Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Télé-réalité

« Ils menaçaient de me pisser dessus » : Kilian (Qui veut épouser mon fils) raconte l’agression qui a failli lui coûter la vie

Publié par Elsa Fanjul le 10 Mai 2026 à 10:45

Quelques semaines après la fin de la cinquième saison de Qui veut épouser mon fils ? sur M6, Kilian Froehly a brisé le silence sur l’une des nuits les plus terrifiantes de sa vie. Passé à tabac en plein Paris par quatre individus, le jeune homme a livré un récit détaillé de son agression dans le podcast La Base de Sasha Elbaz. Un témoignage cru, sans filtre, qui met des mots sur une violence que trop de victimes préfèrent encore taire.

Une soirée entre amis qui bascule à une heure du matin

Rue parisienne déserte la nuit, évoquant le contexte de l'agression de Kilian

La nuit du 2 au 3 mai, Kilian rentre tranquillement chez lui après une soirée entre amis. Il est environ une heure du matin. La rue est calme, Paris dort à moitié. Rien ne laisse présager ce qui va suivre.

C’est sur son compte Instagram que le candidat de télé-réalité a d’abord raconté les faits. Une voiture s’arrête à sa hauteur. Les occupants l’interpellent violemment et exigent qu’il leur remette son téléphone. Kilian refuse. La situation dégénère en quelques secondes.

Quatre individus descendent du véhicule. Le jeune homme, connu des téléspectateurs pour sa sincérité et son ouverture d’esprit dans l’émission, se retrouve seul face à ses agresseurs. Ce qui avait commencé comme un vol tourne rapidement à l’acharnement pur. Et le caractère homophobe de l’attaque ne fait aucun doute, comme il l’a précisé dans ses prises de parole. Ce type de violence homophobe est loin d’être un cas isolé en France.

Mais ce que Kilian a décrit ensuite, dans le détail, dépasse le simple vol à l’arraché. Ce qu’il a subi relève de l’humiliation délibérée.

« Je me suis dit : là, je vais y passer »

Invité quelques jours après les faits dans le podcast La Base, animé par Sasha Elbaz, Kilian est revenu avec une émotion palpable sur cette nuit de cauchemar. Ses mots sont précis. Cliniques, presque. Comme s’il cherchait à garder le contrôle sur un récit qui lui a échappé physiquement.

Microphone de podcast dans un studio d'enregistrement, là où Kilian a témoigné

« Ils sont descendus à 4 de la voiture, ils sont arrivés derrière moi. Ils m’ont fait une balayette. Il y avait quelqu’un qui me mettait des coups de pieds au visage, quelqu’un d’autre qui me crachait dessus… Ils menaçaient de me pisser dessus… Je pense que ça, c’est encore plus humiliant que tout. »

Ce passage du témoignage a particulièrement marqué les auditeurs du podcast. La violence physique est une chose. L’acharnement visant à déshumaniser la victime en est une autre. Kilian ne parle pas seulement de coups. Il parle d’une volonté délibérée de le briser, de le réduire à rien. Le premier récit qu’il avait partagé sur les réseaux avait déjà choqué, mais les détails livrés dans La Base ajoutent une couche de brutalité difficile à entendre.

Au sol, recroquevillé sous les coups, le jeune homme raconte avoir eu une pensée terrifiante : « Je ne savais pas quand ils allaient arrêter. J’avais l’impression qu’ils voulaient en découdre. Du coup, je me suis dit : là, je vais y passer. » Quand on pense mourir sous les coups de quatre inconnus en pleine rue, à une heure du matin, dans une capitale européenne, quelque chose se casse à l’intérieur. Et pas forcément un os.

Le visage marqué, mais c’est la tête qui souffre le plus

Aujourd’hui, Kilian affirme aller « un peu mieux ». Le conditionnel serait plus approprié. Le jeune homme explique que son visage porte encore les stigmates des coups reçus. Des traces visibles, impossibles à cacher, qui lui rappellent chaque matin ce qu’il a traversé.

Mais ce n’est pas le pire, selon lui. « Même sans parler de décès, ça aurait pu mal finir. J’aurais pu avoir des choses cassées ou des séquelles beaucoup plus graves. » Ce qu’il décrit ensuite, c’est le traumatisme invisible : la peur, le choc post-agression, le sentiment permanent d’insécurité. D’autres agressions motivées par la haine ont fait l’actualité ces dernières années à Paris, rappelant que ces violences s’inscrivent dans un schéma plus large.

Ce que vivent les victimes d’agressions homophobes après les faits est souvent sous-estimé. Le corps cicatrise. La confiance, beaucoup moins vite. Kilian évoque cette hypervigilance permanente dans la rue, ce réflexe de se retourner au moindre bruit, cette incapacité à marcher seul la nuit sans que le cœur s’emballe. Un quotidien amputé de sa légèreté.

Le candidat de M6 rejoint ainsi la longue liste de personnalités publiques qui ont osé témoigner. Et si sa notoriété lui donne une plateforme, il sait que des milliers de victimes anonymes n’ont pas cette chance. En 2023, SOS Homophobie rapportait une hausse de 13 % des témoignages d’agressions physiques par rapport à l’année précédente. Gabriel Attal avait lui-même dénoncé des messages haineux reçus sur les réseaux sociaux.

Un témoignage qui dépasse la télé-réalité

Kilian Froehly était connu pour avoir participé à Qui veut épouser mon fils ?, une émission de divertissement. Léger. Sympathique. Le genre de programme qu’on regarde en famille un mardi soir. Personne ne s’attendait à ce que ce garçon attachant devienne le visage d’une réalité bien plus sombre.

Pourtant, c’est précisément parce que les téléspectateurs l’avaient « adopté » pendant l’émission que son témoignage résonne aussi fort. On ne parle plus d’une statistique dans un rapport. On parle de quelqu’un qu’on a vu rire, douter, chercher l’amour devant des caméras. Quelqu’un de concret. Et cette proximité change tout dans la réception du message. D’autres candidats de télé-réalité ont connu des situations dramatiques, comme ce candidat de Love Is Blind condamné pour tentative de meurtre.

En choisissant de témoigner d’abord sur Instagram, puis dans un podcast, Kilian a pris un risque. Celui de se mettre à nu une deuxième fois. Celui de s’exposer aux commentaires, aux questions indiscrètes, peut-être même aux remarques de ceux qui minimisent encore ce type de violences. La publication de propos homophobes dans l’espace public montre que le chemin reste long.

Ce que cette nuit de mai dit de la France en 2025

On pourrait se contenter de résumer cette histoire en une phrase : un jeune homme se fait tabasser à Paris parce qu’il est gay. Point. Fait divers. Page suivante.

Mais Kilian refuse cette lecture réductrice. Et il a raison. Ce qui s’est passé dans cette rue parisienne, dans la nuit du 2 au 3 mai, ce n’est pas un simple vol qui a mal tourné. C’est quatre personnes qui descendent d’une voiture, qui frappent un homme au sol, qui lui crachent dessus, qui menacent de le souiller. C’est un acte délibéré de déshumanisation. Une scène qu’on associerait plus volontiers à un film qu’à une nuit ordinaire dans la capitale française.

Le témoignage de Kilian dans La Base n’est pas qu’un récit personnel. C’est un miroir tendu à une société qui se croit tolérante parce qu’elle vote les bonnes lois, mais qui laisse encore des gamins se faire rouer de coups en pleine rue pour ce qu’ils sont. Certaines victimes ne s’en remettent jamais. Kilian, lui, a choisi de parler. Pour lui. Et pour tous ceux qui n’ont pas de micro devant eux.

Son témoignage complet est disponible dans le podcast La Base de Sasha Elbaz. À écouter. Et à partager.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *