Ce père plaide coupable après la chute mortelle de son fils de 2 ans, troisième mort en 4 ans dans cet hôtel

Un balcon d’hôtel, des vacances en famille, et puis plus rien. C’est l’histoire d’un père britannique de 37 ans qui vient de plaider coupable devant la justice chypriote, des mois après la mort de son fils de deux ans. Un drame d’autant plus glaçant qu’il n’est pas isolé dans cet établissement cinq étoiles.
Un balcon, une chute de 10 mètres, un père effondré
Joshua Foster, cadre chez KPMG et originaire de l’Essex, séjournait le 12 juillet dernier au King Evelthon Hotel, près de Paphos, avec sa femme et leurs deux enfants. En attendant l’ascenseur, il aurait installé son fils sur le rebord d’une fenêtre du quatrième étage, pensant celle-ci fermée. L’enfant est tombé en arrière, une chute d’environ dix mètres.
Le petit garçon a été déclaré mort à son arrivée à l’hôpital général de Paphos. Selon le Daily Mail, Joshua Foster a été arrêté quelques heures après le drame, soupçonné d’avoir commis « un acte imprudent, dangereux ou téméraire » ayant causé la mort. Il a passé huit jours en détention avant même d’être formellement inculpé, un délai que la presse locale a qualifié de particulièrement dur.
Depuis leur cellule ou leur domicile en Angleterre, ces situations rappellent d’autres histoires familiales bouleversées du jour au lendemain, comme ce récit d’une veuve confrontée à l’imprévu. Un rapport toxicologique a révélé une très faible quantité d’alcool dans le sang du père, équivalente à un ou deux verres. Sa fille de cinq ans a appris la mort de son frère par appel vidéo, pendant que son père restait derrière les barreaux.
Un plaidoyer de culpabilité pour tourner la page
Après plusieurs mois de procédure, Joshua Foster a comparu ce 22 septembre devant le tribunal de district de Paphos. Il encourt désormais une peine maximale de quatre ans de prison, le minimum prévu étant une simple amende. S’il obtient une peine inférieure à trois ans, il pourrait la purger sous forme de sursis au Royaume-Uni.
Son avocat, Alexandros Alexandrou, avait pourtant demandé l’abandon des poursuites pour des raisons humanitaires, estimant qu’aucun intérêt public ne justifiait de prolonger la procédure. Le procureur général chypriote a rejeté cet appel la semaine dernière, le jour même de ce qui aurait dû être le troisième anniversaire du garçon.
Face à ce refus, Joshua Foster a choisi de plaider coupable pour, selon son avocat, « mettre fin à cette histoire » et retrouver au plus vite sa femme et sa fille. Un procès aurait duré plusieurs jours et impliqué des preuves visuelles jugées trop éprouvantes pour la famille.
Ce type de dilemme rappelle d’autres rebondissements liés à des voyages qui tournent mal. Des proches redoutaient aussi les conséquences professionnelles d’une procédure trop longue pour ce père de famille, employé chez KPMG depuis 2015 et fondateur d’une application de tennis, Sportch, utilisée par 7 000 joueurs.

Le troisième drame en quatre ans dans cet hôtel
Ce que révèlent les enquêtes sur la sécurité des jeunes enfants trouve un écho glaçant dans cette affaire. Le petit garçon est en effet le troisième touriste britannique à mourir au King Evelthon Hotel en seulement quatre ans.
En 2022, Ben Woods, 21 ans, s’était noyé en jouant au volley dans la piscine de l’établissement. Un an plus tard, Ruaridh Nairne, six ans, s’y noyait à son tour. Une femme y serait également décédée en 2024, selon le Daily Mail.
Le journal britannique a constaté sur place que la grande fenêtre du quatrième étage restait ouverte lors de sa visite. Au Royaume-Uni, les normes imposent une ouverture maximale de 10 centimètres pour les fenêtres accessibles aux enfants.
À Chypre, la seule obligation est un appui de fenêtre d’au moins 1,05 mètre de haut, une norme que respecte le King Evelthon Hotel. Un vide réglementaire qui interroge, comme ces autres histoires où l’on croit tout maîtriser avant qu’un détail ne fasse tout basculer.
L’hôtel, propriété d’une famille chypriote influente, n’a fait l’objet d’aucune poursuite malgré ce triste bilan. Toutes les investigations se sont concentrées sur le père, alors même que la structure elle-même échappe à tout examen. Joshua Foster a dû verser 30 000 € de caution et rester sur l’île, une interdiction levée temporairement début août pour lui permettre d’enterrer son fils.
Sa peine sera fixée le 5 octobre devant le tribunal de district de Paphos. Un procès qui, quel qu’en soit l’issue, ne changera rien à ce vide réglementaire chypriote resté intact après trois morts.
Trois vies fauchées en quatre ans dans le même hôtel, et une fenêtre toujours conforme à la loi locale. La question n’est plus seulement celle de la responsabilité d’un père effondré, mais celle d’un établissement jamais inquiété.