Déodorant sur des enfants, gifles à une femme : ce Montpelliérain de 28 ans écope de 18 mois de prison

Un dimanche soir ordinaire à l’arrêt de bus Albert 1er – Jardin des plantes, en plein cœur de Montpellier. Des familles attendent, des enfants jouent, personne ne se doute de ce qui va suivre. En quelques minutes, la scène bascule dans la violence gratuite. Le verdict, rendu quelques jours plus tard, en dit long sur ce que ce jeune homme trimballe depuis des années.
Un dimanche soir qui vire au cauchemar
Le dimanche 6 septembre, vers 19 h 30, un Montpelliérain de 28 ans se trouve à l’arrêt de bus rue Auguste Broussonnet, totalement ivre. Selon plusieurs témoins, il commence par asperger de parfum des enfants qui patientent avec leurs parents, comme dans ces situations où des mineurs se retrouvent exposés à une violence qu’ils n’ont rien demandé de vivre.
Une mère lui demande d’arrêter. Il répond par une menace de mort. La scène, qui aurait pu s’arrêter là, ne fait en réalité que commencer, un peu comme ces drames qui basculent en quelques secondes sans que personne ne puisse vraiment intervenir à temps.
Des coups distribués à l’aveugle
Une femme de 24 ans lui demande à son tour de se calmer. Elle reçoit deux claques, puis quatre ou cinq gifles et coups de poing supplémentaires quelques instants plus tard. L’agresseur s’en prend ensuite à un couple, assénant un coup à la mâchoire de l’homme, âgé de 29 ans, avant que les victimes ne trouvent refuge dans un bus, comme on chercherait un endroit sûr face à une injustice qu’on ne comprend pas.
Les policiers interpellent l’homme peu après. Il continue de proférer insultes et menaces de mort, y compris dans le véhicule qui l’emmène au commissariat. Ce qui aurait pu passer pour un simple débordement d’ivresse révèle en réalité un profil bien plus lourd, comme le confirmeront les éléments de son passé qui remontent à la surface devant le tribunal.

Un casier chargé et une récidive assumée
Comme dans d’autres dossiers où le passé finit par rattraper l’accusé, l’homme, prénommé Ryan, comparaissait en état de récidive légale. Il avait déjà été condamné en 2023 pour violence aggravée et menaces de mort. Son casier judiciaire compte sept mentions depuis 2021, essentiellement pour outrages, menaces et violences, souvent commises sous l’emprise de l’alcool.
« J’étais alcoolisé deux jours de suite, je ne me souviens de rien. Je regrette. Je reconnais que j’ai pu être violent mais je ne tape pas les femmes, même alcoolisé », a-t-il déclaré à la barre.
Sorti de prison depuis deux mois seulement après trois années d’incarcération, il dit vivre du RSA, sans emploi malgré une formation de cuisinier. « Je suis tombé à la rue suite à des problèmes familiaux. Toutes les structures m’ont fermé les portes.
J’ai des problèmes psychiatriques mais je veux me réinsérer », a-t-il ajouté, comme d’autres accusés tentent de justifier des trajectoires cabossées.
La procureure a écarté l’expertise psychiatrique réclamée par la défense, évoquant une addiction à l’alcool sans antécédent psychiatrique avéré. Elle a requis deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention. Son avocat a plaidé la misère sociale : « Vous jugez un pauvre type. » Le tribunal correctionnel de Montpellier a finalement condamné Ryan à 18 mois de prison, avec maintien en détention, et à verser 800 € à l’une des victimes.
Entre alcool, récidive et détresse sociale, cette affaire montpelliéraine raconte surtout l’échec d’un système censé prévenir ce genre de dérapage. Reste une question qui dépasse ce seul dossier : combien d’autres arrêts de bus, ailleurs en France, abritent en silence le même cocktail explosif ?