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« Je désespère de moi-même » : ce médecin allemand tuait ses patients puis brûlait leur appartement

Publié par Cassandre le 12 Juil 2026 à 22:30
Homme en blouse blanche assis tête baissée en salle d'audience

Un médecin en soins palliatifs qui soigne le jour et tue la nuit. C’est le cauchemar qu’ont vécu quinze familles à Berlin, sans jamais rien soupçonner avant qu’il ne soit trop tard. Le verdict est tombé ce mercredi, et il est sans appel : perpétuité pour celui que la justice qualifie désormais de tueur en série.

Un praticien de confiance, quinze vies volées

À Berlin, on l’appelait Johannes M. Un nom presque banal pour un homme de 41 ans qui exerçait dans les soins à domicile, au chevet de patients fragiles, souvent en fin de vie ou dépendants. Entre septembre 2021 et juillet 2024, ce médecin a tué douze femmes et trois hommes, tous placés sous sa responsabilité médicale au moment des faits.

Les victimes avaient entre 25 et 94 ans. Un éventail d’âges qui dit à lui seul l’absence totale de logique dans ce carnage. Ce n’était pas de l’euthanasie déguisée, ni un geste de pitié envers des malades condamnés. La juge Sylvia Busch a été catégorique sur ce point lors du procès qui s’est tenu à Berlin.

Ce type de dérive rappelle, à une tout autre échelle, des affaires où les zones d’ombre persistent des années durant avant que la vérité n’émerge. Ici, la lenteur du système a coûté des vies supplémentaires. Sa hiérarchie n’a rien vu venir pendant des mois, malgré des signaux qui, rétrospectivement, semblent criants.

Comment un tel mode opératoire a-t-il pu se répéter autant de fois sans déclencher d’alerte plus tôt ? La réponse tient à un détail glaçant que l’enquête a fini par mettre au jour, comme le rapportait d’autres affaires récentes où l’indifférence du criminel a marqué les esprits.

Un cocktail mortel et des incendies pour brouiller les pistes

La méthode était toujours identique, presque chirurgicale dans son exécution. Johannes M. administrait à ses patients un sédatif suivi d’un relaxant musculaire. L’association paralysait les muscles respiratoires, provoquait un arrêt respiratoire, puis la mort en quelques minutes seulement.

Mais le plus troublant reste ce qu’il faisait ensuite. À au moins cinq reprises, l’homme aurait mis le feu aux appartements de ses victimes pour maquiller les homicides en accidents domestiques. Un jour, il aurait même tué deux personnes âgées dans deux quartiers voisins de Berlin, en l’espace de quelques heures.

C’est justement cette accumulation de décès brutaux, associés à des incendies suspects, qui a fini par mettre la puce à l’oreille de sa cheffe de service. Fin juillet 2024, elle alerte la police : trop de patients de ce médecin meurent soudainement, trop d’appartements brûlent au même moment.

L’hebdomadaire Die Zeit a détaillé ce signalement qui a tout déclenché, un peu comme dans ces incidents en série qui finissent par révéler un problème systémique bien plus vaste que prévu.

Façade d'immeuble avec fenêtre noircie par un incendie

De quatre à quinze victimes en quelques mois

Le médecin est interpellé début août 2024, à son retour de vacances. À l’origine, la police l’interroge pour le meurtre de quatre patientes seulement. Mais l’enquête s’emballe rapidement, et le nombre de victimes présumées ne cesse de grimper.

Huit victimes en novembre, dix en février, puis quinze en avril. Un décompte macabre qui s’allonge mois après mois, comme les rebondissements successifs » de certaines affaires criminelles où chaque nouvelle découverte rouvre le dossier. Et l’histoire ne s’arrête pas là : des enquêtes restent en cours sur des dizaines d’autres décès dont il pourrait être responsable.

Lundi, à la barre, l’homme a fini par craquer. Il a reconnu avoir « tué des gens », ajoutant : « je désespère de moi-même ». Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, il aurait dit ne comprendre que maintenant l’ampleur des souffrances causées par ses actes. Un aveu tardif, presque dérisoire face à quinze vies fauchées.

Détail troublant révélé par plusieurs médias allemands : Johannes M. avait consacré sa thèse de doctorat, achevée en 2013 à 28 ans, à l’étude scientifique des homicides.

Un parallèle glaçant avec l’affaire Niels Högel, cet ex-infirmier condamné en 2019 pour le meurtre d’au moins 85 patients en Basse-Saxe, et dont le profil psychiatrique évoquait un trouble narcissique sévère. Deux affaires, deux décennies d’écart, un même système de soin qui n’a rien vu venir à temps.

La perpétuité, l’interdiction d’exercer à vie, la reconnaissance de la particulière gravité des crimes : la justice allemande a refermé le dossier avec la sévérité maximale. Reste une question qui hante forcément les familles des victimes et les soignants du pays tout entier : combien de temps encore un système de confiance peut-il dissimuler un tel monstre avant que quelqu’un n’ose enfin tirer la sonnette d’alarme ?

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