Pac-Man s’appelait Puck-Man : une seule lettre a obligé à changer le nom du jeu
Tu as sûrement déjà joué à Pac-Man, ou au moins reconnu cette boule jaune qui avale des points. Pourtant, ce n’est pas le nom sous lequel le jeu est né. Au Japon, il s’appelait autrement, et la version américaine a changé ce nom pour une raison que les équipes de l’époque trouvaient très sérieuse.
La raison tient à une seule lettre, et à ce que des petits malins auraient pu en faire sur une borne d’arcade.
Un jeu pensé pour ceux qui n’allaient jamais en salle d’arcade
Retour en 1980. Le jeu sort au Japon le 22 mai, signé Namco, et il est dessiné par Tōru Iwatani. Aux États-Unis, il arrive en octobre via Midway.
À l’époque, les salles d’arcade sont dominées par les jeux de tir et les vaisseaux spatiaux. Les clients sont surtout des garçons et des adolescents.

Iwatani raconte qu’il voulait justement toucher un public plus large. Il espérait faire entrer les filles dans les salles, qui jouaient très peu aux jeux vidéo. D’où un labyrinthe, des pastilles à manger et des fantômes à l’allure mignonne plutôt que des explosions.
Il n’était d’ailleurs pas programmeur, mais designer industriel chez Namco. Et son héros jaune a une origine que tout le monde connaît à moitié.
La pizza, la bouche et la version qu’on te raconte à moitié
L’histoire la plus célèbre veut que l’idée soit venue d’une pizza à laquelle il manquait une part. Iwatani y aurait vu un personnage qui dévore tout dans un labyrinthe, avec sa bouche en forme de tranche absente.
C’est la version qu’il a longtemps racontée. Mais en 1986, lors d’une interview, il a nuancé les choses.
Selon lui, le dessin s’inspire aussi du caractère japonais qui signifie « bouche », kuchi, simplifié et arrondi. La pizza n’était donc qu’une moitié de l’histoire.
Quant au nom, il vient de paku-paku, l’onomatopée japonaise qui évoque l’action d’engloutir. Et c’est là que ça se complique, comme pour le vrai sens du nom Nintendo, qui cache lui aussi une histoire de langue.
La lettre qui a failli tourner à la blague de bas étage
Au Japon, le jeu est d’abord écrit « Puck-Man ». Pour les Américains, le problème était simple : sur une borne, il suffit de gratter la boucle du P pour en faire un F.
Midway a donc craint que des vandales transforment le titre en insulte sur les machines. Résultat : Puck-Man est devenu Pac-Man pour la distribution américaine.

Certaines sources évoquent aussi une autre piste, celle d’une rondelle de hockey, puck en anglais, à laquelle le personnage pourrait faire penser. Mais c’est bien le risque de détournement qui a fait changer le nom à l’international.
Ce genre de détail de dernière minute a parfois fait la fortune d’une marque, comme dans ces inventions nées d’une bourde. Mais le meilleur de Pac-Man est ailleurs, dans ses fantômes.
Quatre fantômes, quatre caractères : l’astuce qui rend le jeu addictif
Les fantômes ne foncent pas au hasard. Ils sont inspirés, selon Iwatani, du manga Obake no Q-Tarō et du dessin animé Casper.
Et un autre homme de l’ombre de Namco, Shigeo Funaki, a imaginé leur routine pendant le développement. Chacun a un comportement lié à son nom.
Blinky, le rouge, poursuit Pac-Man comme son ombre. Pinky, le rose, tente de lui tendre une embuscade en anticipant sa route.
Inky, le bleu, est plus imprévisible. Clyde, l’orange, se déplace de façon erratique et se retire souvent. Cette personnalité différente rend le jeu tendu, sans être injuste.
Pour comprendre à quel point une idée peut se jouer sur un détail, regarde le chiffre 57 des bouteilles Heinz. Mais Pac-Man garde encore un bug, et un score parfait.
Le niveau 256, ce mur que personne ne peut franchir
Le jeu ne devait pas avoir de fin, mais il en a une, par accident. La version arcade contient 255 labyrinthes.
Le 256e existe, mais il est cassé : seule la moitié de l’écran s’affiche. En cause, les niveaux sont codés sur un seul octet, qui contient 256 valeurs différentes.
Le score maximum possible est donc de 3 333 360 points. Le premier joueur à l’avoir atteint, en juillet 1999, est un Américain du Massachusetts, qui a parcouru les 256 niveaux sans mourir.
Pour ce qui est de la célébrité, Pac-Man est devenu le jeu d’arcade le plus rentable de l’histoire selon certaines sources. Et son personnage a la plus forte notoriété d’un personnage de jeu vidéo en Amérique du Nord.
Ajoute à ça une chanson à succès, Pac-Man Fever, des séries télé et plus de 30 suites et dérivés. Pas mal pour une pizza incomplète.
À raconter à la prochaine pause
La prochaine fois qu’on parle de jeux vidéo, tu pourras sortir que Pac-Man s’appelait Puck-Man, et que tout ça tient à une lettre qu’on pouvait transformer en gros mot. Ajoute que la pizza n’est que la moitié de l’histoire.
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