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Apple supprime sans prévenir ce réseau social utilisé par des dizaines de millions de Russes

Publié par Elodie le 27 Juin 2026 à 10:34
Smartphone affichant une application bloquée tenu en main

Depuis 2022, les applications russes disparaissent une à une des boutiques en ligne occidentales. Cette fois, c’est le plus grand réseau social de Russie qui vient d’être effacé de l’App Store, sans le moindre avertissement. La réaction de Moscou ne s’est pas fait attendre, et les conséquences pour des dizaines de millions d’utilisateurs pourraient être bien plus profondes qu’un simple retrait d’application.

VK, le Facebook russe, disparaît de l’App Store du jour au lendemain

Le couperet est tombé sans prévenir. Apple a retiré l’application VK de son App Store, privant d’un coup tous les possesseurs d’iPhone et d’iPad d’accès au téléchargement et aux mises à jour du réseau social. Lancé en 2006 comme alternative russe à Facebook, VK revendique des dizaines de millions d’utilisateurs quotidiens.

Dans un communiqué publié jeudi, VK a dénoncé une décision « inacceptable et sans aucun fondement », en insistant sur l’absence totale d’avertissement préalable. Le groupe précise toutefois que les applications déjà installées sur les appareils Apple continueront de fonctionner, du moins pour l’instant.

Sur Android, rien ne change : les applications VK restent entièrement accessibles via le Play Store. Mais cette asymétrie entre les deux écosystèmes mobiles illustre à quel point la guerre en Ukraine a transformé le paysage numérique mondial. VK insiste par ailleurs n’avoir « jamais été visé par des sanctions » quelconques, ce qui rend la situation d’autant plus trouble.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n’a pas tardé à réagir, qualifiant la décision d’Apple de « pour le moins bizarre ». La Russie entend demander des éclaircissements au groupe californien. Mais personne ne se fait vraiment d’illusions sur la réponse.

Après la messagerie Max, une stratégie de retrait méthodique

Ce n’est pas la première fois qu’Apple coupe les ponts avec l’écosystème numérique russe. Début juin, la firme de Cupertino avait déjà retiré Max, la messagerie lancée par VK en 2025. Cette application, souvent comparée au chinois WeChat, combinait messagerie, réseaux sociaux, accès aux services publics, carte d’identité numérique, services bancaires et paiements.

Les autorités russes la promouvaient activement comme alternative souveraine à Telegram et WhatsApp. Apple avait alors justifié sa décision en invoquant le respect de sanctions, sans jamais préciser lesquelles. Un flou juridique qui soulève des questions sur la transparence des géants technologiques américains.

Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, Apple et Google ont retiré des dizaines d’applications russes de leurs boutiques. La tendance s’accélère nettement. Chaque retrait pousse un peu plus Moscou vers l’autonomie numérique, avec le développement de magasins d’applications alternatifs comme le RuStore.

Cette escalade dessine les contours d’un internet de plus en plus fragmenté. D’un côté, les plateformes occidentales resserrent l’étau. De l’autre, la Russie construit son propre écosystème numérique souverain. Mais à quel prix pour les utilisateurs pris entre deux feux ?

Personne inquiète devant un écran d'ordinateur portable

Des dizaines de millions d’utilisateurs face à un mur numérique

Les tensions géopolitiques dans le cyberespace ne sont plus une abstraction. Pour les millions de Russes équipés d’un iPhone, le retrait de VK signifie concrètement l’impossibilité de télécharger l’application ou de recevoir ses mises à jour de sécurité. À terme, les versions déjà installées deviendront obsolètes et potentiellement vulnérables.

Le basculement vers Android ou vers des appareils chinois pourrait s’accélérer. La Russie y travaille déjà : le RuStore, lancé pour contourner les restrictions occidentales, gagne du terrain mois après mois. Mais il reste loin de la fluidité et de la richesse des catalogues d’Apple et de Google.

L’ironie de la situation n’échappe à personne. VK, qui se targuait de ne faire l’objet d’aucune sanction, se retrouve traité exactement comme s’il en faisait l’objet. Apple, de son côté, refuse de détailler son raisonnement juridique. Ce silence alimente les spéculations à Moscou comme à Washington.

Pour les utilisateurs russes, la question n’est plus de savoir si leur internet se déconnecte du reste du monde. C’est de savoir à quelle vitesse.

En quelques semaines, Apple a effacé l’essentiel de l’écosystème VK de son App Store, sans un mot d’explication. La fracture numérique entre la Russie et l’Occident ne cesse de s’élargir, application après application. Reste une question que personne ne pose à voix haute : quand ce mur numérique deviendra-t-il irréversible ?

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