Affaire Jubillar : des ossements découverts près de Cagnac-les-Mines pendant les fouilles pour retrouver le corps de Delphine
Cinq ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour que l’affaire bascule enfin. Depuis la disparition de Delphine Aussaguel fin 2020, le Tarn retenait son souffle, suspendu à un mystère que personne ne parvenait à percer.

Cédric Jubillar a fini par craquer, dans une lettre manuscrite adressée à son avocat début juillet. Depuis, tout s’accélère : direction Cagnac-les-Mines, où des fouilles sont en cours ce jeudi. Et ce que les gendarmes viennent d’y trouver pourrait tout changer.
Un peintre-plaquiste sorti de sa cellule pour retourner sur les lieux du drame
Le jeudi 16 juillet, Cédric Jubillar a été extrait de sa cellule pour participer directement aux fouilles destinées à retrouver le corps de son épouse. Une scène rare : l’accusé, condamné en première instance, guide désormais lui-même les enquêteurs sur le terrain.
Le procureur général près la cour d’appel de Toulouse a confirmé l’opération. Elle se déroule à une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines, la commune où vivait le couple avant le drame. C’est là que Delphine Aussaguel a disparu, fin décembre 2020, sans laisser la moindre trace pendant cinq longues années.
Ce dossier hors norme a marqué la région, entre les battues citoyennes, les rumeurs et l’attente insoutenable d’une famille sans réponse. On comprend mieux, aujourd’hui, pourquoi ce genre d’affaire à retentissement national capte autant l’attention, comme cette question qui a récemment plongé un plateau télé dans un silence glaçant. La quête de vérité fascine, et parfois, elle dérape totalement.
Les gendarmes, présents en nombre sur zone, ratissent méthodiquement le terrain depuis plusieurs heures. Une opération d’une ampleur inédite depuis le début de l’enquête, à des kilomètres de là où tout le monde cherchait initialement.
Des ossements non identifiés découverts sur le site des fouilles
C’est l’information qui change tout. Selon des éléments recueillis par France Télévisions auprès des gendarmes, des ossements non identifiés ont été retrouvés sur la zone des fouilles, à une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines.
Pour l’instant, rien ne permet d’affirmer qu’il s’agit du corps de Delphine Aussaguel. Des analyses seront nécessaires pour identifier formellement ces restes. Mais le simple fait qu’ils émergent au moment précis où l’accusé indique une zone précise ne relève évidemment pas du hasard.
Ce rebondissement survient à peine dix jours après les aveux révélés par La Dépêche du Midi. Un tournant judiciaire aussi soudain qu’attendu par les proches de la victime, épuisés par cinq ans d’incertitude.
La disparition de Delphine Aussaguel avait suscité une émotion considérable dans tout le pays. Les affaires de ce type marquent souvent durablement l’opinion, un peu comme d’autres dossiers criminels aux verdicts très attendus qui ont tenu la France en haleine.

Ce que Cédric Jubillar a réellement reconnu devant la justice
Reprenons le fil. Mercredi, la veille des fouilles, Cédric Jubillar a été entendu par la présidente de la cour d’assises de la Haute-Garonne, dans les locaux de la cour d’appel de Toulouse — le lieu même où doit se tenir son procès en appel en septembre.
Lors de cet interrogatoire, l’accusé a de nouveau reconnu être à l’origine de la mort de sa femme. Fait crucial : il a également indiqué pouvoir orienter les enquêteurs pour localiser le corps, précise le procureur général dans son communiqué. C’est cette indication précise qui a déclenché l’opération de jeudi.
Le peintre-plaquiste de 39 ans avait pourtant nié, pendant tout son premier procès, être responsable de la disparition de son épouse. Condamné à trente ans de réclusion criminelle par la cour d’assises d’Albi, il avait immédiatement fait appel de cette décision, avant de changer d’avocats.
C’est justement ce changement de conseil qui a précipité le dénouement. Son nouvel avocat, Pierre Debuisson, a révélé lors d’une conférence de presse que son client reconnaissait être à l’origine de la mort de sa femme, promettant que les détails seraient donnés directement aux magistrats. Une promesse aujourd’hui tenue, sur le terrain, dans le Tarn.
Cinq ans de silence viennent de se briser en quelques jours à peine. Reste maintenant à savoir si ces ossements retrouvés près de Cagnac-les-Mines correspondent bien à Delphine Aussaguel, une réponse que seules les analyses à venir pourront apporter avec certitude.