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À 9 et 10 ans elles bouclent le GR20 : les coulisses de deux ans de préparation

Publié par Elsa Fanjul le 15 Sep 2026 à 7:31

Le GR20 fait peur à des randonneurs aguerris. Alors quand deux fillettes de 9 et 10 ans le bouclent en un temps record, la question fuse forcément : comment leurs parents ont-ils pu préparer un défi pareil sans mettre leurs filles en danger ?

Derrière l’exploit qui a fait le tour des réseaux, il y a deux ans de préparation méthodique, un encadrement millimétré et des choix de matériel pensés au gramme près. On a creusé les coulisses de cette aventure familiale.

Deux sœurs randonnent souriantes sur le sentier du GR20

Le déclic : une famille qui marche depuis toujours

Emma et Olga, les deux sœurs lyonnaises au cœur de ce record sur le GR20, n’ont pas découvert la montagne la veille du départ. Leurs parents randonnent depuis des années, et les filles ont grandi avec des chaussures de marche aux pieds dès l’âge de 3 ans.

La différence avec une famille lambda ? La régularité. Pas des sorties ponctuelles les jours de beau temps, mais un rythme hebdomadaire installé sur la durée, avec une progression pensée comme un vrai plan d’entraînement sportif.

Deux ans avant le grand départ, les parents ont commencé à augmenter le dénivelé et la distance des randonnées du week-end. Objectif : habituer le corps des enfants à l’effort long, sans jamais forcer au-delà de ce qu’elles pouvaient encaisser.

Le matériel qui change tout à cet âge

Un sac à dos mal ajusté ou des chaussures trop rigides, et l’aventure tourne au calvaire dès la première étape. Pour des enfants, cette question du matériel devient encore plus critique que pour un adulte.

Les parents ont opté pour des sacs allégés au maximum, avec un poids réparti pour ne jamais dépasser un pourcentage raisonnable du poids corporel des filles. Le reste du chargement ? Réparti sur les épaules des adultes.

Les chaussures ont été testées pendant des mois avant le départ, pas achetées la semaine précédente. Chaque ampoule évitée en amont, c’est une étape de moins compromise sur le terrain.

Un père ajuste le sac à dos de sa fille en randonnée

Le rythme quotidien, loin de l’image du marathon

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les journées n’ont rien d’un enchaînement effréné. Les départs se font tôt le matin, pour profiter de la fraîcheur et éviter les heures les plus chaudes sur les crêtes corses.

Les pauses sont fréquentes et non négociables. Toutes les heures environ, on s’arrête pour boire, grignoter et souffler, bien avant que la fatigue ne s’installe.

Le rythme de marche reste volontairement modéré, calé sur les capacités des enfants et non l’inverse. Un point essentiel que rappellent les professionnels de la montagne : sur ce terrain technique, la prudence prime toujours sur la performance.

Ce que disent les pros de la montagne sur les enfants en rando

Les moniteurs et guides de haute montagne sont unanimes sur un point : le GR20 reste un itinéraire exigeant, réputé comme l’un des plus difficiles d’Europe, avec des passages rocheux et des dénivelés qui ne pardonnent pas l’improvisation.

Ce n’est clairement pas un terrain de jeu accessible à toutes les familles sans préparation. Les accidents en montagne rappellent régulièrement combien l’altitude et la fatigue peuvent devenir dangereuses, même pour des adultes expérimentés, comme l’ont montré des drames récents sur d’autres GR.

Les spécialistes insistent : chaque enfant a un seuil de fatigue différent, et l’écoute du corps prime sur l’objectif fixé à l’avance. Un enfant qui traîne les pieds ou se plaint doit être un signal d’alerte, pas un contretemps à ignorer.

Famille en pause repas pendant une randonnée en montagne

Ce qui reste réaliste pour une famille normale

Bonne nouvelle : personne n’a besoin de viser l’intégrale du GR20 pour faire vivre la montagne à ses enfants. Certaines étapes du sud, plus douces, restent accessibles aux familles sans expérience extrême.

Les tronçons autour de Bavella ou Conca, par exemple, offrent des paysages spectaculaires avec un dénivelé beaucoup plus raisonnable que les portions du nord, réputées bien plus techniques.

Pour se faire la main sans partir en Corse, d’autres itinéraires en métropole permettent une initiation progressive. Les massifs autour de Grenoble ou les sentiers accessibles depuis Lyon proposent des boucles familiales avec point d’eau, idéales pour tester l’appétence des enfants pour la rando avant de viser plus haut.

Les professionnels recommandent aussi de commencer par des randonnées à la journée, avec un objectif clair : une source, un lac, un sommet accessible. Rien de tel qu’un but concret pour motiver un enfant sur plusieurs kilomètres.

L’encadrement, la clé invisible du succès

Ce qui frappe dans cette aventure, c’est l’absence totale d’improvisation. Les parents avaient étudié chaque étape en amont, repéré les points de ravitaillement et prévu des solutions de repli en cas de fatigue excessive ou de météo dégradée.

Cette anticipation change tout. Elle permet de réagir vite si un imprévu survient, plutôt que de découvrir les difficultés sur le terrain, au moment où il est déjà trop tard pour ajuster.

Le message des professionnels reste le même : la montagne ne pardonne pas l’à-peu-près, mais elle récompense largement ceux qui prennent le temps de bien préparer leur sortie, même en famille et même avec de jeunes enfants.

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