Ils achètent un bateau 50 000 euros pour y vivre et n’ont plus aucun crédit à rembourser à 34 ans
Face à des prix immobiliers hors de portée, Jack et Gabby ont choisi l’eau plutôt que la pierre. Trois ans de travaux plus tard, ils vivent sur une péniche de 16 mètres avec leur fils, sans emprunt ni loyer. Mais le quotidien à bord réserve quelques surprises.

Pour beaucoup de trentenaires, devenir propriétaire ressemble à un horizon qui recule. Au Royaume-Uni, le prix moyen d’un logement dépasse 310 000 euros et un apport de 10 % représente déjà plus de 30 000 euros d’économies. Jack Miles, 34 ans, et sa compagne Gabby ont tranché autrement : ils ont acheté une coque de bateau de 16 mètres pour 45 000 livres, soit environ 50 000 euros, et en ont fait leur maison.
Un premier bateau revendu avec 20 000 euros de plus-value
Le couple, tous deux indépendants dans les médias, n’en est pas à son coup d’essai. En 2019, ils achètent un premier bateau 37 000 livres, payé comptant. Ils le revendent en 2023 autour de 58 000 livres, soit près de 24 000 euros de plus-value. De quoi financer intégralement la coque suivante, qu’ils ont ensuite rénovée pendant trois ans.
Résultat : aucun crédit immobilier, aucune mensualité. « La perspective de contracter un emprunt et d’avoir une facture à payer quoi qu’il arrive, chaque mois, nous terrifiait complètement », a confié Jack au média britannique i News. Un poids que connaissent bien les ménages modestes, comme ce tourneur-fraiseur de Thiers dont le crédit avale un tiers du salaire.
Moins de 350 euros par mois pour se loger
Vivre sur l’eau ne coûte pas rien, mais la note reste légère comparée à un loyer moyen de 1 600 euros outre-Manche. Le couple débourse un peu moins de 115 euros par mois pour la licence de navigation et environ 230 euros pour l’amarrage. Les panneaux solaires couvrent l’essentiel de l’énergie et limitent la consommation de gaz. Pour les soirées d’hiver les plus rudes, un générateur et des sacs de charbon à une vingtaine d’euros prennent le relais.
À cela s’ajoute l’entretien de la coque, à refaire tous les deux ou trois ans pour quelques milliers d’euros, ainsi que l’assurance. Rien d’insurmontable, mais ce n’est pas la gratuité que certains imaginent. Le raisonnement rappelle celui d’Alain, 69 ans, qui vit en camping-car depuis 19 ans et explique vivre bien avec 1 000 euros de retraite : supprimer le loyer change tout.
Un enfant, un chien et un amarrage fixe
Sur leur premier bateau, Jack et Gabby devaient changer d’emplacement toutes les deux semaines. Avec l’arrivée de leur fils Joe, aujourd’hui âgé de deux ans, et de leur chienne Tilly, ils ont opté pour un amarrage de loisir dans un village de l’Oxfordshire, pour gagner en stabilité. Ils racontent leur quotidien sur leur chaîne YouTube, @thistinylife.
Ce besoin d’un point d’ancrage, les retraités partis vivre en van après avoir vendu leur maison le décrivent aussi : courrier, médecin, petits-enfants, ce sont les détails du quotidien qui finissent par peser.
« Il y a des moments où l’on se demande ce qu’on fait là »
Jack ne cache pas les revers de la médaille. Entre les hivers rigoureux, la maintenance permanente et les jours de pluie battante, le couple a parfois des doutes. Mais il décrit aussi des instants où il se sent « incroyablement privilégié » de vivre ainsi, au contact direct de la nature.
Le bateau n’est pas fait pour tout le monde, reconnaît-il. Pour une génération exclue de l’accession classique, c’est pourtant l’une des rares portes encore ouvertes, au même titre que la tiny house, qui se négocie entre 20 000 et 50 000 euros. Et dans un pays où d’autres jeunes acheteurs se tournent vers des prêts sans apport ou des programmes de location-accession, la solution flottante a au moins un mérite : zéro dette.