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Un spécialiste de la survie et son épouse choisissent une île de 8 hectares à 135 000 $ plutôt qu’un appartement londonien : après quatre ans de chantier, leur maison est autonome

Publié par Elsa Fanjul le 13 Oct 2026 à 11:00
Bear Grylls a snobé un appartement à 288 000 $ à Londres pour une île de 8 hectares autonome

Londres, 2001. Un jeune couple cherche un toit, et les prix de l’immobilier font capoter le projet. Alors Bear Grylls et sa femme Shara regardent ailleurs, très loin des agences classiques. Ils tombent sur une annonce qui coûte moins cher qu’un appartement : une île entière, avec phare et rats en prime. Ce qu’ils en ont fait, et comment, se cache dans la suite.

Un appartement à 288 000 dollars ou une île avec un phare : le pari fou du couple Grylls

Bear et Shara Grylls se marient en 2000. L’année suivante, ils veulent s’installer à Londres. Le rêve se heurte vite à la réalité des prix : un appartement urbain classique s’affiche alors à 288 000 dollars.

Concentrer tout son budget sur un petit espace en ville, c’est la voie logique. Eux préfèrent fouiller les annonces atypiques. Et l’une d’elles change leur trajectoire.

Au large des côtes galloises, une île privée de 20 acres, soit environ 8 hectares, est à vendre. Elle est proposée avec une péniche amarrée sur la Tamise. Le couple achète les bâtiments de l’île pour 135 000 dollars et la péniche pour 145 000 dollars. Le total, 280 000 dollars, reste donc sous le prix de l’appartement visé.

Le décor ne manque pas de caractère. L’île se trouve à 1,2 kilomètre de la péninsule de Llŷn, peuplée de phoques gris, de dauphins et d’oiseaux marins. Elle abrite un phare vieux de 200 ans et deux anciennes maisons de gardien.

Reste à savoir dans quel état sont ces bâtiments. Autant le dire : ce n’est pas la carte postale. On en trouve un équivalent, version désert, avec cette famille de 6 qui a bâti sa maison avec de la terre, mais ici, c’est le vent et la mer qui commandent.

Ni toit, ni électricité, ni eau courante : quatre ans de chantier face aux tempêtes

Les bâtiments tombent en ruines. Ils n’ont ni électricité, ni eau courante, ni toit. La pluie s’infiltre partout, et les rats ont pris possession des lieux.

Le premier bain du spécialiste de la survie en dit long. Il le prend dans trois centimètres d’eau stagnante, pompée dans d’anciens réservoirs nettoyés pour l’occasion. Le luxe version Grylls.

Le couple s’entoure d’amis pour rénover. Les travaux durent quatre ans. Les deux anciennes structures fusionnent pour former une seule résidence familiale de quatre chambres.

La météo impose ses règles. Les murs en calcaire font près de 60 centimètres d’épaisseur, ce qui garde la bâtisse fraîche l’été et chaude l’hiver. La maison se dresse à 45 mètres au-dessus de la mer, mais les tempêtes projettent régulièrement les embruns jusqu’aux vitres.

Reste le plus gros casse-tête : vivre sans rien brancher nulle part. Comme cet utilisateur qui alimente sa maison avec plus de 650 batteries d’ordinateurs récupérées, les Grylls ont dû inventer leurs propres solutions. Et selon le Times of India, elles sont plus ambitieuses qu’on l’imagine.

D’abord, l’eau. Sur une île de roche, impossible de compter sur un robinet public. Les propriétaires ont creusé un puits de 350 pieds, soit plus de 100 mètres de profondeur, directement dans la roche de l’île.

Ensuite, le courant. Des éoliennes et des panneaux solaires fournissent l’électricité, tandis qu’un système de récupération traite l’eau de pluie. C’est ainsi que la maison fonctionne, aujourd’hui, en totale autonomie. Mais un détail logistique, long à obtenir, a failli tout bloquer.

Quad avec remorque de provisions sur une cale de halage

Trois ans d’attente pour une cale de halage et un quad pour les courses

Ceux qui se lancent dans l’eau de pluie découvrent vite que tout n’est pas permis. Sur l’île, la question se pose autrement : il faut surtout pouvoir accoster.

L’accès se fait exclusivement par bateau. Le couple a dû patienter trois ans, jusqu’en 2018, pour décrocher l’autorisation de construire une cale de halage. Trois ans de démarches pour pouvoir sortir un bateau de l’eau.

Le ravitaillement se prépare comme une expédition. Un quad équipé d’une remorque transporte les provisions depuis l’embarcadère jusqu’à la maison. Pas question d’oublier le lait au moment de partir.

Voilà le vrai prix de l’autonomie : de l’organisation, de la patience, et une dose de sens pratique. L’île n’est pas un décor, c’est un système où chaque ressource se produit sur place.

Et le contraste est saisissant. Un puits creusé dans la roche, du vent pour le courant, la pluie pour l’eau : c’est exactement le contraire d’un appartement londonien branché à tous les réseaux. La maison que le couple a obtenue pour moins cher que 288 000 dollars tourne, quatre ans de travaux plus tard, sans dépendre de personne. Reste à voir ce que la famille en fait aujourd’hui.

Aujourd’hui, l’île reste leur repaire, mais le couple n’a pas tout lâché

Rassurez-vous, la famille n’a pas coupé tous les ponts avec le confort moderne. Elle a revendu sa péniche londonienne. Elle a investi dans un luxueux appartement au sein de la Battersea Power Station, à Londres.

Elle possède aussi un chalet dans les montagnes suisses, à deux heures de Genève. L’île galloise, elle, reste un repaire privé, utilisé presque exclusivement par le couple et ses trois enfants.

Le calcul de départ reste frappant : l’achat de 2001 coûtait moins cher que l’appartement initialement visé. Ceux qui réfléchissent aujourd’hui à leur budget immobilier peuvent au moins en tirer une idée, par exemple en regardant comment une experte fait économiser 72 000 euros sur un crédit.

Attention toutefois : cette histoire, racontée notamment par le Times of India, ne garantit pas que ce type d’aventure soit à la portée de tous. Les travaux ont duré quatre ans, et l’accès par bateau reste une contrainte quotidienne.

Reste que l’anecdote parle à tous ceux qui jonglent avec des prix de logement. Pour négocier plus malin, il existe même un test de 5 secondes qui peut faire baisser le prix d’un logement.

Les Grylls, eux, ont préféré les phoques et le vent aux agences immobilières. Une décision qui, vingt-cinq ans après, semble avoir porté ses fruits.

Un appartement à 288 000 dollars, ou un phare, un puits et une île entière : ils ont choisi le phare, et la maison tient toujours debout face aux tempêtes.

Si vous aimez les histoires où la nature s’invite chez soi, ce petit coléoptère qui brille dans votre jardin l’été cache un secret sur votre terrain. Et pour comprendre qui gagne vraiment avec les murs, McDonald’s gagne plus avec l’immobilier qu’avec les burgers, chiffres à l’appui.

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