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« Notre facture est passée de 250 à 2 100 euros » : cette famille vit à quatre dans un conteneur de 48 m²

Publié par Elsa Fanjul le 05 Sep 2026 à 13:00
« Notre facture est passée de 250 à 2 100 euros » : cette famille vit à quatre dans un conteneur de 48 m²

Vendre sa maison, en acheter une autre à rénover, mais refuser catégoriquement de payer un loyer entre les deux. C’est le pari qu’ont fait Glenda et Joris, un couple belge installé à Zemst. Depuis un an et demi, ils vivent avec leurs deux enfants dans un conteneur maritime transformé en logement, baptisé « Bluey ». Un choix radical qui leur réussit plutôt bien, à un détail près : leur facture d’électricité a été multipliée par presque neuf.

Vendre, acheter, rénover : l’équation impossible qui a tout déclenché

Tout part d’un problème très concret. Glenda et Joris vendent leur ancienne maison pour en acheter une autre, mais celle-ci nécessite une rénovation complète. Impossible pour eux d’assumer deux emprunts en parallèle, et l’idée de louer un logement pendant toute la durée du chantier ne les tente pas davantage.

Face à ce dilemme, beaucoup auraient cherché une solution classique. Le couple, lui, a préféré l’inventivité pure et simple, un peu à la manière de ces particuliers qui misent sur des habitats alternatifs à budget maîtrisé plutôt que sur l’immobilier traditionnel.

Ils achètent donc un conteneur maritime et se lancent dans sa transformation, seuls, petit à petit. « Nous voulions quelque chose de pratique, pour ne pas gaspiller d’argent en loyer. Nous l’avons rénové petit à petit et nous nous le sommes approprié », explique Joris à nos confrères d’AS.

Coût total de l’opération : moins de 10 000 euros. Une somme dérisoire comparée à un loyer étalé sur plusieurs mois, surtout dans un contexte où les charges du logement pèsent de plus en plus lourd sur les budgets familiaux. Leur entourage, lui, n’a pas caché son scepticisme. « Ils nous ont dit qu’on était fous, mais on vit un rêve », raconte Glenda, sans le moindre regret apparent.

48 m² pour quatre : la vie s’organise, mais un poste de dépense explose

Dans ce conteneur de 48 m², tout a dû être pensé au centimètre près. Une cuisine, une salle de bains, un salon, et une unique chambre où parents et enfants dorment ensemble. Féline, 8 ans, et Jannes, 4 ans, participent même aux travaux, transformant la contrainte en aventure familiale.

Ce qui pèse le plus, ce n’est finalement pas l’exiguïté des lieux. Un grand jardin extérieur, équipé d’un trampoline et d’une cabane, offre aux enfants un espace de jeu que beaucoup d’appartements citadins ne peuvent pas offrir. Glenda avoue tout de même une forme de culpabilité : « Parfois, on culpabilise car on travaille presque tout le temps, mais pour eux, c’est une aventure ».

Le vrai coup dur se trouve ailleurs, dans un domaine que la famille n’avait pas anticipé : l’énergie. Un conteneur métallique réagit de façon extrême aux températures extérieures, bien plus qu’une maison classique isolée. En hiver, des radiateurs électriques tournent en continu. En été, ce sont des climatiseurs portables qui prennent le relais pour rendre l’intérieur vivable, un peu comme lors des épisodes de canicule qui font grimper les factures dans tous les foyers mal isolés.

« Notre facture est passée de 250 à 2 100 euros » : cette famille vit à quatre dans un conteneur de 48 m²

Une facture qui a été multipliée par presque neuf

C’est ici que le chiffre devient vertigineux. Avant leur installation dans Bluey, la facture énergétique annuelle du foyer tournait autour de 250 euros. Depuis qu’ils vivent dans le conteneur, elle dépasse désormais les 2 100 euros par an. Une hausse spectaculaire que Glenda et Joris présentent eux-mêmes comme le principal inconvénient de leur choix de vie.

Le paradoxe est frappant : ce logement pensé pour économiser de l’argent est devenu, sur le plan énergétique, bien plus coûteux qu’une habitation classique. Un phénomène qui rappelle à quel point l’isolation thermique reste un poste sous-estimé dans n’importe quel projet d’habitat temporaire ou définitif.

Malgré cette dépense imprévue, le couple ne regrette rien. Vivre dans Bluey coûte toujours moins cher que de payer un loyer parallèlement à un crédit immobilier, et surtout, cette situation a une échéance claire. Si le chantier de leur future maison se poursuit sans accroc, la famille prévoit d’y emménager en mai 2027.

« Ce n’est pas l’idéal, mais c’est temporaire. Et ce que nous construisons ensemble en vaut la peine », résume le couple, dans une formule qui résume à elle seule leur philosophie de ces derniers mois.

Entre un loyer qu’ils n’ont jamais payé et une facture d’électricité qui les a pris de court, Glenda et Joris ont fait leurs comptes : le pari reste gagnant. Reste une question qui traverse forcément l’esprit de quiconque envisage ce genre de solution temporaire : combien d’autres familles seraient prêtes à sacrifier leur confort thermique pour éviter un loyer ?

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