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Une présentatrice de télévision égyptienne et 11 autres personnes condamnées à mort pour trafic de drogue en Égypte

Publié par Cassandre le 06 Sep 2026 à 15:56

Elle animait une émission suivie par des millions d’Égyptiens, consacrée aux affaires criminelles. Aujourd’hui, c’est elle qui se retrouve au cœur d’un dossier judiciaire d’une gravité extrême. La sentence est tombée samedi, et elle est sans appel possible dans l’immédiat : la mort par pendaison.

Une star de la télévision égyptienne rattrapée par la justice

Sarah Khalifa, 39 ans, n’est pas une inconnue en Égypte. Productrice et animatrice de l’émission Mission difficile sur la chaîne privée al-Mehwar, elle traitait justement de sujets liés à la sécurité et à la criminalité. Elle cumule aussi plus de deux millions d’abonnés sur Instagram et a présenté plusieurs formats sur des plateformes en ligne.

Un profil public qui contraste violemment avec l’affaire qui l’a rattrapée. Les poursuites contre elle ont débuté l’année dernière et visaient au départ 28 personnes, dont son propre frère. Un contexte qui rappelle que même les figures les plus médiatiques ne sont pas à l’abri d’un scandale d’ampleur, à l’image d’autres affaires qui ont récemment secoué le monde du fait divers en France ou ailleurs.

Le tribunal pénal du Caire a rendu son verdict après avoir transmis, comme le veut la procédure, le dossier au grand mufti pour recueillir son avis religieux. Une étape obligatoire avant toute condamnation à la peine capitale. Les 12 condamnés, dont Sarah Khalifa, peuvent encore faire appel de cette décision, selon le journal al-Ahram. Une affaire qui illustre aussi les tensions géopolitiques et judiciaires qui traversent la région.

750 kilos de drogue et deux laboratoires clandestins

Le motif de la condamnation est précis : fabrication et trafic de stupéfiants à grande échelle. Selon al-Ahram, le tribunal a jugé que Sarah Khalifa et onze autres accusés avaient formé une organisation criminelle spécialisée dans l’importation de substances destinées à la fabrication de drogues, en vue de leur revente.

Les chiffres donnent le vertige. Les autorités égyptiennes ont saisi plus de 750 kilos de drogues et de matières premières, ainsi que du matériel et des machines dans deux appartements transformés en véritables laboratoires clandestins. Un dispositif qui ressemble à ceux démantelés dans d’autres affaires internationales de trafic organisé.

Les condamnés ont également écopé de charges supplémentaires pour possession illégale d’armes à feu et de munitions, selon plusieurs médias gouvernementaux dont Akhbar al-Youm. Un tableau qui dessine les contours d’un réseau structuré, loin de l’image d’animatrice télé que le grand public connaissait de Sarah Khalifa.

Plateau télévision vide sous éclairage dramatique

Une deuxième affaire et un pays qui multiplie les condamnations à mort

Ce n’est pas la première fois que le nom de Sarah Khalifa apparaît dans un dossier judiciaire lourd. La présentatrice a également été condamnée à cinq ans de prison dans une affaire distincte, liée à la séquestration et à l’agression d’un jeune homme. Deux procédures, deux verdicts sévères, la même personne.

L’Égypte applique la peine de mort pour un éventail de crimes précis : meurtre avec préméditation, terrorisme, certains cas de viol, et donc le trafic de drogue. Ce n’est pas un cas isolé dans le pays. Selon la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, une ONG locale, pas moins de 541 condamnations à mort ont été prononcées en Égypte au cours de la seule année 2025.

Un chiffre qui interroge sur l’ampleur de cette pratique judiciaire dans le pays, bien au-delà du seul cas médiatisé de la présentatrice. L’affaire continue son cours avec la possibilité d’un appel, une procédure qui pourrait s’étirer sur plusieurs mois, voire plusieurs années, avant qu’un verdict définitif ne soit rendu.

Du plateau télé au couloir de la mort : le contraste est saisissant, et l’affaire est loin d’être terminée tant que l’appel n’a pas tranché. Une histoire qui rappelle, une fois de plus, que la célébrité ne protège de rien face à la justice.

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