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Il brûlait ses feuilles mortes au fond du jardin comme toujours : l’amende grimpe à 750 €, incinérateur compris

Publié par Elodie le 18 Sep 2026 à 12:30
Tas de feuilles mortes fumant près d'un incinérateur métallique

Un petit feu au fond du jardin, l’odeur de fumée qui flotte en fin d’après-midi : ce geste, transmis depuis des générations, fait partie des habitudes d’automne pour beaucoup de propriétaires. Sauf que cette pratique tombe sous le coup d’une interdiction stricte, appliquée sur tout le territoire français. Et la sanction financière qui l’accompagne surprend même ceux qui pensaient avoir trouvé la parade avec un incinérateur de jardin.

Une habitude ancestrale devenue une infraction bien réelle

Beaucoup de jardiniers pensent que le problème vient uniquement du feu à même le sol. Erreur : la loi ne distingue pas entre un simple tas de feuilles enflammé et un incinérateur métallique acheté en jardinerie. Les deux méthodes tombent sous la même interdiction, qu’il s’agisse de résidus de taille de haies, de branches d’élagage ou de feuilles mortes.

Le texte s’appuie sur les articles L541-21-1 et R541-78 du Code de l’environnement, sans distinction entre zone rurale et zone urbaine. Cette rigueur rappelle d’autres domaines où la réglementation resserre l’étau, comme sur certains véhicules bientôt interdits de circulation.

Même les particuliers qui pensent bien faire en investissant dans du matériel dédié, comme on peut le voir avec le récupérateur d’eau de pluie installé avant l’automne, restent exposés s’ils s’imaginent qu’un objet suffit à rendre légale une pratique interdite.

750 € : le montant qui plane sur le petit tas fumant

La sanction correspond à une contravention de quatrième classe, soit une amende de 750 €. Ce chiffre revient identique dans plusieurs préfectures consultées, de l’Orne à la Haute-Loire, preuve d’une application homogène sur tout le territoire.

Fait moins connu : l’amende ne cible pas uniquement la personne qui craque l’allumette. Elle concerne aussi celle qui met à disposition ou vend un incinérateur destiné à éliminer des déchets verts. Le vendeur en jardinerie qui présente son produit comme une solution conforme prend donc, lui aussi, un risque financier.

Même logique pour le voisin qui prête son fût métallique pour dépanner : il s’expose exactement à la même somme. Le contrôle passe souvent par un signalement de voisinage plutôt que par une patrouille dédiée, un peu comme pour certains numéros suspects signalés collectivement ou les fissures de maisons repérées par les habitants du quartier.

Jardinier inquiet tenant un râteau devant un feu de jardin

Les deux seules exceptions qui permettent d’échapper à la règle

Une porte de sortie existe pour certains territoires ruraux dépourvus d’infrastructure de collecte. Des dérogations peuvent exister dans les communes sans déchetterie ni collecte sélective des déchets verts ; il faut alors contacter directement la mairie pour connaître le dispositif local.

La seconde exception relève d’une autorisation préfectorale, réservée à des situations sanitaires précises. Une question parlementaire des Bouches-du-Rhône illustre le mécanisme : des palmiers attaqués par un ver, ou des platanes touchés par le chancre coloré, ne peuvent parfois être traités que par le brûlage sur place.

Mais cette dérogation s’obtient au cas par cas, sur demande motivée auprès de la préfecture, jamais par simple initiative personnelle.

En dehors de ces deux cas, aucune exception ne tient, ni la taille du jardin, ni l’ancienneté de la pratique familiale, un peu comme certaines habitudes du quotidien qui ont fini par disparaître malgré les résistances.

Le compostage, le broyage ou le paillage restent les solutions les plus simples : ils transforment les feuilles en protection naturelle contre le gel et en réserve d’humidité pour les massifs. La déchetterie et la collecte sélective complètent le dispositif pour les gros volumes.

Le fût rouillé posé au fond du terrain depuis dix ans ne rend service ni à la pelouse, ni au porte-monnaie du jardinier. Et vous, que faites-vous de vos feuilles mortes chaque automne ?

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