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Elle est la seule des 281 familles à refuser de partir à Chongqing : le promoteur creuse 10 mètres autour, et un tribunal ordonne son départ en 2007

Publié par Hannah Maline le 31 Oct 2026 à 12:19

Imaginez rentrer chez vous… et trouver le sol disparu tout autour de votre maison. Plus de rue, plus de voisins, plus de jardin. Juste un trou béant de plusieurs mètres de profondeur, et votre toit tout en haut.

C’est ce qu’a vécu Wu Ping, à Chongqing, en Chine. Une histoire de refus, de chantier, et d’un bras de fer qui a fait le tour du monde.

Un chantier, 281 familles, et une seule qui dit non

Nous sommes en 2004, en plein centre de Chongqing. Un promoteur prépare un grand centre commercial, le Zhengsheng Broadway. Pour que le projet sorte de terre, il faut libérer tout le terrain.

Le promoteur propose donc aux 281 familles installées sur le site deux options : un nouveau logement, ou une indemnité financière. Deux solutions, un seul objectif : qu’elles partent.

Et ça marche. Presque partout. Les familles acceptent, les unes après les autres, et les maisons disparaissent du paysage.

Presque toutes. Car dans cette longue liste, il y a un nom qui ne bouge pas : Wu Ping. Elle est la seule des 281 à refuser. Et pourquoi tenait-elle tant à rester ? La suite du chantier va rendre la question encore plus brûlante.

Une propriétaire déterminée devant sa maison en briques

Le jour où la maison est devenue un « clou géant »

Face à ce refus, le promoteur ne s’arrête pas. Il n’a pas le droit de raser la maison, alors il fait autre chose : il creuse tout autour.

Jour après jour, les pelleteuses enlèvent la terre. Le niveau du sol baisse, encore et encore. Jusqu’à ce que la maison de Wu Ping se retrouve plantée sur un piton de terre, à 10 mètres au-dessus du reste du chantier.

Une maison de deux étages en briques, isolée au milieu d’une immense fosse. Les observateurs ont une image toute trouvée : c’est un clou géant qui dépasse d’une planche. Le terme « nail house », la maison-clou, est né.

L’idée du promoteur est limpide : rendre le quotidien tellement compliqué que la propriétaire finira par craquer. Mais Wu Ping, elle, n’a pas dit son dernier mot.

Maison perchée sur un piton de terre au milieu d'un chantier

Vingt millions de yuans : le prix de son départ

Wu Ping ne reste pas par simple entêtement. Elle a un chiffre en tête. Pour quitter sa maison, elle réclame vingt millions de yuans.

On est très loin de ce que proposait le promoteur à l’origine, comme à toutes les autres familles. L’écart est énorme. Et c’est tout le nœud de l’affaire : d’un côté, un chantier qui ne peut pas avancer normalement, de l’autre, une propriétaire qui estime que son bien vaut bien plus.

Pendant ce temps, l’image de la maison perchée au bord du gouffre circule. Elle devient l’un des cas les plus célèbres de « maison-clou » en Chine. Le bras de fer est public, et il dure.

Mais un chantier à l’arrêt coûte cher. Et le promoteur sait qu’il peut encore jouer une carte, bien plus lourde que les pelleteuses. Un recours officiel.

La justice entre dans la partie

Le promoteur se tourne vers le Bureau de gestion du logement pour obtenir un règlement. L’affaire est ensuite renvoyée devant le tribunal du district de Julongpu.

Et là, le dossier avance vite. Le 17 mars 2007, le verdict tombe : le tribunal ordonne à Wu Ping de quitter les lieux. Elle a trois jours pour partir.

Trois jours, après des années de résistance. Le compte à rebours est lancé, et tout le monde se demande si elle va obéir, négocier ou tenir jusqu’au bout. Il reste pourtant un dernier rebondissement, et il ne tient pas à un coup de marteau de juge.

Une famille quitte sa maison avant la démolition

4 avril 2007 : la fin du clou

Le 4 avril 2007, la maison de Wu Ping, en plein centre de Chongqing, est détruite. Le clou géant disparaît enfin du paysage.

Mais Wu Ping ne repart pas les mains vides. Sa famille reçoit un règlement d’un million de yuans, accompagné d’un nouvel appartement. Bien loin des vingt millions réclamés, mais bien plus que ce qu’avaient reçu les autres ? La source ne le dit pas, et on ne va pas inventer.

Ce que l’on sait, c’est que cette affaire reste l’un des cas de « nail house » les plus célèbres de Chine. Une propriétaire face à 280 voisins partis, un promoteur, un trou de 10 mètres, et un tribunal qui tranche.

D’autres propriétaires ont tenu bon face à des chantiers, parfois avec une issue très différente. Vous pouvez d’ailleurs découvrir ces maisons-clous que les chantiers ont dû contourner, ou l’histoire de cette Américaine qui a refusé un million de dollars pour sa petite maison de Seattle.

Et en Chine, un autre cas a poussé la logique encore plus loin : une maison de 40 m² à Canton est restée debout, avec un pont à quatre voies construit autour.

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