« Ma hanche flottait » : coincée dans un portique du RER C, Christelle, 50 ans, ressort avec une prothèse à vie

On a tous eu ce frisson en passant un portique de métro. Ce moment où les portes claquent un peu trop vite, un peu trop fort. Pour Christelle, quinquagénaire francilienne, ce cauchemar banal est devenu un drame réel. Le 22 avril 2026, à la station Boulainvilliers sur le RER C, un portique défectueux lui a brisé la hanche. Aujourd’hui, elle porte une prothèse. Et la SNCF reste silencieuse.
Un matin ordinaire sur le RER C qui bascule en quelques secondes
Ce matin-là, Christelle descend à Boulainvilliers pour aller travailler. Chargée de gros cabas, elle emprunte le passage dédié aux personnes à mobilité réduite. Les portiques sont déjà ouverts, mais par précaution, elle passe son Navigo avant de s’engager.
Et là, ce que redoutent des millions de voyageurs franciliens se produit : les portes se referment sur elle. Christelle se débat, tente de se libérer. Mais au moment où elle y parvient, les battants se rouvrent violemment et la projettent en avant.
La chute est brutale. Elle s’écrase sur le côté gauche. « J’ai eu très très mal », confie-t-elle. Sa hanche vient d’éclater sous le choc. Deux passants finissent par s’arrêter pour l’aider, mais elle ne peut même plus poser le pied gauche au sol. « Je sentais ma hanche qui flottait », décrit-elle. Les pompiers sont appelés. Direction l’hôpital, dans un état que personne n’aurait anticipé pour un simple trajet domicile-travail.
Prothèse de hanche à 50 ans : le verdict qui change tout
À l’hôpital, Christelle espère encore s’en tirer avec un plâtre ou une rééducation. Mais les médecins sont formels : l’os est trop fracturé pour être réparé. Le risque de nécrose est réel. Une prothèse de hanche s’impose.
Pour une femme d’à peine 50 ans, responsable en magasin, le coup est terrible. « Loin de moi l’idée de me dire que j’allais avoir une prothèse de hanche », soupire-t-elle. Mais le pire, c’est la suite : une prothèse, ça se remplace tous les vingt ou trente ans. Christelle devra donc repasser sur le billard. Et il n’est pas exclu que des complications apparaissent du côté droit, y compris dans plusieurs années.
Sa fille Céliane a relayé l’histoire sur X. Le post a dépassé les 250 000 vues et déclenché une avalanche de témoignages similaires. « J’ai été écrasé une fois comme ça, guillotiné violemment par un portique », écrit un certain Fabrice. Un autre usager raconte des douleurs à l’épaule et au bras pendant un mois après un incident identique. Ce n’est visiblement pas un cas isolé.

La SNCF « regrette » mais ne répond pas : le bras de fer judiciaire commence
Dès les premiers jours après l’accident, Christelle et sa fille ont tenté d’obtenir des réponses. Elles ont demandé la conservation des vidéos de surveillance et signalé le portique défectueux. Mais aucune signalisation n’a été installée sur l’appareil en question.
« On a demandé le rapport d’accident, qu’on n’a pas eu. J’ai envoyé trois courriers en accusé de réception à l’agence juridique de la SNCF », détaille Céliane, qui ne décolère pas. « Ma mère était parfaitement valide. À cause d’un appareil défectueux, elle va être handicapée à vie. »
Christelle a déposé plainte contre la SNCF le 28 avril 2026. De son côté, la compagnie ferroviaire se contente d’indiquer qu’elle « regrette les faits relatés » et assure que le dossier est « pris en charge ». Une réponse qui sonne creux pour la principale intéressée. « La SNCF n’assume pas.
Je suis un exemple parmi tant d’autres et il ne faut pas que ça reste impuni », martèle-t-elle. Les témoignages qui affluent sur les réseaux sociaux lui donnent tristement raison.
Un portique, quelques secondes, une vie entière basculée. Christelle n’est malheureusement pas la seule à avoir vécu ce genre de mésaventure dans les transports en commun. Combien faudra-t-il de hanches fracturées, d’épaules broyées et de témoignages ignorés avant qu’un vrai audit de ces portiques soit lancé ?