Viol et meurtre de Loana, 10 ans : ce que l’accusé a reconnu, et ce qu’il continue de nier au procès

Deux ans après la mort de Loana, dix ans, retrouvée sans vie dans la cave d’un immeuble de Sedan, son procès s’ouvre enfin devant la cour d’assises des Ardennes. L’affaire avait bouleversé la ville en 2023. Ce lundi, l’accusé va devoir répondre de ses actes, alors qu’une partie du dossier reste encore contestée par sa propre défense.
Une disparition qui a viré au cauchemar en 24 heures
Tout commence par une disparition. En quelques heures, la petite Loana devient introuvable dans le centre-ville de Sedan. Vingt-quatre heures plus tard, son corps est découvert dans la cave d’un petit immeuble abritant un bar désaffecté et un logement à l’étage.
L’affaire rappelle d’autres drames récents qui ont marqué la France, comme l’affaire Émile, où l’attente de la vérité a été tout aussi longue et douloureuse pour les familles. À Sedan, l’enquête va, elle, aller très vite.
Jean-Baptiste M., la cinquantaine, habitant du logement au-dessus de la cave, est interpellé, mis en examen puis placé en détention provisoire. Alcoolique, sans emploi, divorcé et père de six enfants, il connaissait la famille de la fillette, elle-même confrontée à une certaine précarité selon le procureur de Reims de l’époque, François Schneider.
Ce qu’il a reconnu, et ce qu’il continue de nier
Devant les enquêteurs, l’homme a fini par admettre avoir violé la fillette. Un aveu glaçant, mais qui s’arrête là : il conteste toujours l’avoir tuée.
Sa version ? Loana aurait fait une chute accidentelle et mortelle dans l’escalier de l’immeuble. Une explication que l’autopsie contredit frontalement, selon les mêmes autorités judiciaires.
Les résultats médico-légaux révèlent que la fillette a été frappée à de nombreuses reprises au visage, et que ces coups sont à l’origine de son décès. Le procureur avait alors évoqué des circonstances « insupportables ». Du sang a été retrouvé dans le bar, dans la cave, mais aussi dans l’appartement, jusque sur les draps du lit.
Un décalage entre les faits établis et la version de l’accusé qui pourrait peser lourdement lors des débats, à l’image d’autres affaires où la vérité met du temps à émerger. L’homme n’était pourtant jamais apparu dans un dossier de violences ou de violences sexuelles auparavant : seulement des infractions routières et une affaire de vol en réunion.

Trois jours d’audience et une famille qui attend un mot
Le procès doit se dérouler jusqu’à mercredi devant le tribunal de Charleville-Mézières. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté pouvant aller jusqu’à 30 ans.
Pour la famille, ces trois jours seront une épreuve redoutée depuis longtemps. Peggy Creton, la tante de Loana, a confié au journal régional L’Union : « Ça fait deux semaines que je pleure tous les jours ».
Elle redoute des moments insoutenables à l’audience. Mais elle espère surtout une chose : que l’accusé prenne la parole, « assume sa responsabilité » et « reconnaisse verbalement les faits ».
Un mot d’aveu complet qui, s’il venait à être prononcé, pourrait changer la manière dont cette famille traversera la suite du procès. Les débats permettront aussi d’éclairer les zones d’ombre qui subsistent, notamment sur le déroulé exact des faits dans cette cave de Sedan.
Reste à savoir si l’accusé maintiendra sa version face aux éléments de l’autopsie, ou s’il finira par céder à la pression des débats. Le verdict, attendu mercredi, dira si la justice tranche définitivement cette zone d’ombre qui hante encore la famille de Loana.