Hello Kitty n’est pas un chat : l’experte du musée a été « très fermement » corrigée
Elle a une tête de chat, des moustaches de chat et le mot « Kitty » dans son prénom. Pourtant, Hello Kitty n’est pas un chat, et son entreprise l’a rappelé avec une fermeté étonnante.
Le jour où l’info a fait le tour du monde, des milliers de fans ont cru à une blague. Spoiler : ce n’en était pas une. Enfin, pas tout à fait.
Une experte reprise de volée avant l’ouverture d’une expo
Reviens en 2014. Christine Yano, anthropologue à l’université d’Hawaï, prépare une grande rétrospective sur Hello Kitty au Musée national japonais-américain de Los Angeles. Elle rédige les textes de l’exposition et y décrit logiquement l’héroïne comme un chat.
Mauvaise idée. Sanrio, la firme japonaise propriétaire du personnage, lui renvoie le texte corrigé. Selon ses propres mots, elle a été reprise « très fermement ».

Sa conclusion a fait l’effet d’une bombe : Hello Kitty est une petite fille, une amie, mais pas un chat. L’argument de l’anthropologue est assez imparable : le personnage n’est jamais représenté à quatre pattes. Elle marche et s’assoit comme un être à deux jambes.
Et ce n’est que le début de ce que Sanrio a validé noir sur blanc.
Une écolière londonienne qui pèse trois pommes
Son vrai nom, c’est Kitty White. Elle est britannique, elle a grandi dans la banlieue de Londres, et elle vit avec ses parents et sa sœur jumelle, Mimmy. Dans le canon officiel, c’est une éternelle élève de CM2, version anglo-saxonne.
Côté fiche d’identité, Sanrio ne rigole pas non plus. Hello Kitty pèse « trois pommes » et mesure cinq pommes de haut. Oui, la pomme sert d’unité de mesure.
Elle est Scorpion, elle adore la tarte aux pommes, et elle a un petit ami prénommé Daniel. Elle possède même un chat à elle, Charmmy Kitty, ce qui rend l’affaire encore plus absurde : un chat… qui a un chat.

Pourquoi ce personnage venu du Japon se retrouve-t-il britannique ? Et surtout, d’où vient son visage de félin ? La réponse est plus tendre que prévu, mais elle n’est pas seule à avoir fait réagir.
« Ce n’est pas aussi simple » : le camp Sanrio se contredit
Quelques jours après la révélation, le ton a changé. Un porte-parole de Sanrio a nuancé auprès du site Kotaku : aller jusqu’à dire que Hello Kitty n’est pas un chat serait exagéré. Selon lui, elle serait une « personnification » de chat.
Autrement dit, un chat qui se comporte comme une fillette, un peu comme les animaux des dessins animés. La nuance est subtile, mais elle change tout pour les fans qui venaient de faire leur deuil.
Dix ans plus tard, en juillet 2024, pour les 50 ans du personnage, Jill Koch, responsable chez Sanrio, a remis le couvert dans une émission américaine. Son message est sans ambiguïté : Hello Kitty est une petite fille, point final. Les origines d’un simple « allô » sont moins polémiques que cette histoire.
Alors, qui croire ? Peut-être qu’aucune des deux versions n’est la bonne, et que c’est justement ce flou qui a fait sa fortune.
L’inspiration : un chaton blanc offert par un père
Hello Kitty est née en 1974 chez Sanrio, dessinée par une employée, Yuko Shimizu. Elle apparaît pour la première fois en 1975 sur un petit porte-monnaie pour enfants. Rien de plus modeste pour un début.
D’après ce que Yuko Shimizu a déclaré à la BBC, elle se serait inspirée d’un chaton blanc que son père lui avait offert pour son anniversaire. Ce détail explique la ressemblance, mais pas le mystère qui entoure le visage du personnage.
Car il manque quelque chose sur ce visage : une bouche. Chez Sanrio, ce n’est pas un oubli. Christine Yano estime que le succès du personnage tient en partie à cette « blancheur » de design.
La bouche qui manque vaut 80 milliards de dollars
Sans bouche, pas d’émotion imposée. Chacun projette la sienne : tristesse, joie, ironie. On peut lui coller une guitare dans les mains, la mettre sur scène, ou la laisser telle quelle, et ça marche à chaque fois.
Résultat, Hello Kitty a traversé les langues et les cultures sans jamais avoir besoin de parler. Selon Euronews, les jouets, dessins animés et vêtements de la franchise ont généré plus de 80 milliards de dollars pour Sanrio.
Quatre-vingts milliards pour un personnage qui ne dit rien. Même la Vache qui rit peut aller se rhabiller côté marketing.
Les marques qui durent racontent souvent une histoire plus bizarre qu’on ne croit. Le chiffre 57 sur les bouteilles Heinz en est un autre bon exemple, tout comme le fameux conseil de secouer l’Orangina.
Le détail à ressortir au prochain dîner
Retiens ceci : le personnage le plus « chat » du monde est officiellement une écolière de Londres, signe Scorpion, qui mesure cinq pommes. Et même Sanrio n’est pas tout à fait d’accord avec lui-même sur la question.
Il y a aussi cette influenceuse qui a tout fait pour ressembler à une Barbie, mais ça, c’est une autre histoire. Raconte plutôt celle-ci à un pote, il va tomber de sa chaise.
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