Mort d’Elisa Pilarski : 4 ans avec sursis pour son compagnon, le chien Curtis sera euthanasié

Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, 29 ans et enceinte de six mois, mourait dans une forêt de l’Aisne, le corps couvert d’une cinquantaine de morsures. Près de six ans plus tard, le tribunal correctionnel de Soissons vient de rendre son verdict. Christophe Ellul, son compagnon, écope de 4 ans de prison avec sursis. Et le chien Curtis, au cœur de l’affaire, devra être euthanasié — malgré plus de 100 000 signatures réclamant sa grâce.
Elisa Pilarski : retour sur un drame qui a bouleversé la France
Ce jour de novembre 2019, Elisa Pilarski part se promener en forêt au sud-ouest de Soissons avec Curtis, un American Pitbull Terrier d’une vingtaine de kilos appartenant à son compagnon. Quelques minutes avant sa mort, elle appelle Christophe Ellul à l’aide. Quand il arrive, il découvre son corps sans vie, portant des dizaines de morsures gravissimes.
Très vite, la thèse de la chasse à courre circule. Christophe Ellul affirme que des chiens de chasse se trouvaient autour du corps à son arrivée. Une piste qui a longtemps alimenté la polémique et divisé l’opinion publique.
Mais les analyses ADN, les expertises et l’instruction convergent toutes vers une seule conclusion : c’est bien Curtis qui a tué Elisa Pilarski. L’enquête révèle aussi un détail glaçant. La jeune femme, 1,52 m pour 56 kilos, se retrouvait seule avec un molosse dressé « au mordant », sans qu’aucune précaution n’ait été prise par son compagnon. Un fait qui a pesé lourd devant le tribunal.
Un verdict conforme aux réquisitions : 4 ans avec sursis et 150 000 € de dommages
Ce jeudi 11 juin, le tribunal correctionnel de Soissons a tranché. Christophe Ellul est condamné à 4 ans de prison avec sursis pour homicide involontaire, conformément aux réquisitions de la procureure formulées en mars. Il devra également verser 90 000 euros de dommages et intérêts à la mère d’Elisa et 60 000 euros à son frère.
Trois circonstances aggravantes avaient été soulevées : l’importation illégale de Curtis en France, son dressage au mordant et l’absence de précaution de l’accusé. Le parquet a cependant demandé une requalification en homicide involontaire simple, estimant qu’Ellul n’avait pas conscience du danger et avait lui-même « énormément souffert » de la perte de sa compagne.
Son avocat, Me Alexandre Novion, avait décrit un homme « détruit », incapable de « réfléchir normalement ». Au deuxième jour du procès, Ellul avait semblé accepter la démonstration de la responsabilité de son chien. Avant de replonger dans le doute. Un aller-retour émotionnel qui résume la complexité de cette affaire.
La décision sur Curtis, elle, a provoqué un électrochoc bien au-delà des salles d’audience.

Curtis condamné à mort : les associations se battent malgré le verdict
Le sort du pitbull aura cristallisé autant de passions que le procès lui-même. Le tribunal a ordonné l’euthanasie de Curtis aux frais de son propriétaire. La procureure avait justifié cette décision par la violence des faits et l’agressivité récurrente de l’animal.
Depuis mars, plusieurs pétitions sur change.org et mesopinions.com réclament la « grâce » du chien. Elles totalisent plus de 100 000 signatures. Un rassemblement de soutien était même prévu ce jeudi devant le tribunal de Soissons.
Aujourd’hui âgé de huit ans et demi, Curtis vit enfermé depuis les faits dans un box de quatre mètres carrés avec accès à une courette de six mètres carrés, dans un chenil de Haute-Garonne. Deux associations ont proposé de le recueillir : Les amis de Sam, partie civile au procès, et l’association AVA. Toutes deux affirment qu’une rééducation comportementale pourrait le rendre inoffensif.
Mais le tribunal en a décidé autrement. Reste à savoir si un appel sera interjeté — et si l’élan de solidarité autour de Curtis pourra changer quoi que ce soit à cette issue.
Six ans d’enquête, un procès sous haute tension, un homme condamné et un chien condamné à mort : l’affaire Elisa Pilarski vient de se refermer au tribunal, mais elle est loin d’être éteinte dans les esprits. Et vous, pensez-vous que Curtis aurait pu être sauvé ?