Une aide-soignante épouse un octogénaire en soins palliatifs 21 jours avant sa mort, sa famille découvre le mariage aux obsèques

Un retraité de 80 ans, immobilisé, sous morphine et nourri par sonde. Une aide-soignante qui l’accompagne au quotidien depuis des années. Et un acte de mariage signé trois semaines à peine avant son décès, dans la ville argentine de Coronda.
La famille du défunt n’a rien vu venir : elle a appris la nouvelle en plein enterrement. Depuis, une enquête judiciaire tente de déterminer si le vieil homme a vraiment consenti à ce mariage, ou si sa signature a été piégée.
Un mariage célébré alors que le patient était condamné
Depuis janvier 2021, cet homme sans enfants ni conjoint connu vivait immobilisé après une opération, traité pour un cancer en phase terminale. Il recevait des opioïdes et une alimentation par sonde, selon le dossier judiciaire consulté par la presse argentine. Ce type de contexte médical rappelle d’ailleurs à quel point les personnes âgées isolées restent des cibles privilégiées, un phénomène que plusieurs affaires patrimoniales récentes ont déjà mis en lumière.
Le 7 avril 2021, l’acte de mariage entre le retraité et sa cuidadora — sa cuidadora, en espagnol, désigne son aide-soignante — a été signé. Trois semaines plus tard, l’homme s’éteignait. Ses neveux, ses plus proches parents, affirment n’avoir jamais été informés ni consultés.
C’est au moment du velorio, la veillée funèbre, que la cuidadora leur aurait annoncé être devenue l’épouse légitime du défunt. Une annonce qui change tout : en tant qu’épouse, elle peut désormais prétendre à des droits sur le logement et l’ensemble du patrimoine. Un scénario qui interroge, un peu à l’image des situations de précarité chez les retraités isolés régulièrement documentées.
Une signature contestée et des témoins qui se contredisent
Face à cette annonce, les neveux ont porté plainte, visant à la fois la cuidadora et la responsable du Registro Civil de Coronda, l’équivalent local de l’état civil. Ils estiment que la procédure matrimoniale a été bâclée, voire manipulée.
Une expertise graphologique commandée par la partie plaignante aurait détecté des différences notables entre la signature apposée sur l’acte de mariage et celle habituelle du défunt. De quoi alimenter les soupçons d’un consentement falsifié, ou obtenu alors que l’homme n’était plus en état de décider librement. Ce genre de litige patrimonial rappelle des affaires d’héritage contesté déjà relayées, notamment autour des réalités financières des Français en fin de vie active.
Autre élément troublant : les témoins présents lors de la cérémonie auraient livré des versions contradictoires sur le déroulement exact du mariage. La cuidadora avait par ailleurs déposé, quelques jours avant l’union, un acte de union convivencial — une reconnaissance officielle de concubinage — daté du 25 mars 2021, affirmant y vivre depuis 2018. Une cohabitation que les neveux disent totalement ignorer.

La cuidadora en position de tout réclamer
Ce genre de rebondissement judiciaire illustre bien à quel point une succession peut basculer en quelques semaines. L’affaire est désormais suivie par la Fiscalía Regional 5 de Rafaela, le parquet régional chargé d’instruire les possibles infractions liées à ce mariage.
L’enjeu financier est considérable : en tant qu’épouse légale, la cuidadora peut réclamer la pension de réversion du défunt et participer pleinement à sa succession. Un mécanisme qui, si l’union est validée, écarterait de fait les neveux de tout droit sur les biens de leur oncle.
La fonctionnaire du Registro Civil visée par la plainte est, à ce stade, toujours en poste. La direction provinciale a néanmoins ouvert des démarches administratives internes et fait saisir l’ensemble des dossiers de mariages célébrés durant cette période pour vérification.
Aucune convocation judiciaire n’aurait toutefois encore été adressée à l’institution, selon les autorités locales. Les neveux, eux, réclament désormais le statut de parties civiles et espèrent obtenir l’annulation pure et simple du mariage si l’irrégularité du consentement venait à être confirmée.
Vingt et un jours entre l’union et le décès, une signature qui ne collerait pas, des témoins qui se contredisent : cette affaire argentine ressemble à un cas d’école sur la vulnérabilité des personnes en fin de vie. Et si c’était votre propre grand-parent, sauriez-vous vraiment tout de ses dernières décisions ?