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« J’ai tout arraché » : ce brise-vue japonais au jasmin fait économiser 60% d’eau face aux thuyas grillés

Publié par Elodie le 11 Juil 2026 à 12:30
Treillis japonais couvert de jasmin étoilé en fleurs

Toi aussi, tu regardes ta haie de thuyas d’un air désolé chaque été ? Branches roussies, trous bruns, plus une goutte d’eau qui suffit à la sauver : le tableau est familier dans des milliers de jardins français. Une lectrice a pris une décision radicale, et le résultat intrigue tout son lotissement.

Pourquoi les haies de thuyas rendent l’âme les unes après les autres

Dans les lotissements construits dans les années 80, la scène se répète chaque été un peu plus. La haie de thuyas, plantée pour clôturer vite et pas cher, jaunit, se troue, puis finit carrément par griller pendant les épisodes de canicule.

Le résultat est cruel : une bordure censée protéger des regards se transforme en rideau troué, exposé, et toujours aussi gourmand en eau. Car c’est bien là le paradoxe du thuya : il donne l’impression d’un mur vert robuste, mais il tient très mal la sécheresse.

Selon des experts cités par des médias spécialisés, une haie de thuyas peut consommer jusqu’à 60% d’eau en plus qu’une haie variée composée d’essences plus résistantes. Un chiffre qui pèse lourd quand les restrictions tombent dans de plus en plus de communes.

Autre souci, moins visible mais tout aussi réel : ce mur de conifères abrite très peu d’oiseaux et d’insectes utiles. Certaines municipalités le déconseillent désormais dans leur PLU, voire le limitent purement et simplement. De quoi donner envie de tourner définitivement la page, comme le confirment plusieurs tendances repérées côté décoration extérieure cette année.

Le brise-vue japonais qui change tout : treillis et jasmin étoilé

« J’ai tout arraché, je n’arrose presque plus et tout le monde s’arrête devant chez moi », résume une lectrice, sourire aux lèvres. Sa solution s’inspire directement des jardins japonais, avec une structure légère qui remplace le massif épais et opaque.

Concrètement, il s’agit d’un treillis en bois inspiré des portiques torii : montants verticaux, traverses horizontales, lignes sobres et épurées. Fixé sur des poteaux solidement ancrés, haut d’environ 1,80 à 2 mètres selon la réglementation locale, il dessine aussitôt une séparation aérée qui laisse circuler l’air, contrairement au mur plein des thuyas.

Ce support devient ensuite l’écrin d’un trio de grimpantes bien choisi. En tête, le jasmin étoilé, qui grimpe vite, reste persistant toute l’année et supporte le froid jusqu’à -15°C. Vient ensuite le chèvrefeuille grimpant, généreux en feuillage comme en parfum, et parfois une clématite persistante pour ajouter des touches de couleur, un peu comme les plantations sans eau testées ailleurs en France.

Plantées tous les 50 à 80 centimètres, arrosées régulièrement la première année puis paillées, ces grimpantes finissent par puiser l’humidité en profondeur. Elles cessent alors presque totalement de réclamer le tuyau d’arrosage, contrairement aux thuyas increvables en apparence mais assoiffés en réalité.

Mains plantant du jasmin grimpant près d'un treillis

L’erreur qui ruine tout le projet (et comment bien réussir la transition)

Attention, un piège guette les jardiniers pressés : planter directement dans l’ancien sol à thuyas. Ce sol est tassé, appauvri, saturé par des décennies de racines de conifères. Résultat si on saute cette étape : les grimpantes végètent, poussent mal, et l’écran reste troué pendant des années.

La bonne méthode commence par l’arrachage des vieux thuyas, à réaliser hors période de nidification pour respecter la faune locale. Le sol doit ensuite être ameubli sur une trentaine de centimètres, un geste indispensable pour casser la compaction accumulée.

Vient ensuite l’enrichissement en compost, puis la pose d’un paillage épais qui conserve la fraîcheur et limite la pousse des mauvaises herbes. C’est ce protocole simple, déjà testé dans plusieurs jardins de lotissement, qui garantit une reprise rapide des grimpantes.

Le petit plus qui fait toute la différence : alterner jasmin étoilé et chèvrefeuille tous les deux poteaux. Le rideau végétal devient plus dense, et les floraisons s’étalent du printemps jusqu’à la fin de l’été, un peu comme une bonne gestion des petits détails du quotidien qui changent tout sur la durée.

Le treillis ajouré limite également l’effet de four que provoque un mur plein en été. Une fois bien enracinés, jasmin et chèvrefeuille développent des racines profondes capables de traverser les périodes sèches sans broncher.

Un mur qui suffoque contre un rideau qui respire : le choix semble déjà tranché pour de plus en plus de jardins. Et si ta haie de thuyas fatiguée n’attendait, elle aussi, qu’une bonne excuse pour laisser place au torii et au parfum du jasmin ?

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