Camembert, comté, vin : les départements où l’on mange et boit vraiment le mieux en France
Deux classements, deux passions bien françaises, un seul objectif : savoir qui, dans l’Hexagone, mange et boit vraiment le mieux. D’un côté le fromage, avec ses plateaux de comté et ses camemberts coulants. De l’autre le vin, avec ses bouteilles qui dorment en cave ou finissent vite au fond du verre.
On a croisé les deux classements département par département. Et le résultat ne ressemble pas du tout à la carte postale qu’on imaginait.

Le fromage, une religion qui ne connaît pas de frontières régionales

Sans surprise, la France reste championne du monde du fromage au sens large. Nos confrères avaient déjà montré que certaines régions françaises dépassent les 25 kg de fromage par habitant et par an, un chiffre qui donne le vertige face aux voisins européens.
Mais le classement par département révèle des surprises plus fines. Certains territoires qu’on n’attendait pas trustent le haut du tableau, loin devant les bastions traditionnels du fromage comme la Franche-Comté ou la Normandie.
Le classement complet des départements les plus gourmands en camembert, comté et chèvre avait d’ailleurs surpris tout le monde en plaçant en tête un territoire inattendu. Preuve que la fierté fromagère ne se limite pas aux régions productrices.
Alors, qu’est-ce qui explique ces écarts ? La proximité avec les zones de production joue, évidemment. Mais les habitudes familiales, la présence de marchés locaux et même la structure de l’âge de la population comptent tout autant.
Reste une question qui titille : ces amateurs de fromage sont-ils aussi ceux qui lèvent le coude le plus souvent ?
Le vin raconte une tout autre histoire
Côté vin, le classement des départements a livré son verdict il y a peu. Le champion de France dépasse allègrement les 60 litres par habitant et par an, un score qui écrase la moyenne nationale.
Ce qui frappe surtout, c’est que ce classement ne colle pas avec les idées reçues. On imagine souvent le vin comme une affaire de Sud, de vignoble et de terrasse ensoleillée.
Or les données montrent que la consommation se joue ailleurs. Des départements du nord et de l’est, loin des appellations prestigieuses, arrivent parfois en tête du classement.
Un autre classement, celui de la consommation d’alcool en général, avait déjà bousculé les certitudes en révélant que le champion n’était pas breton, contrairement à ce que la légende populaire raconte depuis des décennies.
Et chez les plus jeunes, le vin n’a même plus le monopole : selon un classement récent des boissons alcoolisées préférées des Français, il ne pointe même pas en tête chez les moins de 35 ans.
Le vrai croisement : qui cumule les deux titres ?
C’est là que ça devient intéressant. Quand on superpose les deux cartes, une poignée de départements ressort clairement des deux classements à la fois.
Sans surprise, l’est de la France tire son épingle du jeu. La proximité entre zones viticoles réputées et bassins fromagers historiques crée un terrain idéal pour cumuler les deux titres.
Mais la vraie surprise vient du nord. Un territoire qu’on n’associe jamais spontanément à la gastronomie de terroir se hisse dans le haut des deux tableaux. Ni grand vignoble, ni AOP fromagère emblématique sur place, et pourtant des scores qui rivalisent avec les régions les plus réputées.
Comment expliquer ce paradoxe ? Les habitudes de consommation quotidienne comptent souvent plus que la production locale. On peut très bien vivre loin des vignes et adorer se servir un verre, tout comme on peut vivre loin d’une fromagerie et acheter son camembert au marché chaque semaine.
Le climat pèse aussi dans la balance : dans les régions plus fraîches, le repas convivial autour d’un plateau de fromage et d’une bonne bouteille reste une habitude bien ancrée, presque un rituel contre la grisaille.
Une question de culture plus que de géographie
Ce croisement révèle en réalité une évidence qu’on avait un peu oubliée : la gastronomie française ne se limite pas aux terroirs d’origine des produits.
Elle se transmet en famille, se cultive dans les habitudes du quotidien et traverse les générations, bien plus qu’elle ne dépend d’une carte de production. D’ailleurs, la tradition du fromage servi avant le dessert reste une exception 100% française qu’aucun autre pays ne pratique de la même façon.

Ce même attachement culturel se retrouve dans d’autres classements de consommation, comme celui des départements qui dépensent le plus en produits bio, où l’Île-de-France n’arrive pas non plus en tête contre toute attente.
Alors la prochaine fois que vous croiserez quelqu’un du nord de la France, ne soyez pas surpris s’il vous parle avec passion de son comté préféré tout en débouchant une bonne bouteille. Les chiffres lui donnent clairement raison.
Et vous, votre département fait-il partie des bons élèves sur les deux tableaux ? Une bonne excuse pour ressortir le plateau de fromage ce week-end, non ?