Six balles dans le corps : cet homme conduit seul jusqu’à l’hôpital après une fusillade en Vaucluse

Une carte grise à récupérer, un service entre voisins, et puis tout bascule. À Simiane-la-Rotonde, dans les Alpes-de-Haute-Provence, un homme de 41 ans a essuyé dix coups de feu ce jeudi. Ce qui suit dépasse l’entendement : criblé de balles, il a réussi à prendre le volant. Direction l’hôpital d’Apt, dans le Vaucluse, où une radio a révélé l’ampleur des dégâts.
Une simple carte grise, et tout dérape
Tout commence par une démarche banale. La victime devait récupérer la carte grise d’une voiture qu’on lui prêtait pour se rendre en Espagne. Rien d’exceptionnel, rien qui laisse présager un drame de cette ampleur.
Le propriétaire du véhicule accompagne alors le quadragénaire chez un voisin, à Simiane-la-Rotonde. C’est là que la situation dégénère, sans que les circonstances exactes ne soient pour l’instant éclaircies par les gendarmes. Ce type de règlement de comptes violent reste rare dans cette région rurale du sud de la France.
Pour des raisons encore floues, l’homme aurait menacé la victime avant de lui tirer dessus à répétition. Un déferlement de violence en quelques secondes, dans un cadre qu’on imagine plutôt paisible. Les enquêteurs devront aussi déterminer si un contentieux préexistant entre les deux hommes explique ce déchaînement, à l’image d’autres affaires où l’escalade est soudaine et disproportionnée.
Dix tirs, six balles encore logées dans le corps
C’est le chiffre qui glace : dix coups de feu ont été tirés sur la victime. Malgré cette avalanche de projectiles, l’homme parvient à s’emparer de l’arme et à frapper son agresseur avant de fuir en voiture.
Grièvement blessé, il conduit seul jusqu’à l’hôpital d’Apt. Une radio y confirmera l’invraisemblable : six balles sont toujours logées dans son corps. Un exploit de survie qui interroge les médecins autant que les gendarmes chargés de l’enquête, comme le rapporte Le Dauphiné Libéré.
Les forces de l’ordre sont aussitôt prévenues et une enquête de gendarmerie s’ouvre. Ce type d’agression, aussi soudaine que brutale, rappelle combien la frontière entre tension latente et passage à l’acte peut être fine, y compris entre personnes qui se connaissent.

Deux suspects déjà connus de la justice
Les investigations menées par les gendarmes aboutissent samedi à l’arrestation de deux hommes, tous deux originaires de Simiane-la-Rotonde. Une rapidité qui tranche avec la violence du fait divers, presque comme un contraste saisissant entre le drame et son dénouement judiciaire éclair.
Le procureur de la République de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, confirme leur mise en examen pour tentative d’assassinat. Les deux suspects ont été placés en détention provisoire, dans l’attente de la suite de la procédure.
Le détail qui interpelle : l’un des deux hommes avait déjà été condamné à onze ans de prison pour un vol avec arme. Un passé judiciaire lourd qui éclaire d’un jour nouveau le profil du mis en examen, sans pour autant expliquer le déclencheur exact de la fusillade.
L’enquête devra désormais établir le mobile précis de cette explosion de violence, comme c’est souvent le cas dans ce genre d’affaires où les motivations restent obscures pendant plusieurs semaines.
Survivre à dix coups de feu et conduire jusqu’à l’hôpital : cette histoire défie toute logique médicale et judiciaire à la fois. Reste une question qui hante l’enquête : qu’est-ce qui a bien pu transformer une simple histoire de carte grise en tentative d’assassinat ?