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Gloria, 8 ans, tuée en 1960 : 65 ans plus tard, l’ADN désigne un ancien détective de la police de Chicago

Publié par Cassandre Jolivet le 13 Oct 2026 à 22:49
Femme anonyme au visage bouleversé tenant un vieux journal

Chicago, novembre 1960. Une fillette de huit ans part communier à l’église du quartier et ne rentre jamais. Pendant plus de six décennies, personne n’a su qui l’avait tuée.

Aujourd’hui, la police dit avoir enfin un nom. Et ce nom appartient à quelqu’un qui portait l’insigne de la police chargée d’enquêter. Reste à comprendre comment un site de généalogie a tout fait basculer.

Une fillette de huit ans partie communier, jamais revenue

Gloria Kowalewicz disparaît le 12 novembre 1960. Elle a quitté la maison familiale de West Englewood, à Chicago, pour se rendre dans une église voisine où elle devait recevoir la communion.

Son corps est retrouvé plus tard dans un ravin, à plusieurs kilomètres de chez elle. Elle avait reçu deux balles dans la tête, selon le Chicago Tribune.

La mobilisation est immense. Police locale, police de l’État, mais aussi des volontaires : pompiers, scouts, anciens combattants ratissent la région.

Les enquêteurs établissent que la petite a été emmenée dans des bois proches avant d’être tuée. Des témoins disent avoir aperçu une jeune fille en compagnie d’un homme.

Malgré ces pistes, aucun suspect ne se dégage. Le dossier s’enlise, puis s’endort. Ce genre d’affaire, on l’appelle un « cold case », et la plupart restent à jamais dans les cartons. Celle-ci aurait pu en faire partie, comme l’affaire Grégory, que des avancées scientifiques tentent encore de résoudre après 40 ans.

Mais que s’est-il passé pour que le dossier se rouvre, des décennies plus tard ?

Le coup de théâtre venu d’un site de généalogie

Le déclic arrive début 2026. Le FBI exploite un ADN relié à un site de généalogie génétique, ces plateformes où des particuliers déposent leur profil pour retrouver des cousins.

Le principe est simple : même si le tueur n’a jamais été fiché, un parent éloigné, lui, peut figurer dans la base. Les enquêteurs remontent alors l’arbre familial, branche après branche.

C’est la même logique de patience scientifique qui relance d’autres dossiers, comme l’ADN d’un corbeau identifié dans l’affaire Grégory, présenté comme un tournant possible.

Ici, la généalogie conduit à un homme qui avait 24 ans au moment des faits. Il habitait au coin de la rue de la fillette. Vétéran de l’armée, il allait ensuite faire carrière dans la police.

D’autres analyses viennent consolider la piste : ADN, empreintes digitales, balistique. À l’issue de ces vérifications, la police de Chicago conclut à sa responsabilité.

Son nom : Thomas Francis McInerney. Un ancien détective de la brigade criminelle.

Et ce n’est pas le parcours de cet homme qui a le moins surpris.

Vingt-huit ans dans la police qui cherchait le coupable

Selon sa nécrologie en ligne, McInerney a servi 28 ans au sein de la police de Chicago. Soit la force même chargée d’élucider le meurtre de Gloria.

Il a ensuite rejoint le bureau du défenseur public fédéral. Comme enquêteur, il a travaillé à Las Vegas puis à Reno avant de prendre sa retraite en 2004.

En 2003, il avait même été distingué comme « enquêteur exceptionnel » de ce service. Une reconnaissance qui prend aujourd’hui une tout autre résonance.

Il est mort en 2006. Il n’a donc jamais été jugé, ni même interrogé sur ces nouveaux éléments. Père de cinq enfants dont trois filles, il était aussi grand-père.

Cette conclusion repose sur les déclarations de la police de Chicago rapportées par le Chicago Tribune. Aucune procédure judiciaire ne pourra la confirmer devant un tribunal.

Comment la police et la famille réagissent-elles à cette histoire ?

Rue résidentielle d'un quartier de Chicago aux maisons de brique

« Il n’a jamais payé sa dette » : la famille entre soulagement et colère

Le chef des détectives, Kevin Bruno, ne cherche pas à esquiver. Au Chicago Tribune, il déclare que le fait qu’il ait été policier est « profondément troublant » pour tous ceux qui ont consacré leur carrière à ce métier.

Il ajoute que la police ne minimisera rien et ne fuira pas cette réalité. Il salue aussi les enquêteurs qui ont poursuivi le dossier de génération en génération, preuve selon lui que « nous n’oublions pas ».

Du côté de la famille, le sentiment est mêlé. Le frère de Gloria, Adam Kowalewicz, espère que cette identification permettra à leurs parents, aujourd’hui décédés, de « reposer ».

Mais sa colère est là : « Il n’a jamais payé sa dette », confie-t-il au quotidien. Il ajoute qu’on espère qu’il la paiera « auprès du Bon Dieu ».

Voilà le paradoxe de ces affaires résolues trop tard : un nom, mais pas de procès.

Ce que cette affaire change, et ce qu’elle laisse en suspens

Pour la famille, la vérité est enfin posée sur un dossier resté ouvert plus de soixante ans. Elle ne rendra pas Gloria, et elle ne débouchera sur aucune condamnation.

Pour la police de Chicago, l’enjeu est aussi d’image. Elle assume publiquement que le suspect était l’un des siens, sans chercher à adoucir le constat.

Cette affaire rappelle aussi la puissance de la généalogie génétique. Comme dans l’enquête sur Jack l’Éventreur, l’ADN peut rouvrir des histoires que l’on croyait enterrées, mais il soulève aussi des débats sur sa fiabilité.

Dans le dossier de Chicago, l’identification ne repose pas sur l’ADN seul : empreintes et balistique sont aussi cités.

Ailleurs, des enquêteurs travaillent sur des dossiers où la science relance tout, comme cette trace ADN inconnue retrouvée sur le crâne du petit Émile. Les cold cases ne dorment peut-être jamais tout à fait.

Reste une certitude : à Chicago, le silence a duré 65 ans.

Soixante-cinq ans de silence, un tueur présumé caché derrière un insigne, et une généalogie qui a tout fait basculer : la patience a fini par battre l’oubli. Et si d’autres histoires enfouies attendaient encore, cette sixième victime que personne n’avait remarquée dans l’affaire Dupont de Ligonnès en serait peut-être la preuve.

Et quand on croit avoir tout vu, que faire de ces 50 bébés et 6 adultes retrouvés dans un cimetière de Trinité-et-Tobago ?

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