plus lourd à l’intérieur du bâtiment.

Le constable Smith reste dans un état critique mais stable. Les autorités canadiennes ont réagi en chaîne : le Premier ministre Mark Carney, le premier ministre de l’Ontario Doug Ford et le maire de Belleville Neil Ellis ont tous condamné l’attaque. Sheri Meeks a annoncé un renforcement immédiat de la présence policière dans toute la ville, rappelant que « l’antisémitisme, la haine et la violence n’ont pas leur place » dans la communauté.

Un policier grièvement blessé, un tireur abattu, une communauté sous le choc mais indemne : voilà ce que retiennent les habitants de Belleville de ce dimanche soir de Yom Kippour. Les enquêteurs continuent de reconstituer le parcours de Sean Ward pour comprendre ce qui l’a poussé, ce soir-là, à prendre son fusil et sa camionnette.

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