Un patron filmé fonçant sur ses grévistes en car à Bezannes, placé en garde à vue

Un piquet de grève qui tourne au cauchemar devant un dépôt de la Marne. Ce mardi matin, à Bezannes, un car a foncé sur des salariés en grève, en plein conflit social. Ce que révèlent les images tournées sur place dépasse tout ce que l’on imagine d’un différend au travail.
Un conflit social qui vire au drame devant le dépôt
Tout commence en début de semaine au sein de Capitale Champagne et des Ambulances Clovis, deux sociétés du même groupe marnais. Les salariés dénoncent leurs conditions de travail et décident de bloquer l’accès au dépôt. Un mouvement classique, comme il en existe des centaines chaque année en France.
Mais ce mardi matin, la situation dégénère brutalement à la sortie des véhicules. Deux personnes se retrouvent blessées : un salarié de 45 ans et une salariée de 24 ans, ambulancière et présente sur le piquet de grève. Les secours interviennent rapidement et les deux victimes sont transportées à l’hôpital.
Ce genre de tensions rappelle d’autres épisodes sociaux où l’entreprise et les salariés s’affrontent frontalement, parfois jusqu’à l’incident physique. Les secteurs des transports et des services connaissent régulièrement ces bras de fer, mais rarement avec un tel niveau de violence directe. À Bezannes, la scène a été filmée par des grévistes présents sur les lieux, et la vidéo a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, relayée notamment sur des comptes suivis dans l’actualité française.
Le patron lui-même au volant du car
C’est là que l’affaire prend une tournure inédite. Selon les informations de nos confrères d’ICI, ce n’est pas un simple chauffeur qui se trouvait derrière le volant au moment des faits. C’est Laurent Dewitte, le directeur de l’entreprise, qui a personnellement pris les commandes du car pour forcer la sortie du dépôt.
Des témoins racontent que le patron aurait roulé « volontairement sur les grévistes », avant qu’un autre chauffeur, non-gréviste cette fois, ne reprenne le volant. Ce second conducteur aurait ensuite percuté l’ambulancière postée en piquet de grève. Deux véhicules, deux conducteurs, deux victimes : la séquence dessine un scénario que peu de conflits sociaux ont connu en France.
La suite des faits interpelle encore davantage. Le patron aurait regardé son salarié blessé au sol avant de lâcher une phrase qui a marqué tous les témoins présents : « je pense que le prochain, avant de bloquer mon entreprise, je pense qu’il y réfléchira à deux fois ».
Une déclaration qui, si elle est confirmée, ressemble à un aveu implicite de préméditation. Ce type d’affrontement rappelle à quel point les tensions autour du monde du travail peuvent parfois déborder, un peu comme certains faits divers récents où la ligne entre accident et acte volontaire devient trouble.
Garde à vue, enquête ouverte et deux libérations le soir même

Face à la gravité des accusations, la justice s’est saisie rapidement du dossier. Selon les procédures habituelles dans ce type d’affaires, le parquet de Reims a ouvert une enquête dès les faits connus. Deux hommes ont été placés en garde à vue : le patron lui-même, Laurent Dewitte, ainsi que le chauffeur non-gréviste qui aurait percuté la seconde victime.
Les deux hommes ont finalement été libérés dans la soirée, sans que l’on sache encore quelles charges précises pourraient être retenues contre eux.
L’enquête devra désormais déterminer si le geste était réellement volontaire, comme le suggèrent les témoignages recueillis sur place, ou s’il s’agit d’un mouvement de panique aux conséquences dramatiques.
La différence est de taille : elle sépare un accident regrettable d’un possible acte de violence délibérée contre des salariés en exercice de leur droit de grève.
Les deux victimes, quant à elles, restent hospitalisées après leur prise en charge par les secours. Leur état de santé n’a pas été précisé par nos confrères, mais l’ampleur de l’émotion suscitée par la vidéo laisse penser que cette affaire ne devrait pas s’arrêter là. Le conflit social, lui, continue de couver au sein de Capitale Champagne et des Ambulances Clovis, deux entreprises désormais sous le feu des projecteurs pour de bien mauvaises raisons.
Une phrase, une vidéo, deux blessés : voilà comment un simple mouvement de grève a basculé en affaire judiciaire à Bezannes. L’enquête du parquet de Reims dira si la justice retient l’intention derrière ce geste filmé par les grévistes eux-mêmes.
- 03/09/2026 à 07:32Le droit de grève existe, mais limiter la liberté de circulation ne s'inscrit ni dans le cadre de la démocratie, ni dans les droits de l'homme. C'est simplement mon opinion, et il est essentiel de considérer que le contexte est souvent brumeux. On entend un peu tout et n'importe quoi, surtout avec des médias plus axés sur la politique que sur le journalisme traditionnel.
- 02/09/2026 à 20:53Faire la grève oui et heureusement car nous nous sommes battus pour ça, mais apparemment les grévistes bloquaient l'entreprise pour empêcher ses intérimaires de conduire les bus et là on sort du cadre de la grève. C'est tout à fait déplorable que le patron ait bousculé un gréviste mais il faut bien qu'il gagne de l'argent. En France, lorsque le patron (je parle d'un vrai patron pas de ces guignols du CAC40) ne peut pas augmenter les salaires pour cause de manque de moyens, les syndicats l'aident immédiatement en faisant la grève et en bloquant l'entreprise ou l'usine. En clair : tu n'as plus d'argent donc on en veut plus, c'est logique non?
- 02/09/2026 à 17:56c'est un patron fasciste, lui ne va pas en prison, si cela avait été un ouvrier fonçant sur un patron alors là; les CNews, LCI, BFM en avaient pour une semaine de commentaires anti-qociaux, anti-syndicaux, et si l'ouvrier avait été maghrébin alors des mois et des mois de proses fascistes sur ces tv pourries la pire CNews dite CM....03/09/2026 à 14:31Va dire à ton patron que c'est un fasciste, tu vas voir sa réaction. Suis pas sur que tu auras encore du boulot dans son entreprise. Il faudrait savoir les causes de cette grève, car je suis persuadé que c'est chaque fois la même chose "on travaille trop et on ne gagne pas assez.
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