« Madame la présidente m’a donné la preuve » : Christophe Ellul reconnaît la responsabilité de Curtis dans la mort d’Elisa Pilarski
Le procès s’amorce sept ans après le décès d’Elisa Pilarski et tente de faire la lumière sur le déroulé des événements qui ont conduit à la tragédie.
Il a cédé. Jugé pour homicide volontaire dans l’affaire entourant la mort de sa compagne Elisa Pilarski, Christophe Ellul s’est montré disposé à reconnaître la responsabilité de son chien Curtis à condition qu’on lui fournisse « des preuves ». Or, elles ne cessent de pleuvoir depuis novembre 2019, date à laquelle la jeune femme de 29 ans, et enceinte de 6 mois, est décédée tandis qu’elle promenait Curtis dans une forêt de l’Aisne.
La responsabilité de Curtis établie par les experts
Encouragés par l’avocat de la famille Pilarski, les experts rentrent dans le vif du sujet dès l’ouverture de l’audience. Ils comparent notamment la taille de la mâchoire de Curtis à celles des morsures relevées sur le corps de la jeune femme. Des détails nombreux et précis qui émeuvent le prévenu.
Forte de ces éléments, la présidente Armelle Radiguet rappelle que chacune des morsures a été mesurée « à trois endroits différents au total ». Les résultats sont répertoriés dans un tableau tandis que les crocs de l’animal ont été photographiés et moulés. À l’issue du processus, les experts se montrent formels : les mâchoires de Curtis sont « compatibles » avec les plaies d’Elisa Pilarski.
« C’est technique, je ne suis pas expert », conteste tout de même Christophe Ellul avant de s’effondrer. Une fois l’homme remis et l’audience redémarrée, c’est au tour de la procureure d’insister : « Toutes les plaies sont en dessous de 3,6 cm », ce qui équivaut à la taille de la mâchoire de Curtis. Celles des chiens de chasse à courre mesurent environ 4,4 cm. « On est d’accord monsieur, Curtis, sa mâchoire a pu grandir elle aussi, mais elle n’a pas pu rapetisser ? », insiste-t-elle.
Le témoignage accablant des chasseurs
En effet, dès l’ouverture de l’audience, Christophe Ellul brandit l’hypothèse d’une attaque de la meute de 21 chiens de chasse à courre. Hypothèse écartée par le juge d’instruction en raison de la chronologie des faits, reconstituée avec minutie, souligne Francinfo. Par ailleurs, la présidente rappelle les déclarations de chasseurs qui se rappellent avoir croisé, dans la forêt, un homme qui cherchait sa femme et les aurait mis en garde contre la dangerosité de son chien.
« Je ne sais pas pourquoi j’aurais dit que Curtis était dangereux, parce que Curtis n’est pas dangereux », conteste encore le prévenu. Agacée par les tentatives désespérées de Christophe Ellul, Armelle Radiguet rétorque simplement : « Il faut juste assumer à un moment donné, monsieur, assumer ! »
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Sentant le prévenu sur le point de faillir, elle rappelle que, deux jours après la mort d’Elisa Pilarski, Curtis s’en est pris à lui et a également mordu une bénévole de la fourrière. Morsure qui lui a valu 15 points de suture au mollet. « C’est arrivé après le décès d’Elisa, sinon il n’y avait jamais rien eu », insiste le quinquagénaire.
Christophe Ellul cède
« Un chien, c’est un animal, et ça ne mord pas jusqu’au moment où ça mord. C’est aussi à l’être humain de se protéger. On s’entoure de garde-fous pour éviter d’être blessé, voire pire », reprend la présidente. Puis, elle reproche à Christophe Ellul de « n’avoir pas pris les mesures de nature à éviter qu’Elisa Pilarski, enceinte, ne s’occupe seule de Curtis ». « Est-ce que votre chien n’a pas ce comportement-là en s’amusant ? On se pose la question », lance-t-elle.
L’homme finira par céder à l’issue de deux jours d’audience. « Madame la présidente m’a donné la preuve qu’il est coupable. Je veux la vérité, pour Nathalie [mère d’Elisa], pour moi, pour Elisa et Enzo [leur enfant à naître], je le dis pour la famille. Ça ne peut être que Curtis avec les mensurations de la gueule et des dents. »
« Votre chien, il n’est pas agressif, il est dangereux ! Parce que quand il joue, il mord », conclut la présidente.