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Affaire Jubillar : ces 3 détails de ses aveux que la reconstitution du 2 octobre pourrait faire voler en éclats

Publié par Cassandre le 12 Sep 2026 à 9:15

Cet été, Cédric Jubillar a fait un choix qui a stupéfié tout un pays : avouer. Après cinq ans de silence obstiné, l’artisan plaquiste reconnaît enfin avoir étranglé son épouse Delphine dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Mais son récit, couché noir sur blanc dans des courriers à ses avocats, résiste-t-il vraiment à la réalité du terrain ? La réponse pourrait tomber le 2 octobre, lors d’une reconstitution qui s’annonce décisive.

cedric jubillar autre suspect dans l'affaireee

Le retour sur les lieux du drame, cinq ans après

Le rendez-vous est fixé au 2 octobre, 9h30, rue Yves-Montand à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. C’est là, dans ce pavillon banal, que Cédric Jubillar affirme avoir serré le cou de Delphine après une dispute qui aurait dégénéré en quelques secondes. Magistrats, avocats et enquêteurs se déplaceront ensuite jusqu’à Mailhoc, à une quinzaine de kilomètres, là où des restes du corps de la jeune femme ont été retrouvés.

Ce déplacement n’a rien d’un simple exercice protocolaire. Il s’agit de confronter, sur place, le nouveau récit de l’accusé à la matérialité des faits. Un peu comme lorsque les autorités reviennent sur un terrain pour vérifier une version, chaque détail compte : l’heure, la position des meubles, le temps écoulé.

Selon le récit de Cédric Jubillar, tout aurait basculé vers 1h30 du matin. Réveillé, il aurait trouvé Delphine sur le canapé du salon. Une insulte, une photo jugée provocante sur un téléphone, et l’homme dit avoir « vrillé ». Il l’aurait alors attrapée par le cou, en répétant « tais-toi, tais-toi », jusqu’à ce qu’elle tombe inerte. Un scénario glaçant, mais qui soulève déjà plusieurs questions embarrassantes pour l’accusation comme pour la défense.

Trois incohérences qui pourraient tout faire basculer

Premier problème, et non des moindres : deux voisines habitant à une centaine de mètres du domicile disent avoir entendu des « cris d’effroi et de peur » vers 23 heures, bien avant l’heure avancée par Cédric Jubillar. Si le meurtre a réellement eu lieu entre 1h30 et 2 heures du matin, comment expliquer ces témoignages qui constituent l’un des piliers de l’accusation depuis le début de l’enquête ?

Deuxième zone d’ombre : l’étranglement, selon les experts, peut durer entre trois et six minutes pour être fatal. Un geste pulsionnel, commis dans la panique d’une dispute qui dégénère, colle-t-il vraiment avec une scène aussi longue et aussi méthodique ? C’est précisément ce que la reconstitution doit permettre de vérifier, minute par minute, sur le terrain réel.

Troisième incohérence, plus technique mais tout aussi déterminante : Cédric Jubillar affirme avoir enfoui le corps de Delphine sous un monticule de terreau, à mains nues, avant de jeter ses affaires dans une poubelle à une cinquantaine de mètres du domicile. Or aucune trace de terreau n’aurait été retrouvée ni sur ses vêtements, ni dans la 207 du couple. Un détail qui, à lui seul, pourrait fragiliser sérieusement la crédibilité de son récit devant la cour d’assises d’appel.

Téléphone portable abandonné dans une poubelle de jardin

Le mystère du téléphone, dernier obstacle avant le procès

Reste enfin l’énigme la plus troublante de toutes : celle du téléphone de Delphine. Si Cédric Jubillar s’en est réellement débarrassé une cinquantaine de mètres de la maison, comme il l’affirme, comment expliquer que cet appareil se soit activé à 6h48, le matin du 16 décembre 2020 ? Les experts ont conclu à une manipulation « obligatoirement humaine », un élément qui ne colle pas avec un téléphone abandonné dans une poubelle.

C’est tout l’enjeu de cette reconstitution judiciaire : vérifier, geste après geste, si la version de Cédric Jubillar tient debout face à la réalité physique des lieux. Un peu à la manière d’une enquête qui cherche à reconstituer une disparition, chaque détail matériel devient une pièce du puzzle que magistrats et enquêteurs doivent assembler avant le procès en appel.

Les avocats de la défense, Mes Pierre et Guy Debuisson, devront eux aussi composer avec ces zones d’ombre.

Car si les aveux de leur client ont permis de retrouver des ossements à Mailhoc, ils l’ont aussi exposé à un risque inédit : voir son propre récit se retourner contre lui, faute de correspondre à la réalité du terrain.

Un paradoxe que seule la reconstitution du 2 octobre pourra trancher, à quelques semaines d’un procès déjà sous très haute tension médiatique.

Cinq ans de silence, puis des aveux qui ne collent pas tout à fait avec les faits : l’affaire Jubillar n’a visiblement pas fini de surprendre. La reconstitution du 2 octobre dira si Cédric Jubillar a dit toute la vérité, ou seulement une partie.

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