Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

Incendies en Gironde : nouvelles évacuations dans plusieurs communes, les flammes s’approchent de Bordeaux

Publié par Elodie le 25 Juil 2026 à 8:13
Fumée orange et flammes envahissant la forêt la nuit

Le feu qui ravage la Gironde depuis mercredi ne faiblit pas. Des dizaines de milliers de personnes ont déjà fui leurs maisons, et voilà que de nouvelles communes, cette fois directement aux portes de Bordeaux, reçoivent l’ordre d’évacuer. Entre les renforts militaires annoncés en urgence et un site industriel classé à haut risque au cœur de la zone évacuée, la nuit de vendredi à samedi a basculé dans un scénario que personne n’avait anticipé.

Un incendie qui grignote la métropole bordelaise

Tout a commencé mercredi près du bassin d’Arcachon. En trois jours, l’incendie a détruit 19 000 hectares et une centaine de bâtiments, selon la préfecture de Gironde. Un bilan qui grimpe presque d’heure en heure, à mesure que le vent pousse les flammes vers l’est.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la préfète Sophie Brocas a dû ordonner l’évacuation préventive de sept communes supplémentaires : Saint-Médard-en-Jalles (33 000 habitants), Le Haillan, Saint-Jean-d’Illac, Martignas-sur-Jalles et Saint-Aubin-de-Médoc.

Vers 3 heures du matin, elle a dû étendre la mesure à Eysines et Mérignac, deux villes limitrophes de Bordeaux même. Sur les réseaux sociaux, les habitants s’interrogent : les évacuations sont-elles liées aux fumées ou les flammes ont-elles réellement progressé jusque-là ?

La situation reste évolutive, un peu comme d’autres événements imprévisibles qui bousculent les certitudes en quelques heures. Bison Futé, de son côté, a demandé aux automobilistes d’éviter purement et simplement le département pour laisser les routes libres aux secours, recommandant l’A20 et l’A64 comme itinéraires de contournement.

Le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a tenté de rassurer sur BFMTV : «le feu n’est pas aux portes de Bordeaux», a-t-il assuré, tout en reconnaissant une odeur de fumée tenace dans toute la ville. Le parc des expositions a été ouvert pour accueillir les habitants évacués, une décision qui rappelle à quel point les solidarités locales se mobilisent en temps de crise.

500 militaires en renfort, un site Seveso dans la zone évacuée

Face à l’ampleur du sinistre, Sébastien Lecornu a annoncé vendredi soir l’envoi de 500 militaires supplémentaires «en appui des sapeurs-pompiers». Au total, ce sont désormais près de 1000 soldats qui seront déployés sur le terrain, aux côtés des pompiers déjà épuisés après trois jours de lutte acharnée. Le premier ministre a précisé qu’1,5 million de masques FFP2 seraient acheminés dès la nuit vers la Gironde pour protéger les populations exposées aux fumées nocives.

Un détail change la donne : Saint-Médard-en-Jalles, l’une des villes évacuées, abrite un site classé «Seveso haut», partagé entre les entreprises ArianeGroup et Roxel.

Installé dans l’ancienne poudrerie nationale qui produisait autrefois de la poudre à canons, ce site fabrique aujourd’hui du comburant pour la fusée Ariane ainsi que des propulseurs de missiles.

Sa proximité avec le front des flammes ajoute une dimension inédite à la gestion de crise, à l’image d’autres scénarios à haut risque qui obligent les autorités à revoir leurs plans en urgence.

Emmanuel Macron a demandé aux Armées «de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile». Une cellule interministérielle de crise a été convoquée à 22 heures par Sébastien Lecornu, réunissant les ministères de l’Intérieur, des Armées, de la Santé, des Transports et de l’Environnement — une mobilisation d’ampleur qui traduit la gravité de la situation, comparable aux réponses coordonnées lors de crises internationales majeures.

Visage épuisé d'un pompier couvert de suie

Le chiffre qui change tout : 100 000 évacuations et un feu «inédit»

Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, plus de 110 000 personnes ont déjà été évacuées depuis mercredi dans le Sud-Ouest, dont environ 44 000 rien que pour l’incendie de Gironde. «On n’avait jamais vu ça, un feu convectif de cette ampleur», a-t-il reconnu, qualifiant le sinistre de «situation totalement inédite».

La préfète Sophie Brocas ne cache pas son inquiétude. «Chacun doit se préparer à partir», a-t-elle lancé lors d’une conférence de presse, précisant que l’incendie a pris une «ampleur inédite» et «se dirige vers la métropole bordelaise».

Le chef des pompiers de Gironde, Marc Vermeulen, va plus loin : «les conditions sont pires qu’en 2022», année pourtant marquée par des feux historiques. Cette année-là, les incendies explosaient en fin de journée. Aujourd’hui, ils s’embrasent vers minuit, avec des vitesses de propagation atteignant 800 à 1000 hectares brûlés par heure.

Un peu de répit est arrivé vendredi soir : des orages ont balayé la Gironde et le nord des Landes, apportant de fortes pluies entre Biscarrosse et le Cap Ferret. «Si cela ne suffira pas à éteindre le feu, les taux d’humidité s’envolent pour la nuit, un point positif», a précisé Météo Express.

Une accalmie fragile, alors que les enquêteurs privilégient toujours la piste accidentelle : une débroussailleuse utilisée par des ouvriers d’Enedis serait à l’origine du départ de feu à Saumos, un peu comme ces détails invisibles qui, une fois révélés, changent toute la lecture d’un événement.

Un feu qui explose la nuit, un site Seveso évacué, mille militaires sur le terrain : la Gironde vit une nuit hors norme, et personne ne peut encore dire si le pire est passé. La situation évolue heure par heure — restez informés des prochaines annonces des autorités.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *