Le Cannet : un policier à moto percuté par une conductrice en fuite, ses collègues ouvrent le feu

Un contrôle de routine qui tourne presque au drame. Samedi 27 juin vers 19h, sur le boulevard Sadi-Carnot au Cannet, près de Cannes, des policiers de la BAC ont tenté d’intercepter un véhicule suspect.
Ce qui s’annonçait comme une vérification classique s’est transformé en quelques secondes en course-poursuite violente. Une scène filmée, aux images jugées glaçantes par ceux qui les ont visionnées.
Une transaction suspecte à l’origine du contrôle
Selon les premiers éléments de l’enquête, les fonctionnaires de la BAC de Cannes avaient repéré une scène qui ressemblait à une transaction de stupéfiants. C’est ce qui a motivé leur intervention sur le boulevard Sadi-Carnot.
La conductrice, une femme d’une trentaine d’années, aurait refusé de se soumettre au contrôle. Ce type de refus d’obtempérer n’est malheureusement pas isolé, mais celui-ci a pris une tournure particulièrement dangereuse.
Face aux policiers, elle aurait alors effectué une manœuvre brutale pour échapper au contrôle. Une décision qui allait mettre en danger la vie de plusieurs fonctionnaires présents sur place.
Le moment où tout bascule

Dans sa fuite précipitée, la conductrice a percuté de plein fouet un policier à moto. L’homme a été projeté au sol sous le choc, dans une scène similaire à d’autres policiers à moto percutés lors de refus d’obtempérer ces derniers mois.
Un second fonctionnaire aurait également été touché : le véhicule lui serait passé sur le pied lors de la manœuvre. Deux policiers blessés en quelques secondes, pour un simple contrôle qui a mal tourné.

Face à ce déchaînement de violence, un troisième policier a pris la décision d’ouvrir le feu. Il a tiré à deux reprises en direction du véhicule qui tentait de s’échapper.
Ces situations où des policiers ouvrent le feu après un refus d’obtempérer restent rares, mais elles se multiplient ces dernières années sur fond de tension entre forces de l’ordre et automobilistes récalcitrants.
Une fuite qui s’achève à l’hôpital
Touchée à la jambe par l’un des tirs, la conductrice a pourtant réussi à prendre la fuite avec son véhicule. Elle n’est pas allée bien loin.
Elle aurait abandonné sa voiture peu après, avant de se rendre elle-même à l’hôpital de Grasse pour recevoir des soins. C’est précisément là que les forces de l’ordre l’ont interpellée, quelques heures seulement après les faits.
Les deux policiers blessés lors de l’incident ont été pris en charge par les secours. Leurs jours ne sont heureusement pas en danger, malgré la violence du choc et la blessure au pied.
Une enquête à double détente

Le parquet de Grasse a ouvert une enquête pour tentative d’homicide volontaire sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Une qualification lourde qui reflète la gravité des faits reprochés à la conductrice.
Mais une seconde enquête doit également s’intéresser aux conditions dans lesquelles les tirs policiers ont été effectués. Une procédure classique dès lors qu’un fonctionnaire fait usage de son arme, comme dans d’autres affaires où la justice examine l’usage de la force par les policiers.
La suspecte serait par ailleurs déjà connue des services de justice, notamment pour des faits liés au trafic de stupéfiants. Un profil qui pourrait expliquer sa réaction de fuite immédiate face au contrôle.
Un phénomène qui inquiète les forces de l’ordre
Cet incident au Cannet n’est pas un cas isolé. Les refus d’obtempérer avec des policiers percutés se multiplient sur le territoire français, alimentant un débat récurrent sur la sécurité des forces de l’ordre lors des contrôles routiers.
Certains y voient une conséquence directe de la pression exercée sur les automobilistes, d’autres pointent la multiplication des trafics et la volonté d’échapper coûte que coûte à un contrôle. Le recours aux tirs policiers lors de ces refus continue lui aussi de diviser l’opinion publique.
Pour la BAC de Cannes, l’affaire aurait pu tourner bien plus mal. Deux collègues blessés, mais en vie : un soulagement partagé par toute l’unité après cette intervention qui a viré au cauchemar en quelques secondes.