Croissant : pourquoi cette phrase exaspère les boulangers et révèle une erreur que 75 % des Français commettent

Les boulangers sont les commerçants préférés des Français, et pourtant une simple commande au comptoir peut faire grincer des dents. Un artisan de Dreux a pris la parole sur Facebook pour dénoncer une demande récurrente qui trahit, selon lui, une méconnaissance totale du produit phare de la viennoiserie française. Derrière le mot « ordinaire » se cache une réalité que la plupart des clients ignorent complètement — et qui pourrait bien changer votre prochaine visite à la boulangerie.
75 % des Français plébiscitent leur boulanger, mais une question les trahit
La boulangerie artisanale reste le commerce de proximité le plus apprécié de l’Hexagone. Selon une étude réalisée par l’institut Statista pour American Express, 75 % des personnes sondées placent le boulanger-pâtissier en tête de leurs favoris — loin devant le primeur ou le boucher. Mieux encore, 42 % des Français poussent la porte de leur boulangerie au moins tous les deux jours. Le pain, la baguette et les viennoiseries font partie de l’ADN gastronomique tricolore, et même face à la concurrence des grandes surfaces, l’attachement reste solide.
Pourtant, il y a une phrase qui hérisse le poil de nombre d’artisans. Le patron de la boulangerie Wulbrecht, installé à Dreux, a décidé de briser le silence. Sur Facebook, il raconte qu’une demande revient sans cesse au comptoir, toujours formulée de la même manière, et qu’elle trahit à chaque fois la même confusion. Cette phrase, c’est la commande d’un « croissant ordinaire » — prononcée avec la certitude tranquille de faire un choix plus sain.
Beurre contre margarine : la confusion que le croissant « ordinaire » entretient
Quand le boulanger interroge ses clients sur ce qu’ils entendent par « ordinaire », la réponse est invariablement la même : un croissant moins gras. Et c’est exactement là que le malentendu commence. La seule différence entre un croissant au beurre et un croissant dit ordinaire tient à la matière grasse utilisée lors du feuilletage. Le premier est fabriqué avec du beurre — un savoir-faire qui remonte à près de 6 500 ans d’utilisation de la matière grasse du lait de vache. Le second est confectionné avec de la margarine.
Or, ces deux corps gras affichent rigoureusement la même teneur en matière grasse : entre 80 et 84 %. Commander un croissant ordinaire en pensant alléger son petit-déjeuner est donc une illusion totale. Comme le souligne l’artisan, la véritable différence ne se joue pas sur la balance calorique, mais sur la composition et le goût. Si vous aimez les viennoiseries au comptoir du matin, mieux vaut savoir ce que contient réellement votre feuilleté doré — et la suite risque de refroidir les amateurs de margarine.
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Ce que contient vraiment la margarine de votre croissant « ordinaire »
Le pain et les viennoiseries français reposent sur des recettes codifiées, mais la margarine échappe largement à cette transparence. Sa composition varie considérablement selon les fabricants. Les formulations les plus courantes mélangent des huiles végétales — colza, maïs, tournesol, arachide, soja ou palme — auxquelles peuvent s’ajouter, selon le boulanger de Dreux, des huiles de poissons, voire des graisses de mammifères marins comme la baleine ou le cachalot.
À cela s’ajoutent de nombreux additifs qui rendent la liste d’ingrédients particulièrement opaque. Le seul avantage réel de la margarine reste son coût inférieur à celui du beurre. Mais la différence se ressent immédiatement en bouche : un croissant au beurre offre un feuilletage croustillant, un arôme riche et une texture fondante que la margarine ne peut reproduire. Un boulanger artisan qui propose des viennoiseries 100 % beurre fait avant tout le choix de la tradition et des produits nobles — pas celui du compromis.
La prochaine fois que vous entrerez dans une boulangerie artisanale, oubliez le mot « ordinaire ». Si votre artisan travaille au beurre, c’est précisément parce qu’il refuse de transiger sur la qualité. Et si vous tenez vraiment à surveiller votre ligne, la vraie question n’est peut-être pas le type de matière grasse — mais plutôt le nombre de croissants que vous emportez dans le sac.