« Je vais te tuer sale pédé » : un policier agressé au sortir d’un bar gay raconte son cauchemar à Paris

Il est 4 heures du matin dans le quartier du Marais, à Paris. Pierre Picavet, policier et représentant des fonctionnaires LGBT+ auprès du ministère de l’Intérieur, sort d’un bar gay avec des amis. Ce qui aurait dû être une fin de soirée tranquille se transforme en agression d’une violence inouïe. Invité de BFMTV pour raconter les faits, il livre un récit glaçant, minute par minute, d’une nuit où il a bien cru mourir.
Une nuit de sortie qui vire au cauchemar dans le Marais
Tout commence comme une plaisanterie de mauvais goût. Pierre Picavet croise un homme qui lui saute dessus, un geste qu’il interprète d’abord comme une blague potache entre inconnus dans la rue. Il l’évite, se retourne, sourit même. La réponse tombe alors, sans ambiguïté : « je vais te tuer sale pédé ».
L’ambiance bascule immédiatement. L’homme, né en 2006, tient à la main une bouteille de whisky vide et avance vers le policier avec l’intention manifeste de le frapper. Ce type d’agression n’est malheureusement pas isolé : d’autres témoignages, comme celui de Kilian, candidat de Qui veut épouser mon fils, décrivent une violence similaire qui menace parfois la vie des victimes.
Pierre Picavet esquive plusieurs coups, recule, tente de désamorcer la situation. Il sort sa carte de police à trois reprises, en répétant « arrête, je suis flic, recule ». L’homme, visiblement alcoolisé, ne l’écoute pas. La tension grimpe, la rue du Marais devient le théâtre d’une agression que rien ne semblait annoncer quelques minutes plus tôt, un peu comme certains lieux emblématiques de Paris ont vu leur atmosphère se transformer au fil des décennies.
Le coup de bouteille et le réflexe qui lui a sauvé la vie
L’agresseur finit par se rapprocher trop près. C’est à cet instant précis qu’il assène à Pierre Picavet un coup de bouteille à la tête, un objet épais et lourd qui ouvre le crâne du policier. Le sang coule abondamment, la vision se brouille, l’homme titube sans comprendre exactement ce qui vient de se produire.
Malgré la confusion, un réflexe le sauve. Alors que son agresseur passe devant lui, Pierre Picavet parvient à l’attraper, mais se retrouve totalement immobilisé par la force de l’homme. Sans autre moyen de défense, il mord violemment la joue gauche de son agresseur. Ce geste désespéré, presque animal, illustre la panique absolue qui saisit une victime livrée à elle-même en pleine rue, une détresse que l’on retrouve dans d’autres affaires de violences soudaines rapportées récemment.
La morsure fonctionne. L’agresseur le repousse violemment, et Pierre Picavet tombe en arrière, se cogne la tête au sol et perd connaissance quelques secondes. Un blackout total, avant un réveil aussi brutal que salvateur.

Le témoin providentiel sans qui tout aurait pu basculer
À son réveil, Pierre Picavet se trouve dans les bras d’un jeune homme inconnu qui le maintient au sol en répétant « bouge pas, bouge pas ». Ce témoin, prénommé Benjamin, a assisté à l’intégralité de la scène, depuis les premiers mots insultants jusqu’au coup de bouteille. Une présence qui change tout le déroulé judiciaire de l’affaire, un peu comme dans certaines affaires où un témoin isolé fait basculer une enquête.
Pierre Picavet insiste lui-même sur ce point capital : sans Benjamin, sa parole de policier aurait pu être mise en doute. Il aurait pu être seul, isolé, sans personne pour confirmer qu’il s’était bien présenté comme fonctionnaire de police, qu’il avait été insulté et frappé sans provocation de sa part. Le témoignage de ce jeune homme corrobore chaque détail, de l’insulte homophobe initiale jusqu’au coup porté à la tête.
L’agresseur, né en 2006, a été rapidement interpellé et placé en garde à vue. Il a ensuite été mis en examen pour violences aggravées et placé sous contrôle judiciaire, une procédure qui rappelle d’autres dossiers récents où la justice a dû trancher rapidement face à des faits d’une brutalité comparable. Pierre Picavet, en tant que représentant des fonctionnaires LGBT+ auprès du ministère de l’Intérieur, porte désormais cette agression comme un symbole supplémentaire d’une violence qui frappe encore, en 2026, en plein cœur de Paris.
Cette nuit dans le Marais laisse une cicatrice, mais aussi une certitude : sans le hasard d’un témoin resté sur place, cette agression aurait pu tourner au silence judiciaire. Combien d’autres victimes, moins chanceuses, n’ont personne pour confirmer leur récit ?