« Ne vous approchez pas » : cet homme jugé « très dangereux » a disparu à la frontière française

Une permission accordée en toute légalité, un centre psychiatrique, et puis plus rien. C’est le scénario glaçant qui se joue actuellement entre la France et la Belgique, où les recherches battent leur plein. La police évoque un homme « très dangereux », et son signalement pourrait bien concerner des habitants côté français.
Une permission qui vire au cauchemar sécuritaire
Tout commence vendredi, dans l’enceinte du centre psychiatrique Les Marronniers, à Tournai. Smail Ouennas, 39 ans, y était interné depuis 2019 après une tentative de meurtre. Comme le prévoit le cadre légal de ce type d’établissement, il avait obtenu une autorisation de sortie temporaire.
Sauf qu’il n’est jamais rentré. Ni le soir même, ni le lendemain. Ce genre de disparition, aussi rare qu’inquiétante, a immédiatement déclenché un signalement auprès du parquet de Bruxelles. Un dispositif qui rappelle d’autres situations où l’inaction ou la lenteur des institutions a fini par coûter cher, comme lors de certains épisodes récents où l’urgence a pris tout le monde de court.
La proximité géographique de Tournai avec la frontière française change la donne. À peine quelques kilomètres séparent la ville belge du territoire français, ce qui explique pourquoi la vigilance s’étend désormais des deux côtés de la frontière. Les habitants des zones frontalières sont directement concernés par cette traque, un peu comme lorsque des affaires judiciaires transfrontalières mobilisent plusieurs juridictions à la fois.
Un profil jugé dangereux par les autorités elles-mêmes
La police fédérale belge n’a pas mâché ses mots. Dans son appel à témoins, elle décrit un homme qui « représente un danger pour l’intégrité physique des tiers ». Une formulation rarement utilisée à la légère dans ce type de communiqué officiel.
Smail Ouennas mesure environ 1,73 mètre, il est de corpulence normale, a les cheveux et les yeux bruns. Un signalement précis, diffusé largement pour maximiser les chances de le localiser rapidement, avant qu’une situation à risque ne survienne.
Son passé judiciaire pèse lourd dans la balance : une tentative de meurtre en 2019, suivie d’un internement psychiatrique plutôt que d’une incarcération classique. Ce type de mesure, encadré par la loi, vise à soigner plutôt qu’à punir, mais elle suppose un suivi strict des sorties autorisées.
Un suivi qui, dans ce cas précis, semble avoir échoué. Des situations similaires ont déjà nourri le débat public, un peu comme certaines réformes contestées qui questionnent la responsabilité des institutions face à leurs décisions.
Les autorités insistent : la population ne doit en aucun cas tenter d’intervenir elle-même. Ce type de consigne, systématique dans les recherches de personnes jugées dangereuses, vise à éviter tout drame supplémentaire.

Ne surtout pas s’approcher : la consigne qui prime sur tout
Le message diffusé par la police fédérale belge est sans ambiguïté : « Si vous le voyez, ne vous approchez pas ». Une phrase martelée volontairement, pour couper court à toute tentation d’héroïsme individuel qui pourrait mal tourner.
Toute personne apercevant un individu correspondant au signalement de Smail Ouennas est invitée à contacter immédiatement les forces de l’ordre, sans chercher à l’aborder ni à l’interpeller. La consigne vaut aussi bien côté belge que côté français, tant la frontière entre les deux pays reste poreuse dans cette zone.
L’enquête reste en cours et aucune interpellation n’a été annoncée à l’heure actuelle. La mobilisation policière, elle, ne faiblit pas : chaque signalement compte, chaque heure sans résultat renforce l’inquiétude autour de cette disparition. Un climat tendu qui n’est pas sans rappeler d’autres alertes récentes, comme celles liées à certains comportements à risque qui mobilisent régulièrement les autorités.
Pour l’instant, aucune trace tangible de l’homme recherché n’a été rendue publique. Les riverains de la région, des deux côtés de la frontière, restent sur le qui-vive.
Une permission de sortie transformée en cavale, une frontière à surveiller, et une consigne simple mais vitale : ne jamais s’approcher. L’affaire illustre à quel point la frontière entre soin psychiatrique et sécurité publique peut parfois vaciller. Avez-vous déjà été témoin d’une situation similaire près de chez vous ?