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« J’ai économisé 500 livres, vas-tu la faire ? » À 12 ans, Elsie obtient sa maison-champignon à deux étages

Publié par Elsa Fanjul le 11 Oct 2026 à 15:10
Maison-champignon en bois au fond d'un jardin

À 12 ans, Elsie pose ses économies devant son père et réclame la maison de ses rêves. Pas n’importe laquelle : une maison en forme de champignon, tout au fond du jardin. Selon Demotivateur, le résultat compterait deux étages, un mur de grimpe pour y accéder et un plancher qui offre une vue plutôt inattendue.

500 livres, un jardin à l’abandon et un ultimatum affectueux

Tout commence par une obsession d’enfant. Pendant plusieurs années, Elsie réclame une cabane en forme de champignon. Son père, Ben Swanborough, paysagiste britannique installé à Chiddingfold, dans le Surrey, repousse l’échéance en espérant que l’idée lui passera.

Mauvais calcul. Un jour, la jeune fille se présente avec 500 livres sterling, soit environ 600 euros, patiemment mises de côté. Sa question, rapportée par le média : « Quand vas-tu construire la maison ? J’ai économisé 500 livres, vas-tu la faire ? »

Difficile de répondre non à ça. Le métier de Ben a sans doute aidé : un paysagiste sait lire un terrain, et il en avait justement un sous la main. Père et fille commencent par dégager un espace laissé à l’abandon, au fond du jardin, juste au-dessus d’un petit cours d’eau.

Construire dans un jardin n’est jamais anodin. Certains l’apprennent même après coup, comme cet abri scellé dans une dalle béton qui a fini par déclencher un courrier inattendu. Ici, c’est la forme du lieu qui va dicter les règles du jeu.

Car un champignon, ce n’est pas une boîte carrée. Il faut un pied étroit, un chapeau plus large, et un terrain qui ne se laisse pas faire. Comment Ben a-t-il fait tenir tout ça ?

Chêne de récupération et tuiles en cèdre : un chantier d’une année

La réponse tient dans le dessin. Pour respecter la volonté de sa fille, Ben conçoit une base étroite qui forme le pied, surmontée d’une structure élargie pour le chapeau. La silhouette du champignon n’est pas un gadget : elle épouse le lieu.

Pour l’ossature, il choisit de robustes poutres en chêne récupérées. Le toit et les murs sont ensuite habillés de tuiles en cèdre. Rien à voir avec une cabane clouée à la hâte, insiste la source.

Le chantier s’étale sur une année entière. Ben y consacre ses week-ends et ses soirées, et Elsie rejoint le chantier dès son retour de l’école. Elle participe à chaque étape, selon ses capacités.

Le père a su s’organiser, mais il n’est pas le seul à avoir tout lâché pour construire. Le chanteur Vianney, lui, a quitté le micro pour bâtir seul une cabane en rondins pendant neuf mois. Preuve que le goût du bois et du chantier ne connaît pas d’âge.

Au fil des semaines, le budget gonfle aussi. Les 500 livres de départ étaient la mise d’Elsie, mais les finitions et le perfectionnisme de Ben ont poussé la valeur matérielle du projet à près de 5 000 livres, sans compter la main-d’œuvre. Un chiffre de plus que celui de la tirelire.

Reste l’essentiel : l’intérieur. Le pied du champignon s’ouvre par une petite porte digne d’un film de Hobbits, avec un bureau rabattable et de nombreux rangements. Mais pas d’escalier pour monter : il faut escalader un petit mur de grimpe intérieur qui mène à une trappe au plafond. Et c’est de l’autre côté de cette trappe que tout se joue.

Plancher en verre au-dessus d'une rivière dans une cabane

Derrière la trappe : un plancher en verre sur la rivière

Alors, que découvre-t-on une fois la trappe franchie ? Un véritable espace de vie, décoré dans un style qui rappelle ces maisons construites avec ingéniosité, mais version industriel vintage, avec du parquet de récupération. On est loin de la cabane de jeu.

Ben a aménagé un coin cuisine et dissimulé une étagère secrète pour les friandises. Un détail pensé pour les enfants, qui fait sourire. Mais les vraies stars sont les ouvertures.

L’étage est doté de vitraux colorés, d’un toit en verre pour observer les étoiles la nuit, et surtout d’une dalle de plancher transparente. Elle permet d’admirer la petite rivière qui s’écoule directement sous la cabane. Le sol devient une fenêtre.

Selon Demotivateur, le résultat dépasse tout ce que la jeune fille aurait pu imaginer. Des aménagements dignes d’une maison haut de gamme, teintés de fantaisie : c’est exactement l’équilibre qui a fait la différence. La maison-champignon n’est pas seulement belle, elle est pleine de petites surprises.

Au final, la promesse était tenue pour la petite fille : deux étages, une porte de Hobbit, un mur de grimpe, un plancher sur l’eau. Mais le meilleur moment du projet n’a peut-être pas eu lieu dans le jardin. Il s’est joué devant des dizaines de milliers de votants.

Grande gagnante du Shed of the Year : ce que la maison-champignon a rapporté

Séduite par sa création, la famille a soumis des photos du projet à l’émission britannique George Clarke’s Amazing Spaces, diffusée sur Channel 4. Celle-ci organise le concours de la « Cabane de l’année », le Shed of the Year. Pari tenté, pari gagné.

La maison-champignon a d’abord remporté le premier prix dans la catégorie « Cabane et maison d’été ». Puis elle s’est imposée face aux vainqueurs des sept autres catégories. Elle a ainsi décroché le titre de grande gagnante de l’édition 2017 du Cuprinol Shed of the Year.

Les chiffres donnent le vertige. Le concours aurait réuni un record de 2 963 candidatures, et le vote du public aurait mobilisé 26 571 participants. Une petite cabane de jardin du Surrey a donc battu des milliers de rivales.

La récompense, elle, est généreuse : une prime de 1 000 livres sterling, 100 livres de produits d’entretien pour le bois, une plaque commémorative et une couronne géante installée sur le toit. La prime rembourse largement la mise initiale d’Elsie, qui était de 500 livres.

Ce genre de belle histoire donne des idées. Certains transforment un fond de jardin en bar pour que le mari ne sorte plus au pub. D’autres misent sur des petits travaux rapides qui font doubler la valeur d’une maison.

Pour Elsie et son père, l’aventure a laissé une trace durable : cette structure en bois est devenue le quartier général de la jeune fille et de son grand frère. Et la famille repart avec un souvenir, une couronne sur le toit et la preuve qu’un projet d’enfant peut être pris très au sérieux.

Une tirelire, un père têtu, un an de chantier : parfois, le plus beau plan d’architecte tient dans une demande de gamine. Et si vous croyez que le jardin n’a plus de secrets, ces deux lettres gravées sur le bois des palettes vont vous faire regarder vos meubles autrement.

Quant à ceux qui rêvent de construire, cet homme qui a payé sa maison sur le terrain de sa mère a découvert vingt ans plus tard un détail qui change tout.

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