Des touristes garent leurs voitures dans son champ, un fermier les arrose de lisier (vidéo)
Un fermier anglais en a eu assez. Après des années à voir des touristes envahir ses terres, il a sorti l’artillerie lourde — enfin, la citerne. Résultat : une dizaine de voitures recouvertes de lisier, des propriétaires sous le choc, et une vidéo qui fait le tour d’Internet. Bienvenue dans le Lake District, où la guerre du parking a pris un tournant… odorant.
Des panneaux ignorés, des clôtures forcées
La scène se déroule près de Rydal Water, un lac pittoresque situé entre les villages d’Ambleside et Grasmere, dans le comté de Cumbria. Un coin de carte postale, prisé des randonneurs et des familles, surtout lors des week-ends fériés. Problème : le stationnement y est un cauchemar depuis des années.

Sur la vidéo devenue virale, on distingue d’abord deux panneaux bien visibles à l’entrée du champ. Le premier demande poliment aux visiteurs de ne pas se garer là. Le second prévient de la présence de moutons. Deux avertissements clairs, que les conducteurs ont manifestement choisis d’ignorer.
Pire encore : selon une source citée par le Daily Mail, les automobilistes auraient déplacé des rochers placés exprès pour bloquer l’accès au terrain. Autrement dit, ils ne se sont pas garés là par erreur. Ils ont littéralement forcé le passage pour transformer un pâturage en parking sauvage. Et ce n’est pas un cas isolé — en France aussi, des propriétaires excédés doivent faire face à ce genre de situations.
Le fermier qui ne voulait pas être un héros
L’homme derrière la citerne s’appelle Hogg Hodgson. Fermier locataire dans le Cumbria, il exploite des terres qui bordent directement Rydal Water. Un emplacement magnifique, mais qui lui vaut des ennuis constants avec les touristes.

Clôtures arrachées, portails laissés ouverts — avec le risque que ses moutons s’échappent ou soient attaqués par des chiens —, déchets abandonnés un peu partout dans ses champs. M. Hodgson raconte au Mail Online qu’il est « exaspéré par la façon dont les visiteurs traitent le Lake District ».
Quand il a découvert, ce dimanche de mai (jour férié au Royaume-Uni), que des voitures avaient à nouveau envahi son terrain malgré les barrières physiques, il a décidé que les panneaux ne suffisaient plus. Il a attelé sa citerne à lisier et a copieusement aspergé chaque véhicule garé sur sa parcelle.
« Je ne suis pas un héros », a-t-il déclaré sobrement. Mais sur les réseaux sociaux, beaucoup ne sont pas du même avis.
Internet applaudit, la police enquête
La vidéo, tournée par un témoin, montre la caméra balayer les véhicules dégoulinants de purin avant de se tourner vers les propriétaires, visiblement abasourdis devant l’état de leurs voitures. Le contraste entre leur stupeur et le calme bucolique du paysage a fait le bonheur des internautes.
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Sur les réseaux sociaux, la sympathie est massivement du côté du fermier. Un internaute parle d’une « bonne dose de karma » pour s’être garé dans un espace interdit. Un autre réclame qu’on « donne une médaille à ce fermier ». Les commentaires de soutien se comptent par milliers. En France, des agriculteurs ont utilisé la même méthode contre des installations illégales, avec un accueil public tout aussi enthousiaste.
Mais du côté de la police du Cumbria, le ton est plus mesuré. Dans un communiqué, les autorités indiquent avoir été informées le 25 mai à 22 heures de « véhicules aspergés de ce qui semble être du lisier de vache près de Rydal ». Les équipes de police de proximité mènent des « investigations complémentaires pour déterminer les circonstances exactes ».
En clair : même si les voitures étaient garées illégalement, asperger des biens d’autrui avec du lisier pourrait poser un problème juridique. Les deux camps — fermier et automobilistes — pourraient théoriquement être en tort.
Un problème bien plus large que ce champ
Ce qui rend cette histoire virale, c’est qu’elle cristallise un conflit qui dure depuis des années dans le Lake District. Ce parc national, le plus visité d’Angleterre, attire environ 20 millions de visiteurs par an. Et les infrastructures de stationnement n’ont jamais suivi.
Les jours fériés, comme ce week-end de mai, la situation devient explosive. Les parkings officiels sont pleins dès le matin. Les routes étroites se transforment en files de voitures garées sur les bas-côtés, dans les fossés, sur les chemins agricoles. Et, donc, dans les champs.
La police du Cumbria avait d’ailleurs préventivement rappelé aux visiteurs de laisser leur véhicule « dans un endroit approprié, conforme au code de la route ». Un conseil manifestement resté lettre morte pour les automobilistes de Rydal Water.
Le geste de Hogg Hodgson, aussi spectaculaire soit-il, pose une vraie question : quand les panneaux, les rochers et les appels au civisme ne fonctionnent plus, que reste-t-il aux agriculteurs pour protéger leurs terres ? La réponse, visiblement, tient dans une citerne de 3 000 litres.