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Place Bellecour à 14h, fumée de lacrymogènes, kiosque en flammes : l’office du tourisme de Lyon ravagé

Publié par Cassandre Jolivet le 17 Oct 2026 à 18:50

Un samedi de manifestation, une grande place lyonnaise, des gaz lacrymogènes dès le début d’après-midi. À Lyon, la place Bellecour est d’ordinaire un lieu de promenade et de photos. Ce 17 octobre, elle a basculé dans les affrontements, et un bâtiment que tout le monde connaît a pris feu. Lequel, comment, et pourquoi les pompiers n’ont pas pu intervenir ? On vous raconte.

Une place Bellecour déjà noyée sous la fumée à 14h

La situation était déjà très tendue à Lyon quand le rassemblement a démarré, à 14h, sur la place Bellecour. Selon Le Figaro, la fumée des gaz lacrymogènes recouvrait déjà les lieux.

Sur place, le journaliste du quotidien décrit de très nombreux jeunes le visage dissimulé, au moins derrière des masques autrefois utilisés pendant la crise du Covid. Les forces de l’ordre ont été visées par de nombreux tirs de mortiers et jets de projectiles.

Ce rassemblement s’inscrit dans une mobilisation plus large, marquée ces derniers jours par la mobilisation lycéenne et des violences en marge des cortèges. Un contexte que les incidents place de la République dès le matin avaient déjà laissé deviner.

Car Bellecour n’était pas le seul point chaud de la journée. Un autre rassemblement a débordé plus loin, et la tension a vite gagné d’autres quartiers.

Mais c’est sur la place Bellecour que le plus spectaculaire allait se produire.

Les affrontements gagnent République, l’hôtel-Dieu et les ponts

Autour de la place de la République voisine, un second rassemblement a débordé. Les forces de l’ordre ont répondu avec du gaz lacrymogène.

Le centre commercial de l’hôtel-Dieu a été bouclé, tandis qu’une foule importante arrivait aussi du pont de la Guillotière. Quatre camions de renforts de CRS ont été disposés devant l’édifice.

Après des affrontements, les manifestants ont reflué vers les ponts de la Guillotière et Wilson, côté Rhône. Un camion à eau a été utilisé pour les repousser.

Dans le même temps, la tension montait dans un contexte national déjà électrique, comme lors de cette nuit de chaos à Paris après la qualification du PSG. À Lyon, la préfecture du Rhône a fait savoir que « les forces de l’ordre engagent des manœuvres pour disperser les groupes violents ».

Et c’est dans ce même communiqué que se cache le détail le plus grave : les pompiers, eux, étaient empêchés d’accéder à l’incendie d’une antenne de l’office de tourisme. Voilà ce qui s’est passé sur la place Bellecour : des dégradations ont été commises sur le kiosque de l’office du tourisme, puis un incendie s’est déclenché, ravageant le bâtiment.

Kiosque noirci par un incendie sur une grande place

Un bâtiment en flammes que les secours n’atteignent pas

Le fait est là : à 15 heures, l’office du tourisme brûlait toujours. La place Bellecour, elle, était bouclée.

Rappelons la chronologie telle que la décrit la source : dégradations d’abord, incendie ensuite, et des pompiers bloqués par les violences. Le feu a donc continué à ronger la structure pendant que les affrontements se poursuivaient autour.

Dans l’après-midi, les heurts se sont déplacés vers les places voisines, République et Jacobins, où les slogans « ACAB » résonnaient. Un climat que l’on retrouve, à une autre échelle, dans cette nuit d’émeutes à Chambéry.

La préfecture du Rhône n’a donné, dans les éléments rapportés, ni bilan chiffré de blessés ni nombre d’interpellations. Ces informations manquent donc à ce stade.

Reste à entendre celui qui dirige la ville.

Le « crève-cœur » du maire et les questions qui restent

Vers 17h, le maire Grégory Doucet a réagi sur France Info. « C’est un crève-cœur », a-t-il déploré.

Il a décrit un « bâtiment patrimonial situé en plein cœur de la ville, sur la place Bellecour », un « bâtiment symbolique identifié de tout le monde ». Condamnant « fermement » ces violences, l’élu EELV a apporté son « soutien » aux « commerçants pris pour cible », ainsi qu’aux policiers et aux sapeurs-pompiers.

Cette montée des violences s’inscrit dans un mouvement très suivi. L’« acte V » de la mobilisation lycéenne avait réuni 161 500 manifestants en France, contre 256 000 une semaine plus tôt, selon Le Figaro. Et la CGT appelait ses militants à rejoindre les cortèges de ce samedi, quand la CFDT et Force ouvrière refusaient de s’y associer.

Ailleurs, les scènes de casse se multiplient, comme à Nantes, où des dizaines de jeunes cagoulés s’en sont pris à un magasin. Et la facture pèse : des régions disent ne plus vouloir régler seules les dizaines de millions d’euros de dégâts.

Reste à savoir dans quel état se trouve réellement le bâtiment, et ce qu’il en adviendra : la source ne le précise pas.

Ce samedi lyonnais retiendra une image : un kiosque touristique en flammes au cœur de la ville, que les pompiers n’ont pas pu approcher. Et si vous vous demandez comment un lieu parisien aussi chargé d’histoire peut renaître autrement, le destin de la piscine Molitor squattée 25 ans a de quoi surprendre.

Quant à celles et ceux qui se demandent ce qui fait basculer une soirée en cauchemar, ce pompier enveloppé par les flammes à Bordeaux raconte l’envers du décor.

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