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« Le chariot vacille, donc il est chargé » : au procès du meurtre d’Assia, le calvaire glaçant d’une découpe minutieuse

Publié par Cassandre le 07 Juil 2026 à 14:20
Banc de bois vide dans une salle d'audience

Une cour d’assises écrasée de chaleur, des photos projetées sur grand écran, et un homme tête baissée dans le box. Ce mardi s’est ouvert à Paris le procès de Lakhdar M., jugé jusqu’à vendredi pour le meurtre de sa femme Assia, tuée à Montreuil en 2023.

Pendant près de trois semaines, l’accusé a mené une entreprise méthodique pour faire disparaître le corps de la victime, pièce par pièce. Un enquêteur de la brigade criminelle a détaillé, images à l’appui, la logistique glaçante de ce féminicide.

Un féminicide à Montreuil, une victime nommée Assia

L’affaire remonte à février 2023, dans un HLM de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. C’est là qu’Assia a été tuée par son mari, Lakhdar M., avant que celui-ci n’entreprenne de faire disparaître son corps sur une période de vingt jours environ.

Le président de la cour d’assises, Bertrand Grain, a d’emblée posé un cadre strict pour cette audience sensible. Aucune photo du corps de la victime ne sera diffusée devant la cour, une précaution rare qui en dit long sur la gravité des images en possession des enquêteurs.

Ce genre de dossier rappelle, une fois de plus, combien les violences conjugales peuvent basculer dans l’horreur la plus totale. Comme dans d’autres affaires suivies par la justice française, la question des signaux ignorés ou des drames évitables plane sur les débats.

Ce mercredi, c’est justement l’accusé lui-même qui doit s’exprimer face à la cour. Un homme visiblement amaigri par rapport aux images de vidéosurveillance projetées la veille, comme si le poids des faits l’avait littéralement rongé de l’intérieur. Ce contraste physique, relevé implicitement par l’accusation, sera l’un des éléments scrutés durant les prochains jours de procès.

Une meuleuse achetée chez Castorama, un scénario minuté

Les enquêteurs ont reconstitué la journée du 2 février 2023 minute par minute, grâce aux caméras de vidéosurveillance. On y voit Lakhdar M., polo rouge et tête baissée, déambuler dans les rayons d’un magasin Castorama situé porte de Nation, à Paris.

Le ticket de caisse retrouvé par les enquêteurs est glaçant de banalité apparente : 110 euros d’achats, dont une meuleuse, des bâches en plastique et des gants. Des outils de bricolage ordinaires, détournés pour un usage qui ne l’est absolument pas.

Retour ensuite à l’appartement de Montreuil, où la scène bascule dans l’horreur : c’est dans la cuisine du domicile conjugal que le corps de la victime aurait été découpé, selon les éléments présentés à la cour. Un détail qui glace l’assistance, tant il révèle la préméditation logistique derrière ce geste.

Les faits divers les plus sordides révèlent souvent une froideur méthodique qui échappe à toute logique émotionnelle immédiate, un phénomène que l’on retrouve aussi dans d’autres affaires marquantes traitées par la justice. Ici, l’achat calculé de matériel et le choix d’un lieu discret trahissent une organisation qui s’étend sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Chariot bleu abandonné sur un chemin de parc

Le détail du chariot qui vacille aux Buttes-Chaumont

C’est un flacon de parfum, photographié dans l’appartement du couple, qui a mis les enquêteurs sur une piste inattendue. Son nom : « Parc des Buttes Chaumont », avec une illustration du parc parisien imprimée dessus. « On peut imaginer que ça lui a donné une idée », a suggéré un policier de la brigade criminelle devant la cour.

Car c’est bien dans ce célèbre parc parisien que l’accusé aurait dispersé une partie des restes démembrés de sa victime. Les images de vidéosurveillance montrent Lakhdar M. effectuant deux allers-retours consécutifs entre Montreuil et les Buttes-Chaumont, poussant un caddie de couleur bleue.

Le détail le plus troublant tient dans une simple observation visuelle, livrée par l’enquêteur avec une froideur clinique : « On voit à l’image que le chariot vacille quand il part, c’est donc qu’il est chargé ». Une phrase glaçante qui résume à elle seule l’ampleur du calvaire enduré par la victime après sa mort, et la détermination de son bourreau à effacer toute trace.

Ce type de procès pour féminicide, hélas trop fréquent en France, met en lumière des mécanismes de dissimulation qui interrogent sur la psychologie des auteurs de violences conjugales extrêmes. Les débats doivent se poursuivre jusqu’à vendredi devant la cour d’assises de Paris.

Un chariot qui vacille, un flacon de parfum, une meuleuse achetée en trente minutes : ce sont ces détails du quotidien, glaçants une fois recontextualisés, qui construisent la culpabilité devant une cour d’assises. Le procès de Lakhdar M. se poursuit cette semaine, et l’audience de ce mercredi, où l’accusé doit enfin s’exprimer, s’annonce déterminante pour comprendre ce qui a précédé le drame.

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