OnePlus au bord de la disparition aux États-Unis : les signaux se multiplient

Tu utilises un OnePlus depuis des années parce que la marque incarnait le bon rapport qualité-prix face à Samsung ou Apple. Mais depuis quelques semaines, quelque chose cloche sérieusement du côté du constructeur chinois.
D’abord en Europe, où le site officiel de la marque a commencé à faire de la publicité pour sa cousine Oppo. Un signal aussi discret qu’alarmant pour ceux qui suivent la marque de près.
Aujourd’hui, c’est au tour des États-Unis de montrer des symptômes similaires, et cette fois, les preuves sont beaucoup plus concrètes que de simples rumeurs.
Best Buy et la boutique officielle sonnent l’alerte
Le premier indice vient d’une enseigne américaine que tout le monde connaît : Best Buy. Sur sa boutique en ligne, le distributeur affiche désormais le OnePlus 15 comme « définitivement arrêté », littéralement « permanently discontinued » dans la langue de Shakespeare.
Ce n’est jamais bon signe quand un revendeur historique tire un trait pareil sur un flagship sorti récemment. D’autant que la mention ne concerne pas un modèle marginal, mais bien le porte-étendard actuel de la marque.
Deuxième élément troublant : le magasin officiel de OnePlus aux États-Unis a lui aussi resserré son offre. Il ne propose désormais plus qu’une seule variante de chaque smartphone, alors que la marque proposait auparavant plusieurs configurations de stockage et de mémoire vive par modèle. Un choix logique quand on prépare un retrait progressif, beaucoup moins quand on mise sur la croissance.
Ces informations ont été révélées par Android Authority, média spécialisé qui suit de très près les mouvements du groupe BBK Electronics, la maison mère qui chapeaute OnePlus, Oppo, Realme et Vivo. Et ce n’est pas la première fois que ce site pointe du doigt un désengagement de la marque sur un marché occidental, un phénomène qui rappelle d’ailleurs les récents bouleversements chez Apple sur les prix de ses appareils.

ColorOS va tout avaler, OxygenOS en première ligne
Mais le véritable coup de grâce viendrait d’ailleurs : du logiciel. Selon le média indien SmartPrix, une « consolidation logicielle » massive se prépare chez BBK Electronics.
Concrètement, toutes les interfaces maison du groupe fusionneraient définitivement autour d’une seule et même surcouche : ColorOS, celle d’Oppo. OxygenOS, l’interface historique de OnePlus tant appréciée pour sa légèreté, disparaîtrait purement et simplement. Même sort pour Realme UI, la peau maison de la marque Realme.
Ce n’est pas totalement une surprise. Une bonne partie du code des deux interfaces avait déjà fusionné il y a quelques mois, dans une logique de rationalisation industrielle typique des grands groupes technologiques. On a d’ailleurs vu des mouvements comparables ailleurs dans la tech, comme cette vague de standardisation qui touche aussi certains équipements connectés du quotidien.
Mais pour les fans de la marque, voir disparaître OxygenOS revient à perdre l’ADN même de ce qui faisait de OnePlus un « flagship killer » différent des autres. C’était la promesse d’un Android épuré, rapide, sans surcouche indigeste. Cette promesse semble s’éteindre.
Le monde occidental sacrifié, l’Inde épargnée pour l’instant
Un traitement inégal se dessine clairement selon les régions du globe. En Inde et en Chine, OnePlus continue son activité presque normalement. Preuve en est la sortie récente de la OnePlus Pad 4, une tablette lancée uniquement sur le marché indien, nulle part ailleurs.
Ce contraste est révélateur d’une stratégie assumée par BBK Electronics : conserver la marque là où elle génère encore des volumes intéressants, et la laisser s’éteindre doucement là où elle pèse moins face à la concurrence locale, notamment aux États-Unis où Samsung et Apple dominent largement le marché.
Pour les consommateurs européens et américains déjà équipés d’un OnePlus, l’inquiétude porte désormais sur le suivi logiciel à long terme. Une transition forcée vers ColorOS, moins appréciée que OxygenOS pour son interface jugée plus lourde et intrusive, pourrait décevoir une base de fans historiquement fidèle. Ce genre de bascule technologique imposée rappelle d’ailleurs d’autres transitions subies récemment dans la tech, comme certaines décisions surprenantes prises par de grandes marques sans réelle concertation avec leurs clients.
Petit à petit, pays par pays, brique logicielle par brique logicielle, l’autonomie de OnePlus s’efface au profit d’Oppo. Le faisceau d’indices est aujourd’hui trop dense pour être ignoré.
OnePlus n’est plus que l’ombre de lui-même en Occident, absorbée méthodiquement par sa maison mère. Reste une question : les fans historiques suivront-ils la marque jusque dans ColorOS, ou migreront-ils vers un autre constructeur par fidélité à l’esprit OxygenOS ?