Sans volets depuis un an à cause de travaux, Louisette est morte de chaud à 93 ans dans son studio à 34 °C

Une simple fenêtre, en plein soleil, dans un studio du septième étage. C’est tout ce qui restait à Louisette Rivalain pour se protéger de la chaleur depuis que les volets de son immeuble avaient disparu, un an plus tôt, à cause de travaux. Ses proches ont alerté le bailleur social pendant des semaines, sans résultat. Le 29 juin 2026, la nonagénaire est morte, retrouvée inconsciente la veille dans un appartement à 34 °C.
Un studio à 34 °C au dernier étage d’une résidence HLM
Louisette Rivalain, 93 ans, ancienne aide-soignante, vivait seule dans un studio situé au septième et dernier étage d’une résidence gérée par le bailleur Sceaux Bourg-la-Reine Habitat, dans les Hauts-de-Seine. Une seule fenêtre, très exposée au soleil, éclairait son logement.
Le 28 juin, en pleine vague de chaleur qui a placé plus de 60 départements en vigilance orange, elle a été retrouvée inconsciente sur le sol. Le thermomètre de son appartement affichait alors 34 °C.
Odile Sant, fille de son ancienne voisine, est celle qui l’a découverte ce jour-là. Elle raconte avoir tenté d’apporter de l’eau régulièrement à la nonagénaire, mais insiste : ce dont Louisette avait surtout besoin, c’était d’être protégée du soleil. Un besoin identifié bien avant le drame, puisque le médecin de la vieille dame avait lui-même rédigé une ordonnance réclamant l’installation de volets face à la chaleur, comme le rapporte Le Parisien. Ce chiffre de 34 °C dans un logement clos rejoint d’ailleurs le seuil au-delà duquel le cœur est mis en danger selon les experts du bâtiment.
Un an de travaux, des alertes ignorées par le bailleur
Les volets du studio de Louisette avaient été retirés au début d’un chantier de rénovation thermique de la résidence. Un chantier censé améliorer l’isolation, mais qui a privé les locataires de leur seule protection efficace contre le soleil pendant près d’un an.
Début juin, alarmée par la montée des températures, Odile Sant multiplie les appels et les courriels auprès du bailleur pour réclamer une solution urgente. Quelques jours avant le drame, un simple rideau est finalement posé à la fenêtre.
Mais ce voilage n’avait rien d’une protection sérieuse. Odile Sant le décrit comme un simple voilage décoratif, incapable de bloquer réellement le rayonnement solaire. Un geste dérisoire face à des records de chaleur inédits enregistrés sur le continent cet été.
Les associations de locataires La CSF Robinson et SOS Robinson n’ont pas tardé à réagir après le décès. Elles dénoncent un drame qui aurait pu être évité, rappelant avoir alerté à plusieurs reprises le bailleur et la mairie sur la situation de la nonagénaire. Sylvain Lebas, voisin de la victime et membre de La CSF Robinson, affirme que la réponse obtenue promettait un retour des volets en septembre seulement, bien après la fin de l’été. Cette lenteur administrative fait écho à d’autres erreurs répétées observées cet été face à la canicule.

La mairie évoque son indépendance, les proches dénoncent l’inaction
Face aux critiques, alors que les urgentistes multiplient les alertes sur les décès liés à la chaleur cet été, le cabinet de Philippe Laurent, maire de Sceaux et président-directeur général de Sceaux Bourg-la-Reine Habitat, a tenu à préciser le contexte. Selon la municipalité, Louisette figurait bien sur le registre communal des personnes vulnérables, un dispositif censé permettre un suivi renforcé pendant les épisodes de forte chaleur.
La commune affirme que des appels, des visites à domicile ainsi qu’un accueil dans des espaces rafraîchis lui avaient été proposés au fil de l’été. Mais la nonagénaire, décrite comme très indépendante, aurait souvent refusé l’aide qu’on lui offrait.
La mairie estime aujourd’hui qu’il est impossible d’affirmer que la présence de volets aurait changé l’issue du drame. Une position qui contraste violemment avec le témoignage des proches et des associations de locataires, pour qui l’absence de protection solaire pendant un an, malgré une ordonnance médicale explicite, constitue une négligence difficile à excuser. Ce type de logement qui reste brûlant même après une nuit fraîche illustre à quel point l’inertie thermique peut piéger les habitants les plus fragiles, notamment les seniors vivant seuls en étage élevé.
Le décès de Louisette relance le débat sur les obligations réelles des bailleurs sociaux pendant les chantiers estivaux et sur le suivi effectif des personnes vulnérables face à la chaleur. Une ordonnance médicale, des alertes répétées, un an d’attente : autant de signaux qui n’ont pas suffi à éviter le pire. Combien d’autres logements, ailleurs en France, restent aujourd’hui sans volets à cause d’un chantier qui traîne ?
- 09/07/2026 à 17:56Malheureusement, il reste d'autres locataires âgés, dans la même situation que Louisette parmi ces voisins. Mais Sceaux Bourg-la-Reine Habitat ne compte installer des stores qu'à l'automne... Un monsieur de 72 ans, vivant dans un studio, exposé plein soleil a également eu son volet retiré. Peut-etre attendent-ils un nouveau drame ? Il y avait déjà eu un article sur le bailleur et son PDG pour une intoxication dans le même groupement d'immeubles. Ils attendent juste que ça passe, et ils continueront...
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