En Espagne, des milliers de vers noirs envahissent un village et forcent les habitants à fuir leurs maisons
Imagine ouvrir ta porte le matin et découvrir le sol recouvert de vers noirs par milliers. Pas un cauchemar, mais le quotidien d’un petit hameau espagnol depuis plusieurs semaines. Certains habitants ont fini par plier bagage, faute de solution.
Un hameau des Asturies pris au piège par une invasion inédite
Le décor, c’est Folgueras de Cornás, un minuscule village niché dans la commune de Tineo, dans les Asturies, au nord de l’Espagne. Un coin tranquille, du genre où il ne se passe jamais grand-chose. Jusqu’à ce que des milliers de vers noirs surgissent de nulle part et envahissent les maisons, les jardins, les champs.
Ce genre de récit insolite, où la nature reprend soudain ses droits sur le quotidien des habitants, n’est pas si rare qu’on le croit : on l’a déjà vu avec la disparition de millions d’arbres en France chaque année, ou avec des phénomènes climatiques extrêmes qui bouleversent des régions entières, comme lors de la canicule redoutée par Météo France cet été.
Pour les habitants de Folgueras de Cornás, la situation dépasse largement le simple désagrément. Plusieurs familles ont carrément quitté leur domicile, incapables de cohabiter avec cette marée de vers qui grouille jour après jour. Un exode forcé, dans un village où l’agriculture reste la principale source de revenus.
Une solution existe, mais un blocage administratif empêche d’agir
La maire de la commune, Montse Fernández, ne cache pas son inquiétude. Selon elle, l’aide du gouvernement régional est indispensable pour venir à bout du problème. La seule arme efficace contre ces vers reste l’utilisation de pesticides.
Problème : pour épandre ces produits, il faut un permis spécial. Et ce fameux permis, de nombreux habitants du hameau ne l’ont tout simplement pas obtenu. Résultat, ils se retrouvent démunis face à l’invasion, sans le droit légal d’agir eux-mêmes.
Le gouvernement régional des Asturies a réagi publiquement sur les réseaux sociaux. Dans un message accompagné d’images publié via le compte officiel de la Consejería Medio Rural y Política Agraria, les autorités assurent avoir visité les zones touchées et affirment qu’il s’agit d’un fléau habituel, pour lequel des mesures de contrôle existent déjà.
Sauf que sur le terrain, ce discours rassurant passe mal. Les habitants, eux, vivent une réalité bien plus concrète : des maisons infestées, des cultures menacées, et surtout, l’impression d’être livrés à eux-mêmes face à ce qui ressemble de plus en plus à une crise sanitaire locale.

Un député dénonce l’inaction et pointe un risque économique majeur
C’est là que la polémique éclate vraiment. Luis Venta Cueli, député du Groupe parlementaire populaire des Asturies, a violemment critiqué ce qu’il appelle un « manquement total à ses devoirs » de la part du gouvernement asturien, dirigé par Adrián Barbón.
« Si le gouvernement Barbón est même incapable de gérer les nuisibles, à quoi sert-il ? », a-t-il lancé, jugeant inacceptable que l’administration régionale se contente de répondre que l’insecte n’est ni dangereux ni venimeux, sans proposer de véritable plan d’action face aux sollicitations répétées des habitants.
Car au-delà du malaise quotidien, le vrai danger se situe ailleurs. Le député alerte sur les dégâts causés aux cultures, notamment le ray-grass et le maïs, deux ressources économiques essentielles pour ce territoire rural. Une contamination trop étendue des champs pourrait, à terme, plonger le hameau dans une véritable crise économique.
Pour éviter le pire, Luis Venta Cueli réclame la mise en place d’un système de détection précoce, avec des tests capables d’anticiper l’apparition de ces vers. L’objectif : permettre aux agriculteurs d’intervenir avant que la propagation ne devienne incontrôlable. De son côté, le gouvernement régional maintient avoir agi dès les premiers signalements, en fournissant des conseils techniques et en surveillant la situation sur place.
Entre les habitants qui fuient leurs maisons et les autorités qui parlent de fléau maîtrisé, le fossé reste énorme. Une chose est sûre : dans ce petit coin des Asturies, la nature a repris ses droits bien plus vite que l’administration n’a su réagir.