Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. High-Tech

Cet appareil que tout le monde jette contient 450 milligrammes d’or 22 carats

Publié par Elodie le 11 Juil 2026 à 18:30
Carte mère avec connecteurs dorés et pépites d'or extraites

Chaque année, près de 50 millions de tonnes de déchets électroniques finissent à la poubelle sans que personne n’y prête vraiment attention. Ordinateurs, téléphones, cartes mères usagées : ces objets du quotidien renferment pourtant une richesse insoupçonnée. Une équipe suisse vient de le prouver avec un chiffre qui a de quoi surprendre.

Un trésor caché dans nos poubelles électroniques

Chercheur tenant une fiole de pépites d'or en laboratoire

Les composants électroniques que nous jetons sans réfléchir concentrent parfois jusqu’à 400 grammes d’or par tonne. Ce chiffre dépasse largement celui des meilleurs gisements miniers actuels, où l’extraction plafonne entre 1 et 5 grammes par tonne. Les cartes mères, connecteurs et circuits imprimés abritent une part importante de cet or 22 carats prisé pour sa conductivité et sa résistance à la corrosion.

Le problème, c’est que la majorité de ces appareils échappe encore aux filières industrielles spécialisées. Une bonne partie du traitement reste informel, réalisé avec des procédés chimiques dangereux comme le cyanure ou le mercure. Les conséquences sanitaires et environnementales pour les populations concernées sont considérables, ce qui rend urgente une alternative plus propre.

Le lactosérum, sous-produit du fromage, devient un outil d’extraction

C’est là qu’intervient la découverte de l’ETH Zurich. Des chercheurs suisses ont mis au point une méthode fondée sur des protéines issues du lactosérum, ce liquide habituellement délaissé après la fabrication du fromage. Transformées en structures microscopiques appelées fibrilles, ces protéines se comportent comme des filtres capables de capter sélectivement les ions métalliques dissous dans une solution.

Le procédé démarre par la dissolution des composants électroniques. Les fibrilles isolent ensuite les particules d’or, avant qu’une phase de chauffage ne transforme le tout en pépites solides d’une pureté remarquable. Le résultat parle de lui-même : 450 milligrammes d’or récupérés à partir de seulement 20 cartes mères traitées.

Ce rendement confirme la viabilité économique de la technique. Contrairement à l’extraction minière classique, coûteuse et peu rentable, ou au traitement chimique conventionnel, efficace mais très polluant, cette méthode protéique limite l’impact écologique tout en maîtrisant les coûts. Elle s’appuie sur une matière première déjà abondante et considérée comme un déchet agricole.

Vers une nouvelle filière, moins polluante que les mines

Ce qui change vraiment la donne, c’est l’organisation d’une chaîne de traitement précise : collecte des appareils usagés, démontage des pièces stratégiques, traitement biologique sélectif, purification, puis transformation en pépites ou en lingots. Au-delà de l’or, l’argent, le cuivre, le palladium et le nickel peuvent bénéficier de procédés similaires, élargissant encore le potentiel économique de cette approche.

Cette organisation modifie peu à peu les équilibres d’approvisionnement traditionnels. Les déchets électroniques deviennent progressivement un gisement à part entière, capable de réduire la dépendance envers les exploitations minières classiques dont les réserves accessibles se raréfient d’année en année.

Cette transformation de simples rebuts en or tangible rappelle une réalité que connaissent bien les investisseurs avertis : ce métal conserve une valeur reconnue, indépendante des soubresauts des systèmes financiers. Les lingots et pièces d’or restent une réponse recherchée par ceux qui souhaitent sécuriser une partie de leur épargne hors du circuit bancaire traditionnel, à l’image de ces innovations qui rappellent la rareté de cette ressource si convoitée.

Un smartphone oublié dans un tiroir, une vieille carte mère au fond d’un carton : voilà ce qui pourrait demain alimenter une filière d’or propre et rentable. La prochaine fois que vous videz un tiroir, regarderez-vous vos vieux appareils électroniques du même œil ?

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *