Un fusil caché dans un étui de guitare : le principal et un prof blessés dans un collège près de Marseille

Un lundi comme un autre dans un collège près de Marseille, jusqu’aux détonations. Un collégien aurait ouvert le feu avec un fusil dissimulé dans un étui de guitare, blessant le principal et un professeur. Ce qui l’a stoppé dans l’escalier ? Un membre du personnel, dont le parquet salue le courage, et son geste en dit long sur cette journée.
Un étui de guitare, un fusil calibre 12 et un établissement sous le choc
Lundi, dans un collège situé à l’est de Marseille, la routine scolaire s’est brisée en quelques secondes. Selon le parquet de Marseille, un collégien serait entré dans l’établissement avec un fusil calibre 12 caché dans un étui de guitare. Un objet banal pour un adolescent, un camouflage redoutable.
Le procureur Nicolas Bessone a détaillé les faits dans un communiqué. Le garçon aurait tiré une ou deux fois au premier étage, touchant le principal et un enseignant aux jambes. Tous deux ont été atteints par des plombs, ceux que l’on trouve dans les cartouches de calibre 12, d’après la procureure adjointe Audrey Jouaneton et la police.
Dans ce drame, une bonne nouvelle : leurs blessures ne mettent pas leur vie en danger. Les deux adultes ont été transportés à l’hôpital. Mais le plus troublant ne se situe pas là.
En France, les violences armées commises par des élèves dans les établissements scolaires restent rares. On est très loin des bagarres de cour de récréation ou des altercations du quotidien. D’où la sidération qui a saisi toute la communauté éducative.
Le pays a déjà connu des scènes de panique aux abords des écoles, comme cette fusillade près d’une école de l’Oise à l’heure de la sortie, mais l’intérieur même d’un collège, couloirs et salles de classe, est un autre niveau d’angoisse. Et le garçon n’en avait pas fini avec le bâtiment.
Deux étages, plusieurs coups de feu et un adulte posté dans l’escalier
Après le premier étage, l’adolescent ne serait pas reparti. Toujours selon le parquet, il aurait déambulé sur deux niveaux du collège, arme en main. Chaque minute comptait, pour les élèves comme pour les adultes enfermés dans leurs salles.
Au second étage, il aurait de nouveau fait feu, à deux reprises. Le premier tir a visé le sol, devant un professeur. Le second a été tiré à l’intérieur d’une salle de classe, où il a frappé le tableau.
Personne n’a été touché à cet étage, ni parmi les enseignants ni parmi les élèves installés dans la classe. Ils ont pourtant été « très choqués », a souligné Nicolas Bessone. Un soutien psychologique a été proposé aux élèves.
Ce scénario évoque, à des milliers de kilomètres, la fusillade devant un lycée en Turquie, qui avait fait huit blessés. Ici, le bilan est resté limité. Et la raison tient à un geste que personne n’avait prévu ce matin-là.
Qui a mis fin à la progression du garçon ? Ni un policier, ni un dispositif d’intervention. Selon le parquet, c’est un membre du personnel du collège qui l’a intercepté dans une cage d’escalier et l’a désarmé.
Les forces de l’ordre sont ensuite intervenues et ont interpellé le suspect. L’adulte, lui, a changé le cours de cette matinée. Reste à comprendre ce que les enquêteurs pensent de ce passage à l’acte.

L’« extrême courage » d’un adulte et la question que les enquêteurs n’ont pas tranchée
La violence à l’école revient d’ailleurs régulièrement dans l’actualité : l’agression d’une enseignante par un enfant de 8 ans en Essonne avait déjà provoqué une grève. Cette fois, c’est un autre visage de l’institution qui s’impose, celui d’un salarié du collège qui n’a pas reculé.
Le geste a été salué par Audrey Jouaneton, qui a parlé d’« extrême courage ». Le membre du personnel a empêché que la situation ne s’aggrave, après plusieurs tirs répartis sur deux étages. C’est lui, le véritable tournant de cette journée.
Sur le mobile, les magistrats restent prudents. La procureure adjointe a reconnu que les éléments précis manquaient pour affirmer que le garçon visait l’équipe pédagogique, le principal et le professeur, même si tous deux ont bien été touchés par les tirs. L’enquête devra établir ce qui s’est réellement passé.
Autre piste écartée, du moins pour l’instant : aucune information ne laisse penser, à ce stade, que les faits soient liés au mouvement de lycéens qui réclament de meilleurs moyens pour les écoles et secoue la France depuis plusieurs semaines. Le collège n’était d’ailleurs pas touché par ces mobilisations lundi, selon la police.
Le suspect, mineur, n’a pas été identifié publiquement et reste présumé innocent tant que la procédure n’a pas abouti. Aucune version de sa part ne figure dans les éléments communiqués. Et au-delà de l’enquête, une autre bataille s’ouvre : celle des mots et des réponses politiques.
Ce que la réaction du gouvernement dit de la suite
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a réagi sur X. Il a dénoncé un acte « inacceptable » qui illustre, selon lui, la montée d’une violence « débridée » dans la société, contre laquelle chacun doit se mobiliser, « en paroles comme en actes ».
Les faits restent pourtant exceptionnels. En 2017, un lycéen de 16 ans, armé d’un fusil, de pistolets et d’une petite grenade, avait ouvert le feu dans un lycée du sud de la France, blessant trois élèves et le proviseur. Ce précédent sert de repère dans un paysage où les tirs en milieu scolaire se comptent sur les doigts d’une main.
Les attaques à l’arme blanche ne sont pas non plus courantes, mais elles ont marqué l’année dernière. En 2025, un employé de collège dans l’est de la France a été tué à coups de couteau par un élève de 14 ans lors d’un contrôle de sacs.
La même année, un lycéen de 15 ans a poignardé quatre élèves dans l’ouest du pays, tuant l’un d’eux et en blessant trois autres, avant d’être arrêté.
Ces drames s’inscrivent dans une série plus large dans le monde. La fusillade dans un lycée près de Bangkok, avec au moins huit morts, ou encore celle d’un collège catholique aux Philippines, rappellent que le phénomène n’a pas de frontière. La France, elle, observe de près ce qui se joue dans ses couloirs.
Dans l’immédiat, les élèves bénéficient d’un accompagnement psychologique, et l’enquête doit établir comment une arme de ce calibre a pu entrer dans un établissement. Les réponses du parquet seront scrutées, car le fait qu’un adulte ait pu désarmer le garçon ne dispense personne de se demander comment l’étui est passé inaperçu.
Un étui de guitare, un fusil, et un adulte qui n’a pas reculé : voilà ce que cette matinée laissera dans les mémoires. Et si le sujet vous touche en tant que parent, ces chiens qui aident des enfants à retrouver confiance en lisant à voix haute racontent une tout autre facette de l’école. Quant à la rentrée prochaine, ces aides régionales que la majorité des familles laissent filer pourraient bien alléger la facture.