« On ne s’en remet jamais » : la mère de Maëlys sort du silence après la mort de Lyhanna
Le corps de Lyhanna, collégienne disparue le 29 mai, a été retrouvé près de Fleurance, dans le Gers. Trois jours après cette terrible découverte, une voix bien connue du pays s’est élevée. Celle de Jennifer Maeco De Araujo, mère de la petite Maëlys — et son message glace autant qu’il révolte.

Lyhanna, 14 jours de disparition et un dénouement qui a sidéré la France
Tout commence un vendredi de fin mai. Lyhanna quitte son domicile et ne revient pas. Pendant des jours, l’inquiétude monte, les appels à témoins se multiplient, les recherches s’intensifient dans le département du Gers.
Puis le couperet tombe. Le corps sans vie de l’adolescente est découvert près de Fleurance. Un dénouement tragique qui replonge le pays dans un cauchemar familier : celui d’un enfant qu’on n’a pas pu protéger. L’émotion dépasse largement les frontières du département.
Sur les réseaux sociaux, les hommages se multiplient. Mais un message en particulier va toucher des centaines de milliers de personnes. Il ne vient pas d’un politique ni d’un expert en sécurité. Il vient d’une mère qui connaît cette douleur mieux que quiconque.
Car derrière chaque fait divers impliquant un enfant, il y a des familles déjà brisées qui revivent leur propre enfer. Des mères, des pères, des frères et sœurs pour qui chaque nouvelle affaire rouvre une plaie qui ne cicatrise jamais. Et Jennifer Maeco De Araujo fait partie de ces parents marqués à vie.
Le message bouleversant de la mère de Maëlys sur Facebook
En août 2017, la petite Maëlys, 8 ans, était enlevée et tuée par Nordahl Lelandais lors d’un mariage en Isère. Une affaire qui avait traumatisé la France entière. Depuis, sa mère porte ce deuil impossible avec une dignité qui force le respect.
C’est sur Facebook que Jennifer a choisi de prendre la parole. « Je pense à toi Lyhanna depuis ta disparition et ce soir depuis la découverte de ton corps », écrit-elle. Elle déplore qu’une jeune fille qui « avait la vie devant soi » ait été ainsi fauchée.
Mais le message ne s’arrête pas à la compassion. Il se transforme en cri de colère brut contre les défaillances du système. « C’est inadmissible que dans ce pays, nos enfants ne soient pas écoutés, ni protégés », dénonce-t-elle. Ses mots visent directement les institutions, la justice, l’État.
Elle pointe un paradoxe qui révolte bien au-delà de son seul cas : « Leurs bourreaux ont le droit au silence, à se reproduire en prison, au téléphone, à Internet pendant que leurs victimes subissent. » Une phrase qui résume des années de frustration accumulée par les familles de victimes.
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Et puis il y a cette confession d’une honnêteté désarmante sur la réalité du deuil. Jennifer ne maquille rien. Elle dit les choses comme elles sont réellement vécues, loin des discours formatés.
« Combien faudra-t-il encore d’enfants assassinés ? » : le cri qui résonne
C’est une détresse profonde qui transperce chaque ligne de ce témoignage. « La perte d’un enfant on ne s’en remet jamais », affirme Jennifer Maeco De Araujo. Elle précise qu’on « vit pour les enfants qui nous restent » — que ce sont eux, et eux seuls, qui maintiennent debout.
Sa question finale frappe comme un uppercut : « Combien faudra-t-il encore d’enfants assassinés pour que la Justice française et l’État agissent ? » Des mots qui résonnent bien au-delà de l’affaire Lyhanna. Ils posent la question de la protection de l’enfance en France avec une urgence que les chiffres seuls ne parviennent pas à transmettre.
En fin de message, Jennifer envoie de « tendres pensées » et « plein de courage » à la famille de Lyhanna. Puis elle se tourne vers son propre « poussin », Maëlys, qui lui manque terriblement. Huit ans après le drame, la blessure est intacte.
Ce qui frappe dans cette prise de parole, c’est l’absence totale de filtre. Pas de langue de bois, pas de précautions oratoires. Juste une mère qui parle à une autre mère, par-delà l’horreur. Et qui rappelle au passage que derrière les statistiques, il y a des familles entières qui s’effondrent.
Son message a été partagé des milliers de fois en quelques heures. La preuve que ces mots touchent une corde sensible, bien au-delà du cercle des familles endeuillées. La France entière semble fatiguée d’enterrer ses enfants.
« On ne s’en remet jamais. » Cinq mots qui disent tout. Cinq mots que trop de parents français peuvent désormais prononcer en connaissance de cause. La vraie question, c’est : combien de messages comme celui-ci faudra-t-il encore lire avant qu’on change quelque chose ?