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Il tue un amputé avec sa propre prothèse, puis va tranquillement s’acheter un milkshake

Publié par Cassandre le 15 Juil 2026 à 14:37
Amputé retrouvé mort à Leeds : « je vais avoir plus de blessures que lui », dit l'accusé aux policiers

Un homme de 55 ans, amputé d’une jambe, retrouvé sans vie près des poubelles de son immeuble. Un suspect couvert de sang, arrêté quelques rues plus loin. Et entre les deux, une pause pour s’acheter un milkshake. L’histoire qui se déroule actuellement devant la Crown Court de Leeds a de quoi glacer une salle d’audience habituée aux affaires sordides.

Dwayne Tuohey a été découvert grièvement blessé le matin du 1er janvier 2026, près de son domicile dans le quartier de Burmantofts, à Leeds. Scott Silkstone, 51 ans, sans domicile fixe, est jugé pour son meurtre. Il plaide non coupable.

Une nuit filmée minute par minute

L’accusation a passé au crible des heures de vidéosurveillance pour reconstituer le déroulé de cette nuit. Tout commence dans une autre tour, Shakespeare Grange, un immeuble de 17 étages du même quartier.

Vers 4h20 du matin, Scott Silkstone quitte ce bâtiment et marche jusqu’à Gargrave Court, où vivait Dwayne Tuohey, à environ 800 mètres de là. À ce moment précis, la procureure Michelle Colborne KC insiste sur un détail : il n’a aucune trace de sang sur les mains.

L’homme entre dans l’immeuble. Il en ressortira deux heures plus tard, à 6h30, dans un état radicalement différent. « Du sang est visible sur ses mains et son visage », a précisé la procureure devant les jurés.

Le lien avec le téléphone de la victime

Pendant cette fenêtre de deux heures où Scott Silkstone reste invisible des caméras, un fait troublant émerge de l’enquête. Quelqu’un utilise le téléphone de Dwayne Tuohey pour passer un appel.

Ce n’est pas un cas isolé : le même numéro avait déjà été composé à cinq reprises plus tôt dans la matinée, depuis ce même téléphone. Un détail qui, pour l’accusation, trace une ligne temporelle précise des événements.

Silkstone retourne ensuite à Gargrave Court juste avant 7h. Les caméras le filment sortant de l’ascenseur au troisième étage avec un ou plusieurs téléphones en main, puis redescendant au rez-de-chaussée.

Les images que le jury n’oubliera pas

À 8h, une heure après ce dernier passage, une nouvelle image apparaît sur les écrans de contrôle : Silkstone traîne Dwayne Tuohey au sol, jusqu’à l’ascenseur du premier étage — celui de l’immeuble de la victime.

Les jurés ont visionné cette séquence glaçante. Dans la cabine, Dwayne est allongé, immobile. Silkstone lui replie les jambes et se tient debout au-dessus de lui.

Pour l’accusation, cette scène n’est que la conséquence d’un déchaînement de violence survenu plus tôt, dans le salon de l’appartement. « Le défendeur avait mené une attaque déterminée et brutale, frappant son corps avec divers objets alors qu’il saignait déjà », a résumé Michelle Colborne.

Couloir sombre d'un immeuble britannique la nuit

La prothèse comme arme

C’est peut-être l’élément le plus troublant du dossier. Les enquêteurs ont retrouvé, dans le salon maculé de sang, plusieurs objets entassés : une étagère, une béquille, un radiateur — et la prothèse de jambe de Dwayne Tuohey lui-même.

Une experte scientifique doit détailler ses conclusions devant le tribunal. Michelle Colborne en a livré un résumé glaçant à l’avance : la prothèse était « extrêmement tachée de sang », particulièrement au niveau de l’emboîture.

Des traînées de sang étaient visibles, ainsi que des marques de doigts imprimées dans le sang séché sur l’objet. L’ADN de l’accusé ET de la victime ont été retrouvés dessus.

« Sa théorie est que l’objet a été manipulé par le défendeur et utilisé pour porter des coups », a résumé la procureure. Un homme aurait ainsi été frappé avec sa propre prothèse, dans son propre appartement.

Une victime incapable de se défendre

Le tribunal a été informé que Dwayne Tuohey n’était en mesure ni de se défendre, ni de riposter face à cette agression. Un détail confirmé par les images filmées après 8h ce matin-là.

Selon l’accusation, Silkstone a continué à s’en prendre à sa victime durant une période de dix minutes, en dépit du fait que Dwayne était déjà blessé et incapable de résister. Les caméras l’ont capturé frappant l’homme « à au moins 28 reprises ».

« Il y avait une absence de réaction de la part de Dwayne Tuohey », a ajouté la procureure, soulignant l’état déjà critique de la victime à ce stade de l’agression.

Le milkshake et l’arrestation

Après cette scène dans l’ascenseur, Scott Silkstone quitte les lieux et se dirige vers un commerce du quartier. Il y achète un milkshake, comme si de rien n’était.

Il est interpellé quelques rues plus loin, peu de temps après. Les policiers le décrivent couvert de sang au moment de l’arrestation. Face à eux, il aurait lâché une phrase pour le moins ambiguë : « Je vais avoir plus de blessures que lui. »

Une déclaration que l’accusation présente comme révélatrice de son état d’esprit, alors même qu’il venait, selon elle, de laisser un homme à l’agonie devant chez lui. Le procès, qui se poursuit devant la Crown Court de Leeds, doit encore entendre les conclusions de l’expertise scientifique sur les traces relevées sur la scène, rapporte Leeds Live.

Ce type de témoignage clinique, égrenant les preuves une à une devant un jury, rappelle d’autres audiences où le détail matériel devient la pièce centrale d’un dossier. La suite du procès doit permettre de savoir si Scott Silkstone sera reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés.

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