Feuilles mortes : 4 usages gratuits au jardin, et celles qu’il ne faut jamais mélanger
Chaque automne, c’est le même scénario. Le rateau, les sacs poubelle, le coffre qui déborde direction la déchetterie. Et pourtant, ce tapis brun et craquant est une petite mine d’or pour votre jardin.
Gratuit, abondant, déjà livré devant votre porte. Reste à savoir quoi en faire, et surtout lesquelles garder à l’écart. Parce que toutes les feuilles ne se valent pas.
Le tri qui évite les mauvaises surprises
Avant de ramasser quoi que ce soit, un réflexe : regardez d’où viennent vos feuilles. Chêne, hêtre, érable, charme, tilleul, fruitiers : elles se décomposent bien et fournissent un humus de qualité.
D’autres sont plus capricieuses. Le noyer libère une substance qui freine la germination des plantes voisines. Le laurier-cerise, le laurier-palme et les feuilles de platane ou de châtaignier sont coriaces et mettent un temps fou à se dégrader.
Ces mauvaises élèves ne sont pas bannies à vie. Il faut juste les broyer, les mélanger en petite quantité ou leur laisser au moins deux ans de repos. Et ce n’est que la première règle du jeu.
Le paillage : la couverture qui nourrit le sol

C’est l’usage le plus simple. Étalez une couche de 5 à 10 centimètres de feuilles au pied des arbustes, des rosiers, des framboisiers ou dans les massifs de vivaces.
Le sol reste couvert, donc protégé du gel et des pluies qui le tassent. Les vers de terre font le reste : ils tirent les feuilles vers le bas et les transforment en matière fertile, sans que vous leviez le petit doigt.
Petit truc : passez la tondeuse sur le tas avant de pailler. Des feuilles hachées menu ne s’envolent pas au premier coup de vent et se décomposent bien plus vite.
Le terreau de feuilles, la patience qui rapporte
Voilà le trésor que les jardiniers s’arrachent. Le terreau de feuilles, c’est cette matière brune, souple, qui sent la forêt après la pluie. Au prix du sachet en jardinerie, la méthode maison fait sourire.
Remplissez des sacs poubelle solides de feuilles humidifiées, idéalement broyées. Fermez sans serrer, percez quelques trous avec une fourchette, puis rangez-les dans un coin à l’ombre.
Comptez un à deux ans selon les essences. Résultat : un terreau idéal pour le semis, le rempotage ou l’amendement des sols lourds. Ceux qui l’ont goûté ne reviennent pas en arrière, et pourtant on n’a pas encore parlé du composteur.
Au compost : le carbone qui rééquilibre tout

Votre composteur croule sous les tontes de gazon et les épluchures ? Il a besoin de matière sèche. Les feuilles mortes sont exactement ça : un apport de carbone qui aère le tas et limite les mauvaises odeurs.
La règle d’or tient en un équilibre. Alternez environ deux tiers de déchets verts humides pour un tiers de feuilles sèches, par fines couches plutôt qu’en gros paquets compacts.
Là encore, évitez d’y jeter des feuilles de noyer ou de laurier en masse. Quelques poignées broyées passent sans problème, mais pas la brouette entière.
Le dernier usage, celui que les petites bêtes adorent
Quatrième astuce, la plus facile : ne rien faire. Laissez un tas de feuilles dans un recoin tranquille, sous une haie ou derrière un muret. Bientôt, il devient un hôtel quatre étoiles pour les auxiliaires du jardin.
Carabes, coccinelles, bourdons, insectes qui hivernent, mais aussi crapauds et salamandres s’y réfugient pour passer le froid. Ces invités mangent ensuite les pucerons et les limaces au printemps, sans produit ni rancune.
Si vous voulez voir comment un autre habitant du jardin se prépare à l’hiver, l’histoire du hérisson dans le jardin en septembre vaut le détour. Un tas de feuilles bien placé lui rendra aussi service.
Le piège des feuilles sur la terrasse

Un dernier détail avant de sortir le rateau. Si les feuilles font des merveilles au jardin, elles sont moins sympathiques sur le bois. Mouillées, elles libèrent des tanins qui tachent et rendent la surface glissante. C’est tout l’enjeu de ce tapis de feuilles mortes sur une terrasse en bois.
Balayez donc régulièrement les zones de passage, et dirigez le butin vers les massifs ou le composteur. Vous gagnez sur les deux tableaux : une terrasse sûre et un jardin mieux nourri.
Et si l’automne vous donne envie de vous mettre au travail, jetez un œil à ce que les experts conseillent de faire au jardin en octobre. Pendant que vous y êtes, un contrôle de dix minutes sur vos rosiers peut aussi sauver la saison prochaine : c’est ce que font les jardiniers gallois avant chaque automne.