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Deux militaires ultramarins disparus dans le Var : des ossements retrouvés, une famille mise en examen pour meurtres

Publié par Cassandre le 02 Juil 2026 à 9:24

Deux jeunes militaires venus d’Outre-Mer, disparus à un an d’intervalle. Une même famille du Var qui les hébergeait. Et, au bout du fil de l’enquête, des ossements retrouvés dans les Bouches-du-Rhône. L’affaire, révélée par le parquet de Toulon, glace par sa mécanique implacable.

Ville côtière du Var au crépuscule

Ce mardi 1er juillet, le procureur de la République Raphaël Balland a détaillé les charges. Cinq membres d’une même famille sont en détention provisoire. Un sixième est placé sous contrôle judiciaire.

Deux disparitions que rien ne reliait… jusqu’à ce détail

Enquêteurs fouillant un terrain dans les Bouches-du-Rhône

Tout commence par le travail de la section de recherches de la gendarmerie maritime. Les enquêteurs établissent un lien entre deux disparitions inquiétantes, survenues en 2022 et 2023. Deux hommes, deux territoires ultramarins, un même point commun.

Le premier est né en 1997 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Il avait quitté son île pour effectuer ses classes dans la Marine nationale, à Saint-Mandrier-sur-Mer. Depuis mai 2022, il n’avait plus donné le moindre signe de vie à sa famille.

Le second est né en 1988 à Papeete, en Polynésie française. La Légion étrangère le considérait comme déserteur depuis mai 2023. Un détail intrigue pourtant les enquêteurs : il venait de renouveler son contrat.

« Malgré d’excellents états de service », précise le parquet. Un légionnaire chevronné ne déserte pas du jour au lendemain sans laisser de trace. Sa famille, elle non plus, n’avait plus aucune nouvelle depuis cette période.

Une famille d’accueil, et un système qui dure depuis 2011

Les investigations orientent peu à peu les soupçons vers une famille qui avait hébergé les deux disparus. Composée du couple parental, de deux fils et de deux filles. Une famille installée dans le Var depuis de longues années.

La mère est originaire de Nouméa. Le père vient du Vanuatu et de Wallis-et-Futuna. Un ancrage ultramarin qui explique sans doute comment ces jeunes militaires du Pacifique ont fini par leur faire confiance.

Maison familiale aux volets fermés dans le Var

Car les deux disparus ne sont pas les seuls concernés. Entre 2011 et 2023, cette famille a accueilli plusieurs autres jeunes militaires originaires d’Outre-Mer. Ce qu’ils décrivent aujourd’hui dépasse la simple hospitalité.

Sept d’entre eux affirment avoir été « progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d’identité, violentés et séquestrés ». Un mécanisme d’emprise qui rappelle d’autres affaires de traite d’êtres humains jugées en France.

Ce que les gendarmes ont retrouvé dans les Bouches-du-Rhône

Le 26 mai, les membres de la famille sont placés en garde à vue pendant 96 heures. Une durée exceptionnelle, réservée aux affaires de criminalité organisée. La piste des meurtres se précise vite.

Sur deux sites différents des Bouches-du-Rhône, les enquêteurs découvrent des ossements. Selon le parquet, ils sont « susceptibles de correspondre aux deux soldats disparus ». Une découverte qui fait basculer l’enquête.

Des expertises approfondies sont toujours en cours pour identifier formellement ces restes. Mais leur présence, sur deux emplacements distincts, a conforté l’hypothèse la plus sombre. Celle de deux jeunes hommes tués.

Ce type de dossier, où le corps précède l’aveu, n’est pas sans rappeler d’autres affaires rouvertes grâce à l’exhumation de restes humains. Le silence des disparus finit toujours par parler.

Qui est accusé de quoi : le détail des mises en examen

Le 29 mai, les magistrats précisent les charges. Le père, la mère, les deux fils et l’une des deux filles sont mis en examen pour traite d’êtres humains en bande organisée et séquestrations en bande organisée.

Mais trois d’entre eux portent un poids plus lourd encore. La mère et les deux fils sont également mis en examen pour les meurtres des deux militaires disparus. Les cinq ont été placés en détention provisoire.

La plus jeune des filles échappe à ces accusations. Elle est mise en examen uniquement pour non-dénonciation de crimes. Elle a été placée sous contrôle judiciaire, seule à ne pas rejoindre la détention.

Cette histoire de secret enfoui au sein d’un même foyer rappelle combien les drames familiaux les mieux cachés finissent parfois par éclater au grand jour.

Une enquête loin d’être terminée

Les investigations se poursuivent sous l’autorité du magistrat instructeur. L’identification des ossements reste la priorité, tout comme la reconstitution du parcours des sept victimes présumées entre 2011 et 2023.

Des jeunes hommes venus servir la France, à des milliers de kilomètres de chez eux, dont plusieurs disent avoir perdu leurs papiers, leur argent et leur liberté. Comme d’autres disparitions récentes mobilisant les militaires, l’affaire interroge sur ceux qu’on croit protégés.

Reste une question glaçante : combien de temps ce système a-t-il pu perdurer, sous les radars, à quelques kilomètres de bases militaires ? La justice tentera d’y répondre dans les mois qui viennent.

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