Électricité au 1er août : combien d’euros en plus sur votre facture selon votre profil
Dans exactement 41 jours, le tarif réglementé de l’électricité va encore bouger. Et pas dans le bon sens. Le 1er août 2026, une nouvelle hausse entre en vigueur — et cette fois, on vous dit exactement combien ça va vous coûter chaque mois, en euros sonnants et trébuchants.
Parce que les pourcentages, c’est bien joli. Mais ce qu’on veut savoir, c’est ce que ça change sur le prélèvement qui tombe tous les mois. Décryptage concret, profil par profil.
Ce qui augmente vraiment à partir du 1er août
Le tarif réglementé de vente (TRV) — celui auquel sont soumis les abonnés EDF en offre « Tarif Bleu » — devrait augmenter d’environ 5 % au 1er août 2026. C’est la Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui fixe ce curseur, en fonction des coûts d’approvisionnement et d’acheminement.

Concrètement, le prix du kilowattheure (kWh) en option base passerait d’environ 0,2516 € à 0,2642 € TTC. Soit un peu plus d’un centime de plus par kWh consommé. Ça paraît dérisoire, sauf qu’un foyer français consomme en moyenne 4 700 kWh par an.
Cette hausse touche aussi les abonnés en option heures creuses. Le tarif heures pleines grimpe dans les mêmes proportions, et le tarif heures creuses suit mécaniquement. Personne n’y échappe, sauf ceux qui ont souscrit une offre de marché à prix fixe.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les Français encaissent une hausse en plein été. En août 2025, un changement similaire avait déjà fait grincer des dents. Mais cette année, l’addition commence à peser lourd — et le détail par profil le prouve.
La note concrète selon votre logement
Pour un studio occupé par une personne seule (environ 2 000 kWh/an), la hausse de 5 % représente un surcoût d’environ 2 € par mois. Soit 24 € de plus sur l’année. Pas de quoi changer de vie, mais ça s’ajoute à tout le reste.

Pour un appartement de 60 m² chauffé à l’électricité (environ 6 500 kWh/an), la facture annuelle passe d’environ 1 636 € à 1 718 €. C’est 82 € de plus par an, soit presque 7 € supplémentaires chaque mois.
Et pour une maison de 100 m² tout électrique — chauffage, eau chaude, cuisson — la consommation tourne autour de 12 000 kWh/an. La hausse atteint alors 150 € par an, soit 12,50 € de plus par mois. Sur un budget déjà serré, c’est un coup qu’on sent passer.
Rappelons que depuis 2021, le tarif réglementé a bondi de plus de 40 % cumulés. Un foyer moyen payait environ 1 100 € par an il y a cinq ans. Aujourd’hui, on frôle les 1 700 €. L’écart donne le vertige, un peu comme l’évolution du prix du métro sur un siècle. Sauf qu’ici, tout s’est joué en quelques années.
Reste une question que beaucoup se posent : peut-on réellement limiter la casse sans vivre dans le noir ?
Les gestes qui font vraiment baisser l’addition
Premier réflexe : traquer la consommation fantôme. Les appareils en veille représentent en moyenne 10 % de la facture d’un foyer, soit 150 à 200 € par an. Débrancher la box internet la nuit, couper la télé à la multiprise, éteindre le micro-ondes : ces petits gestes pèsent plus qu’on ne croit.
Votre compteur Linky est un allié sous-exploité. Il permet de suivre sa consommation en temps réel via l’appli EDF ou des services tiers. Identifier les pics, repérer l’appareil qui dérape — certains équipements consomment autant éteints qu’allumés.
Deuxième levier : décaler ses usages. Faire tourner le lave-linge, le lave-vaisselle et le sèche-linge pendant les heures creuses permet d’économiser jusqu’à 20 % sur ces postes. EDF recommande même des créneaux précis pour maximiser les économies.
En été, la climatisation est le poste piège. Un climatiseur mobile de 2 500 W utilisé six heures par jour coûte environ 4 € par jour au nouveau tarif. Avec les vagues de chaleur prévues cet été, la tentation sera forte. Mais il existe une alternative bien moins gourmande en énergie.
Climatisation, ventilateur, isolation : le vrai calcul
Un ventilateur de plafond consomme 50 W en moyenne. Soit 50 fois moins qu’un climatiseur mobile. Sur un mois d’été à raison de huit heures par jour, le ventilateur coûte environ 3 € — contre 120 € pour la clim. Le choix est vite fait quand on connaît les chiffres.

Autre astuce redoutablement efficace : un film isolant sur les fenêtres bloque jusqu’à 80 % de la chaleur solaire. Coût : moins de 10 € la fenêtre. Rentabilité immédiate dès la première semaine de canicule.
Pour ceux qui ont un système de pompe à chaleur réversible, le rafraîchissement consomme deux à trois fois moins qu’une climatisation classique. En revanche, attention au réflexe de baisser la température trop fort : chaque degré en dessous de 26 °C augmente la consommation de 7 %.
Au-delà de la chaleur, le chauffe-eau électrique reste l’un des postes les plus lourds toute l’année. Le passer en mode « auto » via Linky pour qu’il ne chauffe qu’en heures creuses, c’est 15 % d’économie sur ce poste à lui seul. Mais tous ces gestes ont leurs limites — et certains foyers ont intérêt à regarder ailleurs.
Changer de fournisseur : bonne ou fausse bonne idée ?
Depuis l’ouverture du marché, des dizaines de fournisseurs alternatifs proposent des offres à prix fixe, parfois 10 à 15 % en dessous du TRV. Avec la hausse d’août, l’écart pourrait devenir significatif : jusqu’à 180 € d’économie par an pour un foyer consommant 8 000 kWh.
Attention toutefois : certaines offres « ultra-compétitives » sont indexées sur les prix de marché de gros. En cas de nouvelle crise énergétique, la facture peut exploser du jour au lendemain. Le comparateur officiel du médiateur de l’énergie (energie-info.fr) reste la référence pour trier le bon grain de l’ivraie.
Autre option méconnue : EDF teste actuellement un tarif variable sur 6 600 foyers. Le principe : payer moins cher quand la production est abondante (soleil, vent), plus cher aux heures de pointe. Pour les foyers capables d’adapter leurs usages, les gains peuvent atteindre 20 %.
Et pour les ménages les plus modestes, le chèque énergie 2026 — versé automatiquement à 3,8 millions de foyers — permet d’absorber une partie du choc. Son montant varie de 48 à 277 € selon les revenus. Si vous ne l’avez pas reçu, vérifiez votre éligibilité : 700 000 foyers supplémentaires y ont eu droit depuis mai.
Ce qu’il faut retenir avant le 1er août
La hausse de 5 % au 1er août 2026 va coûter entre 24 € et 150 € de plus par an selon votre profil de consommation. C’est le sixième ajustement à la hausse en cinq ans, et le cumul devient difficile à absorber pour des millions de Français.
Les leviers existent : heures creuses, traque des veilles, ventilateur plutôt que clim, comparateur de fournisseurs, gestes simples au quotidien. Aucun ne supprime la hausse, mais combinés, ils peuvent la neutraliser — voire inverser la tendance.
Reste à savoir si le gouvernement interviendra comme il l’avait fait en annulant une hausse précédente à la dernière minute. Pour l’instant, rien n’indique un tel revirement. Mieux vaut donc anticiper dès maintenant plutôt qu’espérer un miracle en juillet.