Linky révèle les trois appareils qui vous coûtent le plus cher… même éteints
Vous pensez que votre facture d’électricité grimpe à cause du chauffage ou du four ? Pas uniquement. Depuis que les compteurs Linky permettent de suivre la consommation en temps réel, des milliers de Français découvrent une réalité assez amère : certains appareils qu’ils croient « éteints » continuent de siphonner des watts, jour et nuit, sans aucune pitié pour le portefeuille. Selon l’ADEME, la consommation des appareils en veille représente en moyenne 11 % de la facture d’électricité d’un foyer. Soit environ 100 à 150 euros par an qui partent en fumée. Et trois coupables reviennent systématiquement en tête des relevés.
Pourquoi votre compteur voit ce que vous ne voyez pas
Avant Linky, on vivait à l’aveugle. La facture tombait tous les deux mois, on râlait, et on passait à autre chose. Désormais, grâce à l’espace client Enedis et à la courbe de charge accessible en quelques clics, chaque foyer peut observer sa courbe de consommation heure par heure. Et c’est là que les surprises commencent.

Le principe est simple. Vous dormez, personne n’utilise rien, et pourtant la courbe ne descend pas à zéro. Ce « plateau » nocturne, c’est la signature de vos appareils en veille. Sur les forums de consommateurs, c’est devenu un sujet récurrent : des utilisateurs partagent leurs captures d’écran et comparent leurs « fantômes électriques ». Certains découvrent que leur consommation de base, la nuit, oscille entre 100 et 300 watts en permanence.
En appuyant sur un bouton du compteur, on peut même identifier en direct quel appareil pèse le plus lourd. Le test est brutal de simplicité : vous débranchez un appareil, vous regardez si la courbe chute. Et c’est souvent là que le premier suspect tombe.
Le champion toutes catégories tourne 24h/24 dans votre salon
Si vous deviez parier sur l’appareil le plus gourmand en veille de votre maison, vous diriez probablement la télé ou le micro-ondes. Raté. Le grand gagnant, celui qui revient dans la quasi-totalité des relevés Linky publiés sur les forums, c’est la box internet. Et de loin.
Selon l’ADEME, une box internet (modem + boîtier TV) consomme entre 150 et 300 kWh par an. Pour donner un ordre d’idée, c’est autant qu’un réfrigérateur de classe A. Sauf que votre frigo, lui, conserve vos aliments. La box, elle, continue de tourner à plein régime à 3 heures du matin alors que tout le monde dort.
Le problème, c’est que la box n’a pas vraiment de mode veille. Quand vous appuyez sur le bouton « off » de la télécommande, seul l’écran du décodeur s’éteint. Le routeur Wi-Fi, lui, reste actif. Les mises à jour se téléchargent. Le signal continue d’émettre. D’après les mesures compilées par l’ADEME, débrancher sa box la nuit permettrait d’économiser entre 25 et 35 euros par an. Pas spectaculaire ? Multipliez par dix ans.
Ce chiffre paraît modeste pris isolément. Mais ce qui rend la box si redoutable, c’est qu’elle est présente dans 85 % des foyers français et qu’elle ne s’arrête littéralement jamais. Et elle n’est pas le seul appareil à profiter de vos nuits.
Celui que personne ne soupçonne dans la buanderie
Le deuxième poste de consommation fantôme identifié par les relevés Linky surprend beaucoup de monde. Ce n’est pas le lave-linge — lui, au moins, on le lance et on l’arrête. C’est le sèche-linge.

Un sèche-linge en veille consomme entre 30 et 60 watts selon les modèles, d’après les données de l’ADEME. « Mais je ne l’utilise que deux fois par semaine », protestent la plupart des utilisateurs sur les forums. Justement. Le problème n’est pas quand vous l’utilisez, c’est tout le temps où vous ne l’utilisez pas mais où il reste branché.
Sur un an, un sèche-linge laissé en veille peut consommer entre 26 et 50 kWh supplémentaires — soit une dizaine d’euros jetés par la fenêtre. Mais surtout, cumulé avec les autres appareils, il contribue à ce fameux « plateau » nocturne que votre Linky enregistre fidèlement. Certains appareils électroménagers embarquent des écrans digitaux, des horloges internes et des modules de connexion Wi-Fi qui ne s’éteignent jamais vraiment.
Le geste le plus efficace est aussi le plus simple : brancher le sèche-linge sur une multiprise avec interrupteur et couper l’alimentation après chaque cycle. Deux secondes, zéro effort, et quelques dizaines d’euros récupérés chaque année. Mais le troisième appareil de cette liste, lui, pose un problème bien plus épineux.
Le piège invisible qui vise surtout les familles
Le troisième coupable identifié grâce aux courbes Linky, c’est la console de jeux vidéo. PlayStation, Xbox, Nintendo Switch sur son dock — peu importe la marque. En mode veille, ces machines sont de véritables gouffres énergétiques silencieux.
Selon une étude du Natural Resources Defense Council (NRDC), une console de jeux en mode « repos » ou « veille connectée » peut consommer entre 10 et 25 watts en continu. Sur un an, cela représente entre 90 et 200 kWh pour un foyer qui laisse sa console branchée en permanence. En euros, on parle de 20 à 45 euros par an — rien que pour un appareil qui ne sert en moyenne que quelques heures par jour.
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Le piège, c’est le mode « repos instantané » que proposent la plupart des consoles modernes. Il permet de reprendre sa partie en quelques secondes au lieu d’attendre un redémarrage complet. Confortable ? Absolument. Mais ce confort a un prix : la console reste partiellement allumée, télécharge des mises à jour, maintient la connexion réseau et garde ses composants sous tension.
Dans les familles avec deux consoles — une dans le salon, une dans la chambre de l’ado — la facture fantôme peut facilement dépasser 70 euros par an. Et ça, votre compteur Linky le voit très bien, même si personne ne s’en rend compte au quotidien.
Le vrai coût de la veille : le chiffre qui fait réfléchir
Pris séparément, chaque appareil en veille semble presque négligeable. 30 euros ici, 15 euros là. On hausse les épaules. Mais l’ADEME a fait le calcul global, et le résultat pique un peu.

Un foyer français moyen possède entre 15 et 50 appareils en veille simultanément. Oui, cinquante. Comptez : box internet, décodeur TV, télévision, console, sèche-linge, lave-linge, lave-vaisselle, micro-ondes, cafetière programmable, four, hotte, ordinateur fixe, écran, imprimante, chargeurs divers, enceintes connectées, assistants vocaux… La liste est vertigineuse.
Au total, selon les derniers chiffres de l’ADEME, la consommation en veille d’un foyer représente entre 300 et 500 kWh par an. Au tarif réglementé en vigueur, cela correspond à 80 à 130 euros partis en fumée chaque année. Pour un geste — débrancher ou utiliser des multiprises à interrupteur — qui ne demande strictement aucun investissement.
À l’échelle nationale, l’ADEME estime que les veilles inutiles des foyers français représentent l’équivalent de la production annuelle d’un réacteur nucléaire. Le chiffre a de quoi donner le vertige. Et il explique pourquoi les experts considèrent le suivi Linky comme un outil concret d’économie — à condition de s’en servir.
Quatre gestes concrets pour couper la fuite
Première action : équipez vos postes multimédia (TV, console, box) de multiprises à interrupteur. Un seul clic le soir, tout s’éteint. Coût : entre 5 et 15 euros la multiprise. Rentabilisée en un mois. Pour la box internet, programmez un horaire de coupure nocturne si votre fournisseur le permet, ou utilisez un programmateur mécanique à 8 euros.
Deuxième geste : passez vos consoles en mode « extinction complète » au lieu du mode repos. Oui, le redémarrage prendra 30 secondes de plus. Mais à 40 euros d’économie annuelle, le calcul se fait vite. Et programmez les mises à jour à un créneau précis plutôt que de laisser la machine connectée en permanence.
Troisième réflexe : utilisez la courbe de charge Linky sur votre espace Enedis pour identifier votre propre « plateau nocturne ». Si votre consommation de base la nuit dépasse 100 watts, il y a des fuites à colmater. D’autant que certaines anomalies sur le compteur peuvent aussi révéler un problème bien plus grave qu’une simple veille.
Quatrième conseil : lors de votre prochain achat d’électroménager, vérifiez la consommation en veille sur l’étiquette énergie. Depuis 2021, le règlement européen impose l’affichage de cette donnée. Un bon réflexe sur l’électroménager au moment de l’achat peut vous faire économiser des centaines d’euros sur la durée de vie de l’appareil.
Et si le problème venait aussi de votre abonnement ?
Réduire la consommation en veille, c’est un premier levier. Mais il en existe un autre que beaucoup de Français ignorent : l’option tarifaire du compteur Linky. En choisissant un contrat adapté — heures creuses, Tempo, ou EJP — on peut faire baisser le coût unitaire du kWh pendant les périodes où les appareils en veille consomment le plus, c’est-à-dire la nuit.
L’ironie, c’est que le compteur Linky est souvent perçu comme un outil de surveillance. Alors qu’en réalité, c’est le seul appareil de la maison qui peut vous montrer exactement où part votre argent. Encore faut-il prendre cinq minutes pour consulter sa courbe. Cinq minutes qui, au tarif actuel de l’électricité, pourraient bien être les plus rentables de votre année.
Car au fond, le vrai problème n’est pas le compteur. C’est cette habitude très française de ne jamais éteindre complètement ses appareils. Nos grands-parents débranchaient tout. On a arrêté. Et ça nous coûte, collectivement, l’équivalent d’une centrale nucléaire. Rien que ça.